LE POLE NORD
1 69. — L'Océan glacial Arctique.
— Cet océan occupe la calotte terrestre comprise entre les terres polaires de l'Europe, de l'Asie, de l'Amérique et du Groenland. Il est largement ouvert du côté de l'Atlantique, tandis que le détroit de Bering est sa seule communication avec le Pacifique. La limite de l'Océan glacial est le cercle polaire. Quand le navigateur s'avance vers l'Océan glacial, il rencontre d'abord des glaces flottantes, simples glaçons ou véritables montagnes de glace [icebergs) ; puis il se heurte à la banquise, sorte de muraille de glace dans laquelle s'ouvrent des fissures formant des canaux par où les explorateurs cherchent à s'avancer encore. Mais bientôt la navigation n'est plus possible, la mer ne forme qu'une immense région de champs de glace, rarement unis, le plus souvent couverts de blocs énormes, de montagnes de glace véritables qui rendent les excursions exlraordinairement pénibles. Il faut alors abandonner les embarcations et continuer le voyage en traîneaux attelés de chiens et trop souvent aussi des explorateurs eux-mêmes. Des difficultés de toute nature, un climat affreux, car le simple passage de l'air sur le visage équivaut à la morsure d'un fer rouge, la nuit qui dure des mois entiers (1), etc., obligent bientôt les hommes les mieux trempés à la retraite, quand ils ne restent pas à jamais ensevelis parla tourmente. La latitude la plus élevée qui ait été atteinte est de 83° 20'.
19©. — lies icebergs, la banquise. — Iceberg est le nom consacré pour désigner ces blocs de glace flottants de masse éminemment variable. On en a vu qui mesuraient plusieurs lieues de circon-
(l) Rappelons ici que lu longue durée du jour et de lu nuit polaire est due à l'inclinaison de la terre sur le plan de son orbite. Considérons notre planète à uu certain moment A. Le pôle Nord se trouve constamment exposé aux rayons du soleil pendant la rotation diurne, il n'y a donc pas de nuit pour lui. Au contraire le pôle sud échoppe romplètement à la lumière du soleil. Considérons la terre (> mois après, eu B. Cesl L'inverse qui se produit : nue nui.
y 6moisdejourà partir du 2 '
6 mois de nuit à ^rfiftptir du 22 sept
Soleil
dé C mois commence pour le pôle Nord, taudis que le pôle Sud recevra pendant six mois la lumière du soleil.
Cette durée d'une demi-année est un maximum ; on comprend en effet qu'elle doit être variable suivant les régions qui s.int plus ou moins rapprochées du pôle.
D'ailleurs la différence entre le jour et la nuit polaires n'est pas toujours très scnsib'e. La lumière du soleil arrive fort obli-
Suement et n'est pas vive ; elte vaporise les neiges et produit es brumes épaisses; les nuits au contraire sont souvent très limpides et fréquemment éclairées pai des auioi\ s boréales.
(Questionnaire, page il. — Ca: le et résumé, page 44.)
férence et plus de 100 mètres d'altitude. Si l'on songe que la partie immergée vaut 9 fois la partie visible, on peut se faire une idée de la masse. L'un de ces blocs a été observé échoué dans la mer de Baffin à un endroit donnant 450 mètres de fond.
Les icebergs sont entraînés très loin de leur lieu d'origine, souvent jusqu'à la hauteur des Açores (40°). On en a vu d'énormes venir échouer sur les côtes de Terre-Neuve et d'Islande et rester là des années entières. Leur présence avait pour effet de refroidir le climat jusqu'à empêcher la croissance des céréales.
La banquise est produite par la débâcle des glaces qui s'entrechoquent avec un bruit de tonnerre et s'empilent les unes au-dessus des autres à des hauteurs immenses. Quand ces monceaux se soudent entre eux à la recrudescence du froid, ils forment une muraille coupée de loin en loin : c'est la banquise qui se déplace d'une année à l'autre. 191. — Terres polaires de l' Europe et de l'Asie. — L'Europe et l'Asie n'offrent à la vue, vers le cercle polaire, que des étendues désolées, impropres à toute culture, sans arbres, glacées pendant presque loute l'année, couvertes de marécages ou de tourbières; ce sont les toundras.
Les seules ressources sont la chasse (pour le commerce des fourrures) et la pèche. Cependant des fouilles datant de quelques années ont donné naissance dans ces régions à une industrie nouvelle : la recherche de l'ivoire fossile fourni par les défenses de squelettes d'éléphants trouvés sous les marais, en masses considérables.
On a cherché à passer de Y Atlantique dans le Pacifique (passage nord-est) en suivant les côtes de l'ancien continent. Le problème a été résolu parle suédois Nordenskiold (1878-79), mais on doit dire que cet explorateur fut favorisé par le temps. Depuis cette époque, plusieurs navires se sont perdus en voulant utibser la route découverte. 198. — Terres polaires de , l 'Amérique. — Les terres polaires américaines ont le même aspect que celles de l'ancien continent, mais elles sont bordées de près par une série de grandes et petites îles, dans le dédale desquelles on a cherché une route qui conduirait de Y Atlantique au Pacifique (passage nord-ouest).
Les anglais Mac Glure et Kellet ont fait, en 1850-53, par moitié la circumnavigation du nord de l'Amérique en se rencontrant au milieu de la roule. Ainsi, comme pour le passage nord-est, les diflicullés qu'on ren-
contre en font une route commerciale impraticable.
Les habitants de ces régions (Esquimaux) portent, à chaque pied, une semelle gigantesque appelée raquette, sorte de claie d'osier très longue, qui leur permet de parcourir des distances énormes, sans enfoncer dans la neige. Cela leur permet de faire la chasse des fauves dont la fourrure, est le principal objet de commerce du pays.
193. — lie Groenland. — Vers la lin du ix° siècle, le Groenland (nom qui signifie terre verte) jouissait d'un climat beaucoup plus doux qu'aujourd'hui; il possédait de fertiles vallées, d'où le nom qu'il porto et qui semble si impropre aujourd'hui.
Le Groenland n'est plus aujourd'hui qu'un continent presque entièrement couvert de glaciers d'une teinte verdàtre qui comblent les vallées côtières et glissent jusqu'à la mer; c'est ainsi que d'énormes blocs se détachent et vont former des icebergs.
1941. — 1/ homme des régions polaires. — Les régions du pôle nord sont habitées parune race dérivée du type mongol etqu'on peut dénommer la race polaire. I ,es signes distinctifs sont : petite taille, peau grisâtre, cheveux noirs, pommettes saillait Lis et paupières fendues obliquement.
Comme variété de la race, on distingue : les Lapons au nord de la Russie, les Samoyèdes au nord de la Sibérie, enfin les Esquimaux qui peuplent les côtes et iles américaines et le Groenland. Pour aller à! Amérique au Groenland, ils traversent sur la glace ou en canot le canal de Smith au point où il se rétrécit; il n'a plus alors que 24 kilomètres de largeur.
Esquimau est un sobriquet qui veut dire « mangeur de poisson cru ». C'est en effet le fond de leur nourriture ; ils boivent l'huile et le sang de leurs proies. L'esquimau, et cette description s'applique à toute la race boréale, chasse et pèche; il se construit des huttes de bois qu'il recouvre de neige ou simplement des huttes de glace, en forme de ruches. Il se sert d'embarcations légères, composées d'un os de baleine et de peaux de phoques, avec lesquelles il affronte les plus violentes tempêtes. Sur terre, il se sert de traîneaux attelés de rennes ou de rhiens.