CHAPITRE IV. — RAGES, REUGIONS, FORMATION DES NATIONS, ETC
sen-e les conclusions que tire l'ethnologie. Peut-être la vérité est-elle entre les deux hypothèses précédentes, c'est-à-dire que l'Europe était déjà peuplée lorsque les Celtes, les Pélasges, les Germains et les Slaves sont venus de TAsie faire irruption sur notre continent; mais alors, il resterait encore à savoir comment et dans quelle proportion s'est effectué le mélange.
Tout ce qu'on sait d'une manière certaine, c'est que les habitants actuels de TEurope, à l'exception des Finnois, des Magyars et des Basques, appartiennent à la même race. Par suite des ressemblances des langues de l'Europe avec celles des peuples de la Perse et de l'Inde, par suite également de la conformité du visage qu'indiquent les observations anatomiques sur les habitants de ces contrées, on a été amené à comprendre tous ces peuples dans une seule race indo-européenne ou aryenne; cette race domine aigourd'hui par sa supériorité intellectuelle le reste du monde.
Les nombreuses migrations déterminées par l'invasion des Huns et la chute de l'Empire romain ébranlèrent les populations; elles ne furent fixées à l'occident qu'à l'époque de Gharlemagne ; à l'orient, qu'après les grandes invasions de Gengis-Khan.
Grmndea divisions ethnographiques. — La race blanche indoeuropéenne ou aryenne, comprend en Europe trois grandes familles à peu près égales numériquement.
i"* La famille latine, comprenant tous les peuples qui ont été soumis à la domination romaine : Grecs, Albanais, Roumains, Italiens, Espagnols, Portugais, Français, une partie des Suisses et des Belges. Ce premier groupe occupe les trois péninsules méditerranéennes, l'ancienne Gaule et la plus grande partie dû dernier bassin du Danube ; il compte 104 millions d'hommes. 2<> La famille germaine qu'on subdivise généralement en quatre fractions : I. Les Teutons f ràpandus dans l'Europe centrale, au nord des Alpes et
dans les Flandres, n. Les Frisons^ qui ont peuplé les Pays-Bas. m. Les Scandinaves^ qui occupent la grande Péninsule du Nord, ainsi que
le Danemark et l'Islande.
IV. Les Anglo-saxons^ dont on fait souvent une famille à part produite par le mélange de l'ancienne population celtique de la Grande-Bretagne et des conquérants Angles et Saxons. Cette famille germaine, en y comprenant les Anglo-Saxons, compte 100 millions d'hommes.
^ La famille slave, occupant tout l'est de l'Europe au delà de l'Oder, la partie nord de la péninsule des Balkans jusqu'à la Drave, et comprenant les Russes, les Polonais, les Tchèques, les Moraves, les Slovaques, les Croates, les Slovènes, les Serbes, les Bulgares. Elle compte 95 millions d'hommes.
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Viennent ensuite un certain nombre de familles secondaires qui n'appartiennent plus à la race aryenne :
1** Les Finnois, qui sont répandus en Laponie, en Finlande, dans le nord de la Russie.
2^ Les Magyars, fixés aigourd'hui en Hongrie, dans le bassin du Danube et de la Theiss; plusieurs savants rattachent les Finnois à cette famille.
8° Les Tartares en Crimée, dans le bassin du Don et au nord du Caucase.
4^ Les Tares, au nombre de 1 million et demi, à Constantinople et en Bulgarie.
5® Les Basques, à Touest de la chaîne des Pyrénées, qui descendent des anciens Ibères et qui ont conservé une physionomie, des mœurs et un langage particuliers.
6® Enfin les Israélites, répandus sur toute la surface de TEurope, au nombre de 3 à 4 millions.
Ces familles secondaires forment un total de 23 millions d'hommes, qui complètent les 322 millions d'habitants de l'Europe.