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CHAPITRE II. — ALLEMAGNE CENTRALE. lOl

L'armée hanovrienne, après s'être organisée à Gôttingen, se mit en marche dans la direction de Gotha et d'Eisenach, cherchant à se réunir aux 7« et 8* corps; mais ses chefs montrèrent trop d'indécision et d'hésitation; au lieu d'agir avec vigueur, ils se laissèrent retarder par des négociations avec la Prusse et bientôt se trouvèrent entourés par les forces ennemies. Le combat deLongensalza sur l'Unstrut (27 juin) sauva l'honneur des armes, mais, deux jours après, l'armée, complètement cernée, dut capituler.

Le général de Falkenstein, débarrassé des Hanovriens, se porta en toute hâte vers Eisenach; de là il menaçait à la fois les 7° et 8° corps fédéraux, qui avaient commencé leur mouvement convergeant vers Hersfeld, les uns par la Wetterau et Alsfeld, les autres par la Saale de Franconie, Bruckenau et Fulda; il pouvait opérer contre eux en lignes intérieures.

Dans le désir de secourir plus rapidement les Hanovriens, les Bavarois se portèrent directement vers Meiningen et les défilés de Thuringer-Wald, pendant que le S^ corps, abandonnant la route de la Wetterau, remontait la Kinzig vers Fulda. Après la capitulation de l'armée hanovrienne, le prince Charles de Bavière en revint à l'idée première de concentrer toutes les forces fédérales à Hersfeld et commença avec ses troupes un mouvement de flanc assez dangereux à travers le Rhôn-Gebirge.

Le général de Falkenstein marcha sur Fulda; mais, craignant de voir les Bavarois menacer son flanc gauche, il envoya dans la vallée de la Felda une de ses divisions, qui arrêta net le mouvement de l'ennemi à Dermbach (4 juillet) ; ses trois autres divisions avaient continué leur marche sur Fulda, et le même jour son avant-garde culbutait à Hûnfeld la cavalerie bavaroise qui s'enfuyait jusqu'à Bruckenau. Le 8* corps se retira sur Francfort et tes Bavarois prirent position sur la Saale de Franconie. Le général de Falkenstein, abandonnant la poursuite du corps combiné, marcha par Bruckenau à la suite des Bavarois et les battit dans plusieurs rencontres auprès de Kissingen (10 juillet), ce qui lui livra tous les passages de la Saale et força le prince Charles à se retirer sur Schweinfurt. Débarrassé des Bavarois, et obéissant du reste à des considérations politiques bien plus que militaires, il se rabattit sur le Main et culbuta les troupes du 8* corps fédévsil èi Aschaffenbourg (14 juillet). A la suite de cette bataille, il entra dans Francfort, qui fut traitée en ville conquise et lourdement imposée en expiation de ses sympathies jautrichiennes et de l'honneur d'avoir été la capitale de l'ancienne confédération. \

Le général de Manteuffel prit alors le commandement de l'armée prussienne; il marcha sur la rive gauche du Main à la suite du 8^ corps fédéral qui, après Aschaffenbourg, avait traversé TOdenwald et avait pris position sur laTauber en se haut au corps bavarois étabU en avant de Wûrzbourg. Il battit le 24 juillet les troupes du 8" corps dans plusieurs rencontres, entre Géographie, — 2« partie. 11

autres à Tauberbischoffsheim, et força le passage de la Tauber. Le jour suivant, il atteignit de nouveau les Bavarois à Helmstadtei les troupes du 8» corps à Gerchsheim, Enfin le 26 juillet, après avoir encore livré au Bavarois le combat de Rosshrunn, il refoula les deux corps fédéraux dans Wûrzhourçy qu*il fit canonner le 27. La nouvelle de l'armistice de Nickolsbourg vint tirer les Bavarois et leurs alliés d'un fort mauvais pas, car un corps de réserve prussien occupait déjà Baireuth et Nuremberg et allait compléter le cercle d'investissement autour des deux corps ennemis.

Dans cette courte campagne, les corps fédéraux, malgré leur supériorité numérique, furent toujours battus ; ils se composaient d'éléments trop divers et ayant des intérêts trop différents, ils étaient mal commandés, n'avaient pas de cohésion et n'obéissaient pas à une impulsion unique. Le Main ne joua aucun rôle comme grande ligne stratégique ; mais, à la fm de la lutte, les fédéraux occupèrent sur ses bords à Wiirzbourg une position tactique très forte.

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