Relief du sol. — Les Alpes
françaises couvrent une énorme surface de terrain qui s'étend du lac Léman à la Méditerranée et du Rhône aux plaines du Pô.
Cette région comprend les plus grandes altitudes de toute la France, et même le sommet le plus élevé de l'intérieur de l'Europe (mont Blanc).
Dans les Alpes, les massifs s'étagent, en s'élevant, depuis le Rhône jusqu'à la chaîne frontière, pour s'abaisser ensuite brusquement sur les plaines du Pô.
C'est ce qui donne à ces montagnes un aspect tout différent, suivant que l'on se trouve dans la vallée du Rhône ou dans celle du Pô.
Du côté de la France, en effet, l'œil de l'observateur arrive graduellement des plus petites collines aux sommités glacées, de sorte qu'il est difficile, dans la nature, de se rendre compte de l'altitude des différentes masses des Alpes.
Du côté italien, au contraire, la masse la plus élevée des Alpes émerge en un bloc de la plaine et ne perd rien de son aspect imposant ni de sa hauteur.
Le résultat de cette disposition des Alpes est de constituer un versant italien extrêmement court. Ainsi, le Pô et ses affluents prennent leur source dans la montagne, puis débouchent presque immédiatement en plaine, tandis que les torrents ou rivières du versant français parcourent de longues vallées encaissées, et ne sortent guère des montagnes qu'au moment de finir dans le Rhône.
Au contraire des Pyrénées, qui forment une masse unique, on doit ici se faire une idée de blocs énormes, de massifs juxtaposés, souvent sans aucune liaison entre eux et circonscrits par de profondes vallées qui recueillent les eaux.
Ainsi le mont Blanc forme une masse isolée, entourée de vallées; — la Vanoise, massif considérable, est limitée par la vallée de l'Isère, celle de l'Arc et par un col à l'est ; — la masse énorme de VOisans est située entre la Romanche, le Drac et la Durance; un col la limite au nord-est où elle se relie à la chaîne limite, etc.
Le massif le plus considérable des Alpes françaises est précisément celui de l'Oisans, en raison de son étendue, de ses immenses glaciers et de l'altitude de ses sommets. Il ne contient cependant pas le point le plus élevé, qui appartient au petit massif du mont Blanc (4,810 m.).
59. — Grandes divisions des Alpes. — L'Arc et l'Isère au nord, YUbaye et IaKwrfl/îceau sud, forment deux longs couloirs, deux longues dépressions qui séparent nettement la masse des Alpes en trois parties : Alpes de Savoie, Alpes du Dauphiné, Alpes de Provence. Enfin, le Var sépare les Alpes Maritimes des Alpes de Provence.
60. — Écoulement des eaux. — Bassin du Rhône. — Le Rhône naît en Suisse au pied de la Furka.
Il suit une étroite vallée ( Valais) et traverse le lac de Genène, au sortir duquel il entre en France, avec un volume d'eau déjà plus considérable que celui de la Saône à Lyon.
Ce hic est un véritable régulateur qui retient les eaux d'inondation, lors de la fonte des neiges. Mais l'Arue, qui apporte au Rhône, en aval de Genève, les eaux des glaciers du mont Blanc, détruit en partie ce travail modérateur. Lors des grandes crues, cette petite rivière est plus considérable que le Rhône lui-même.
Le fleuve coulant au sud-ouest vient se heurter contre une chaîne du Jura et s'engage dans un étroit défilé, dans lequel, près de Bellegarde, il disparaît à demi sous des blocs de rochers. C'est ce qu'on appelle la perle du Rhône.
Un autre chaînon du Jura l'oblige à couler vers le sud, après quoi il reprend la direction du nord-ouest et de l'ouest, jusqu'à Lyon.
A partir de cette ville, le Rhône est obligé, par les ramifications du Massif central, de couler droit au sud.
