‹ Texte explicatif joint aux numéros du Journal des Monuments de Paris envoyés a l'empereur de Russie dans les années 1809, 1810, 1811, 1814 et 1815Chapitre 1 sur 55 · Texte explicatif joint aux numéros du Journal des Monuments de Paris envoyés a l'empereur de Russie dans les années 1809, 1810, 1811, 1814 et 1815 · texte numérisé non relu

Texte explicatif joint aux numéros du Journal des Monuments de Paris envoyés a l'empereur de Russie dans les années 1809, 1810, 1811, 1814 et 1815

Rentrés en possession du texte de l'ouvrage des Edifices et Monuments de Paris par Fontaine, nous

sommes parvenus à réunir un grand nombre des dessins originaux composant les numéros de la corres-

pondance d'art demandée à Fontaine par l'empereur de Russie; désespérant de retrouver les quelques planches qui nous manquent encore, nous nous résienons à publier cet ouvrage, qui bien qu'incomplet ne sera pas, pensons-nous, sans intérêt pour plusieurs.

Nous tirons des Mémoir

inédits de Fontaine quelques pass

ges ayant trait à cet ouvrage et qui lui

serviront de préface.

« 17 Décembre 1808. — M. le grand écuyer, qui est maintenant ambassadeur en Russie, nous écrit que l'empereur

Alexandre désirant connaître journellement et par le moyen d'une sorte de correspondance périodique les ouvrages d'art

dont l'empereur des Français embellit la capitale de son empire, il nous avait désigné pour ce travail. Il nous invite en con-

séquence à lui faire passer de suite par la voie de M. Fambassadeur de Russie les dessins et les explications de lun des

édifices par lequel nous jugerons convenable de commencer l'entreprise honorable dont il nous a fait charger. Nous ne pouvons nous déterminer à accepter cette commission, tout agréable qu'elle est pour nous, sans l'agrément de l'Empereur. er à M. l'am-

vues de l'empereur Alexandre. »

C'est pourquoi j'ai écrit à M. le grand maréchal pour obtenir la permission de Sa Majesté, et nous faisons p

bassadeur un prospectus du plan que nous nous proposons de suivre pour remplir les

« AA Janvier 1809. — M. le grand maréchal, en réponse à la demande que nous lui avons adressée le 17 décembre dernier,

nous répond qu'il l'a soumise à l'Empereur et que Sa

esté approuve et permet que nous fassions passer à l'empereur de

Russie les dessins de tout ce qui se fait de remarquable à Paris. » « 30 Mars 1809. —

Nous avons terminé le premier numéro de l'ouvrage qui nous a été demandé par l'empereur de Russie ;

il comprend le plan général du Louvre et des Tuileries et quelques détails sur les changements et embellissements faits sous

le règne de l'Empereur dans les intérieurs de ces derniers palais. Nous avons ajouté aux dessins et vues perspectives que

nous avons donnés un énoncé du plan de notre ouvrage et une longue explication historique de la construction de l'édifice

avec différentes observations sur les circonstances ou les causes du plus où moins de perfection des parties qui le composent. Nous avons cru qu'il était convenable, avant de faire partir ce travail, de le mettre sous les yeux de l’empereur Napoléon,

1ement sur les feuilles de

c’est pourquoi je le Ii ai présenté aujourd'hui à l'heure de son déjeuner. Un coup d'œil jeté

chaque dessin, quelques questions générales sur le plan de l'ouvrage et la permission de l'envoyer à l'empereur de Russie, sont tout ce que nous avons pu obtenir. J'avais voulu lui donner lecture des articles explicatifs qui se trouvent joints aux

dessins et qui dans la situation où nous nous trouvons aujourd'hui avaient été un peu composés pour la circonstance (1),

mais ayant remarqué qu'il n'était pas disposé à m’entendre, je me suis arrêté aux premières phrases, et feuilletant ensuite les

pages du livre, j'ai dit un mot de ce qu'il contient.

« M. l'ambassadeur de Russie se charge de faire parvenir notre ouvrage à M. de Caulaincourt, ambassadeur de France en Russie, qui le mettra lui-même sous les yeux de l'empereur Alexandre. »

« 5 Juin 1809. -

ous avons reçu une lettre de M. de Caulaincourt qui nous a marqué de Péte

bourg que l'empereur de Russie a vu avec satisfaction le premier numéro de notre correspondance et qu'il attend avec impatience que nous lui fasà fait part à M. le

voyage à Pruth, des signes de contentement qui nous ont été donnés par M. l'ambassadeur de Russie, et je lui ai envoyé

sions passer de suite la continuation de cet ouvr

ind maréchal, en lui rendant compte de mon

la copie des notes jointes aux trois numéros qui ont été remis jusqu'à ce jour entre les mains de M. le prince Kourakin; je

1) Fontaine venait de présenter à l'Empereur son projet pour la réunion du Louvre et des Tuileries

lui ai demandé la permission de lui envoyer successivement la copie de tout ce que nous écrirons dans notre correspondance.

