LUSACE ET SILÉSIE
Sllésie. — La Silésie (Schlesien) comprend la haute vallée de l'Oder, vaste dépression qui s'étend entre les Sudètes et les hautes terres boisées de la Pologne. C'est une contrée agricole et industrielle; le sol y est très fertile et bien cultivé. L'industrie du tissage et la fabrication des étoffes font la richesse des villes du nord et de l'ouest. De grandes manufactures se sont créées au pied du Riesen-Gebirge et de l'Eulen-Gebirge. De plus le sol contient de la houille et des minerais divers.
Le bassin houiller de la haute Silésie est situé dans la région de faite d'où les eaux s'écoulent vers la Vistule et vers l'Oder, et qu'on désigne sous le nom de collines de Tarnowitz; à côté du combustible, les matières premières de l'industrie sont fournies par des mines de fer, de zinc et de plomb argentifère. Toutes ces richesses ne sont exploitées que depuis un siècle ; elles ont attiré dans cette contrée une population très dense, mais que la crise industrielle de ces dernières années a rendue très misérable ; les villes se touchent et sont réunies par un réseau très serré de voies ferrées. Kœnigshûtte et Beuthen sont les deux centres les plus peuplés de ce district. Myshwitz est un point de convergence de nombreux chemins de fer et une
grande station douanière sur la frontière commune cle la Prusse, de l'Aiitriche et de la Russie.
Le bassin houiller de la basse Silésie, moins riche que le précédent, se trouve dans TEulen-Gebirge et a pour centres principaux Waldenbourg et Schweidnitz,
Breslau, au centre de la province, est une ville d'industrie, un grand entrepôt de céi*éales et le marché de tous les produits du pays ; c'est la troisième ville de l'empire d'Allemagne par sa population, elle compte plus de 240,000 habitants. Au point de vue militaire elle a une grande importance à cause de sa, situation au point de convergence de plusieurs voies de communication naturelles. D'après le général Pelet, elle serait la clef de la Pologne, c'est-à-dire, la base des opérations que l'Allemagne pourrait entreprendre contre ce pays.
Lusace* — La Lusace (Ober et Nieder-Lausitz) forme le glacis septentrional des montagnes qui s'élèvent à l'est du défilé de Schaudau; elle est arrosée par la Neisse de Gôrlilz et la Sprée qui coulent parallèlement vers le nord. Elle n'a plus d'unité politique, car les traités de 1815 en ont enlevé la plus grande partie au roi de Saxe pour le punir de sa trop longue fidélité à l'empereur Napoléon, et l'ont donnée à la Prusse. Elle est habitée par des populations de race slave, des Wendes, dont la langue s'est maintenue jusqu'à nos jours, mais qui se germanisent assez rapidement.
La haute Lusace où se trouvent Zitiau et Bautzen et dont la partie méridionale appartient encore à la Saxe, est un pays où Tindustrie est assez développée. La basse Lusace est une contrée sablonneuse et assez pauvre; Kottbus a vu dans ces derniers temps son commerce augmenter à cause des nombreuses voies ferrées qui s'y croisent.
ftiesen-Gebipg^e et Sudètea. — La Lusace et la Silésie sont sépa' rées de la Bohême par des massifs montagneux qui appartiennent à des soulèvements différents. Les premiers, les Monts de la Lusace, VIser-Gehmjei le Biesen-Gebirgey sont presque dirigés de l'est à l'ouest et laissent entre eux des brèches profondes, par lesquelles s'écoulèrent jadis les eaux du bassin lacustre de l'Elbe supérieure avant que la brèche de Schaudau ne se soit assez creusée pour donner passage aux eaux du fleuve actuel. Les autres, les Montagnes du Pays de Glatz, les Sudètes et les Gesenke^ ont leurs crêtes plus inclinées que les précédents sur le méridien et ont une direction générale du sud-est au nord-ouest parallèle au cours de l'Oder.
A l'est du défilé de l'Elbe, s'élèvent les montagnes de grès profondément découpées qui font face à celles de la rive gauche, qui appartiennent déjà d la Lusace et qui, par leurs beautés, ont valu à cette contrée le nom de