CHAPITRE III. — ALLEMAGNE DU SUD
de Louis XVI; elle a été rendue célèbre par la retraite de Moreau en 1796. Une autre route suit la même direction au sud du Feldberg et conduit de Mulheim à Donaueschingen; des routes s'en détachent vers Bâle, vers Zell, vers les villes forestières et vers Schaffouse; elle est rejointe à la précédente par plusieurs transversales;
2^ La Einzig a ses sources au sud de Freudenstadt, près de celles de la Murg; son principal affluent est la Gulachj qui naît vers Triberg tout près de Tendroit oii émerge le Danube. La voie ferrée du Schwarzwald, la seule qui traverse la chaîne, remonte la Kinzig et la Gutach et conduit d'Offertbourg à Yillingen^ puis de là soit à Donaueschingen^ soit à Rottweil; elle est connue par ses nombreux ouvrages d'art, elle ne franchit pas moins de vingthuit tunnels. Ce chemin de fer suit à peu près l'ancienne roule d'O/fenbourg à Donaueschingen; une route un peu plus au sud réunit Waldkirch sur l'Elz à Donaueschingen; elles sont rejointes par plusieurs transversales. D'autres' routes remontent la vallée de Kinzig au delà du confluent de la Gutach et conduisent sur le Neckar à Roltweil^ à Oberndorf, à Dornhan.
3® La vallée de la Rench débouche à hauteur de Kehl, dont les fortifications furent plusieurs fois rasées et relevées depuis Vauban et qui fait aujourd'hui partie du grand camp retranché de Strasbourg. Elle est remontée par la bonne route du col de Eniebis, qui conduit d'Âppemoier à Freudenstadt; au col on voit encore les ruines d'anciens ouvrages, redoutes des Suédois et des Souabes contruites par Bernard de Saxe-Weimar. Un chemin de fer remonte la Rench jusqu'à Oppenau, les tunnels qu'il faudrait creuser ont empêché jusqu'à présent de le prolonger jusqu'à Freudenstadt, où il se souderait au réseau wurtembourgeois. Trois routes transversales rejoignent la route de Kniebis à la vallée de la Kinzig. Plus au nord, une route conduit d'Achern à Freudenstadt par la source de la Murg.
4° La vallée de la Murg décrit un arc de cercle autour du massif du Hornisgrinde, elle est suivie par la route de Rastadt à Freudenstadt, sur laquelle s'embranchent des routes qui conduisent sur l'Erz, affluent du Neckar.
Donaueschingen, Villingen, Rottweil et Freudenstadt sont les points de convergence de plusieurs routes sur le versant oriental de la Forôt-Noire. Les Allemands avant 1870 songeaient à construire des ouvrages de fortification à Freibourg, à Freudenstadt, à Donaueschingen et à Stockach ; au début de la guerre, ils relevèrent les retranchements de Kniebis et préparèrent la destruction de plusieurs ponts et routes; leurs rapides victoires et les événements qui suivirent, leur enlevèrent toute crainte d'être attaqués de ce côté et les projets de fortification ont été abandonnés.
Pendant les guerres de la Révolution, la Forêt-Noire joua un grand rôle comme obstacle stratégique et eut une influence capitale sur les plans de campagne adoptés.
En 1796, Moreau, maître de la plaine badoise par ses victoires de Renchen
et d*Ettlingen, aborde de front les défilés de la Forêt-Noire, les force et descend sur le Danube et le Neckar en occupant une longue ligne de Constance à Pforzheim. A la fin de la campagne, forcé de battre en retraite et d'abandonner la vallée du Danube, il ne peut gagner Strasbourg par la Kinzig et se retire sur Freibourg par le Val d'Enfer. Voulant gagner Kehl par la rive droite du Rhin, il est battu par l'archiduc Charles à Emmendingen sur TElz, mais il occupe la forte position de Schliengen et y résiste à tous les efforts des Autrichiens, ce qui lui permet de repasser le Rhin à Huningue sans être inquiété.
En 1799, Jourdan passe le Rhin à Bâle et à Kehl et franchit la Forêt-Noire par les quatre routes des Villes forestières, du Val d'Enfer, de la Kinzig et de la Reschen ; il concentre sa gauche à Rottweil et franchit le Danube à Tuttlingen; battu à Ostrach et à Stockach, il repasse le Danube et la Forêt- Noire sans être inquiété.
En 1800, Moreau débouche de Vieux-Brisach, de Bâle et de Stein; son centre et sa gauche se concentrent sur la Wutach et battent Kray à Engen, pendant que la droite sous Lecourbe enlève Stockach. Les batailles de Moeskirch, de Biberach et de Memmingen rejettent les Autrichiens dans Ulm en les coupant du Tyrol.
En 1805, Napoléon tourne le massif de la Forêt-Noire au nord par la trouée de Pforzheim, pendant que Mack, établi à Ulm et à Memmingen, surveille les défilés et les débouchés du sud. Il atteint le Danube à Donauwôrlh et coupe la retraite aux Autrichiens. La capitulation d'Ulm est le résultat de cette belle manœuvre.
Odeniiirald. — L'Odenwald est le prolongement du Schwarzwald, entre le Neckar et le Main; sa partie occidentale, qui domine la plaine du Rhin, est formée de terrains cristallisés, granit, gneiss et syénite; sa partie orientale de grès vosgien. Ses plateaux ont une altitude de 4 à 500 mètres environ au-dessus du niveau de la mer; les plus hauts sommets sont le Katzenbuckel (627"") au-dessus du Neckar, le Hardberg (592°»), le MeUboeus (671°»), grand observatoire de la plaine du Rhin. Le massif est sillonné en tous sens de nombreuses routes, ses vallées sont très peuplées, ses pentes occidentales sont couvertes de vignobles et d'arbres fruitiers ; elles se terminent sur la Bergstrasse, route d'Heidelberg à Darmstadt, qui traverse des campagnes très fertiles. Les grès vosgiens de l'Odenwald se prolongent au nord du Main dans les plateaux du Spessart.
tf ura de Souabe. — Le Jura de Souabe forme le prolongement du Jura suisse au nord de la barre de Schaffouse ; il se soude à la partie méridionale de la Forêt-Noire. On y rencontre les mêmes terrains que dans le