Cette mesure a pour but d'instruire l'Empereur, s’il est nécessaire, de tout ce que nous avons fait et dit. »

« 23 Décembre 1809. Malgré le mouvement et la grande occupation que nous donne l'habitation et le service d’un

aussi grand nombre de personnages illustres, aux besoins desquels nous sommes obligé de veiller, il nous a été possible

de continuer avec succès notre correspondance avec l’empereur de Russie. Le 9° numéro de notre ouvre ge vient de lui être

adressé, il nous a fait avertir et remercier en même temps de la réception du sixième. »

© 20 Décembre 1810. — Nous avons envoyé à l'empereur de Russie le onzième numéro, qui comprend les dessins du Panthéon et la description des différents travaux qui y ont été faits. » « 16 Avril 1812

mouvement, l'Empereur va partir, pour aller se mettre à la tête de ses armées : voilà notre correspondance avec la Russie en-

ierre avec la Ru

— On parle d’une nouvelle g ie : toute l'Allemagne et une partie de l'Europe sont en tièrement terminée ; déjà depuis plus d’un an, après le retour de M. de Caulaincourt en France, nous avions beaucoup ralenti de zèle, et sans trop savoir pourquoi nous avions mis à l’exécution et à l'envoi de nos deux derniers numéros une lenteur condamnable.. Le douzième numéro, qui traite des marchés et des halles, est commencé depuis plus de six mois; mais, occupé

resté là. »

d’autres chos vons toujours négligé d'y travailler et tout en e

4 avril 1814, l'émpereur Alexandre vint sans t

; pour nous beaucoup plus importantes, nous

« Le ain, à cheval, presque sans suite, visiter le palais des Tuileries

m'ayant, à son entrée dans le palais par le grand vestibule du milieu, aperçu sur le palier de l'escalier en habit d'uniforme avec les épaulettes de chef de bataillon de la garde nationale, il vint à moi, puis me saluant par mon nom : Nous avons fait

la paix, me dit-il, et vous allez sans doute reprendre avec moi la correspondance d'art que la guerre a interrompue. »

« Le 27 mai suivant, nous allâmes, mon ami Percier et moi, lui faire hommage, conformément au désir qu'il avait exprimé,

du douzième numéro de notre trav

L sur les édifices en construction dans Paris. C'était celui qui se trouvait terminé depuis si

ie nous avait empêché de lui envoyer. »

longtemps et que la guerre avec la Rus © 20 Février 1815. — D’après la demande qui nous à été renouvelée par l'empereur de Russie lui-même lors de son séjour à Paris, nous nous sommes occupé de donner suite à la collection de dessins que nous avions commencée il y a environ

cinq ans, et qui est restée interrompue pendant les trois dernières années de guerre avec la Russie. Le douzième numéro

ré

a été terminé dans les premiers jours de janvier ; il a pour objet les marchés. En rendant compte des nouveaux marchés de

Paris, nous avons rappelé ceux des principales villes de l'Italie et donné quelques projets sur ces sortes d’édifices : rien n'a été PI Î I HEMIUEEDrO)]

négligé pour rendre notre nouvel hommage digne de l'accueil dont l'Empereur nous a honoré. Avant d'expédier ce dernier

numéro, nous avons cru devoir prendre l’assentiment du ministre, qui, l'ayant mis sous les yeux du Roi, nous a dit que

Sa Majesté s'était amusée à le feuilleter et avait manifesté le désir d’en posséder une copie. »

« Le tout a été remis à l'adresse de M. de Boutixquin, secrétaire de l'ambassade russe à Paris; mais trois semaines s'étant

passées sans recevoir aucune nouvelle ni aucun accusé de réception et trois lettres différentes ayant été écrites sans réponse à ce même M. de Boutixquin sur ce sujet, nous avons pris le parti d'informer directement M. le comte de Tolstoy de tout ce que nous avons fait ; notre lettre lui a été adressée à Vienne, par l'entremise de M. Gérard, peintre. »

«28 Septembre 1815. — Un treizième numéro, aussi complet que le précédent, sur les fontaines publiques, a été terminé

dans les premiers jours après la reddition de Paris et remis dans les premiers jours de juillet 1815 à M. de Wolkonsky

pour être présenté à l'Empereur pendant son séjour à Paris, mais l'Empereur est parti sans que nous ayons été assuré

que Sa Majesté avait vu notre ouvrage. »

Nous terminons par la lettre suivante que le 25 décembre 1815 Fontaine adressait à l'empereur de

Russie, en lui envoyant les dessins des fêtes du camp de Vertus, qui lui avaient été demandés par l'empereur Alexandre, un matin que celui-ci l'avait surpris faisant une de ces aquarelles sur les lieux mêmes ;

Fontaine avait été chargé par l'empereur de Russie de tous les préparatifs de ces fêtes.

«Nous avons l'honneur de mettre aux pieds de Votre Majesté une carte du camp de Vertus avec quelques dessins et une

on armée, le 9 septembre 1815;

plication de la fête qu’elle a donnée aux souverains alliés, aux généraux et aux chefs de nous offrons ce faible travail comme le tribut de notre sincère et respectueuse admiration; si plus heureux cette fois que pour le douzième et le treizième numéro des Édifices et Monuments de Paris, nous apprenons que Votre Majesté daigne agréer nos efforts, tous nos vœux seront remplis et nous aurons obtenu la seule récompense à laquelle nous avons osé prétendre.

« Nous sommes, avec le plus profond respect, ete. »

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