Près d'Arles, le fleuve se sépare en deux branches principales : le grand Rhône, à l'est, de beaucoup le plus considérable, — le petit Rhône, à l'ouest. Entre les deux, se trouve le delta ou grande île malsaine, et inculte en partie, de la Camargue.
La communication avec la mer se fait par le canal d'Arles à Bouc.
Le Rhône, le premier fleuve de France par son volume d'eau, n'a qu'une faible utilité pour le transport des marchandises, à cause de son courant rapide, difficile à remonter.
Il est sujet à de grandes inondations, lors de la fonte des neiges ou des grandes pluies.
Affluents. — L'Ain est la rivière jurassique par excellence; il sort de profondes cavernes, coule dans des gorges et a son cours embarrassé de chutes imposantes.
La Saône est, par sadirection,salongueur et son volume d'eau, le véritable commencement du Rhône. Son cours est lent et favorable à la navigation. A Lyon, elle apporte au Rhône le tiers de son volume. Le Doubs, affluent de la Saône, a un cours plus long que celui de la Saône. Il est peu de rivières au monde qui aient de si brusques tournants et un cours plus tourmenté. C'est d'abord un torrent qui coule dans un des sillons du Jura, puis, au delà de Pontarlier, dans une suite de défilés pittoresques.
Il exécute trois changements de direction, en perçant ou en contournant des chaînons du Jura, et coule enfin au sud-ouest, jusqu'à la Saône, d'abord entre des rochers et des collines, puis au milieu d'une vaste [daine.
Le Doubs est longé par le canal du Rhône au Rhin qui emprunte, en nombre d'endroit <, le lit même de la rivière.
Au-dessous de Lyon, les affluents de droite du Rhône ne sont, pour la plupart, que d'impétueux torrents, sujets à d'énormes crues.
L'Isère prend sa source au col de Vlseran et devient rapidement un torrent considérable, qui récolte toutes les eaux de la Tarantaise et de la Mauriennc. Après avoir reçu de cette dernière vallée le redoutable torrent de Arc, l'Isère est une puissante rivière qui suit la vallée du Graisivaudan. Elle \ coule d'abord entre des digues qui ne lui laissent qu'une largeur de 112 mètres.
ouvrages préservent bien les riverains, niais ils rendent la rivière (''autant plus redoutable, lors des inondations, pour les campagnes du bas Graisivaudan.
F.A FRANCE
Le Drac se jette dans l'Isère, en aval de Grenoble ; c'est un torrent redoutable, grossi de la Romanche plus terrible encore, qui roule des eaux provenant des glaciers de YOisans. L'Isère est navigable sur les 2/3 de son cours, mais la navigation est difficile; aussi le trafic y estil peu considérable.
La Drôme , qui n'a pas l'eau des glaciers pour l'entretenir en été, ressemble, comme régime, aux torrents de la rive gauche ou à ceux de la Provence. Tantôt ce n'est qu'un lit de
pierres et de sable ; tantôt c'est un effroyable torrent qui ronge ses rives.
Les rivières qui arrosent les belles plaines d'Orange à Avignon ne sont pas des torrents de ce genre, parce qu'elles ne coulent pas directement des sommets. Elles sont alimentées par les eaux des pluies qui disparaissent sur les montagnes, dans des abîmes ourtven<s,pourreparaîtreplus loin en sources jaillissantes. La fontaine de Vaucluse qui engendre la Sorgues, affluent de YOuvéze, est la plus belle de ces sources par la grandeur du site et le volume de ses eaux.
La Durance prend sa source près du col du Genèvre. Les quelques torrents qu'elle reçoit du massif de l'Oisans et le Verdon ne suffisent pas pour soutenir son débit, de sorte que la rivière réduite, pendant la sécheresse, à de minces filets d'eau se frayant un passage à travers des champs de cailloux, larges quelquefois de 1 ou 2 kilomètres, devient, au moment des grandes pluies ou de la fonte des neiges, un torrent roulant plus d'eau que tous les fleuves de France réunis.