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CHAPITRE VI. — LE DANEMARK. lOd

décrétée à Francfort, le 7 décembre. Avant la fin de Tannée, le Holstein fut occupé par les troupes fédérales et le duc Frédéric VIII proclamé à Kiel.

La Prusse ne se souciait pas de voir tomber les duchés de TElbe aux mains du prince d'Augustenborg; entraînant à sa suite l'Autriche, elle déclara la guerre au Danemark (21 janvier 1864) et ces deux puissances firent à leur tour pénétrer leurs armées dans le Schleswig-Holstein [i" février). Le parti militaire allemand entendait bien rattacher à la patrie allemande tout ce qui était de race germanique et voulait annexer, non seulement le Holstein, mais aussi le Schleswig; le prince de Bismark dirigeait déjà la poUtique de la Prusse et convoitait pour son pays les ports profonds du Schleswig-Holstein.

Après une glorieuse résistance, le Danemark fut vaincu, et la paix de Vienne (30 octobre 1864) lui enleva le Lauenbourg, le Holstein et le Schleswig ; mais ces duchés devinrent alors une cause d'hostilité entre les vainqueurs. Le peuple allemand et la population des duchés étaient généralement portés pour le prétendant augustenborgeois ; mais la Prusse n'entendait pas lâcher la proie sans rançon. Les prétentions contraires et inconciliables de la Prusse et de l'Autriche firent naître la guerre de 1866, qui se dénoua au bout de deux mois par le triomphe de la Prusse sur tous ses ennemis ; le traité de Prague incorpora purement le Schleswig-Holstein à la monarchie prussienne, mais l'article 5 de ce traité portait que la partie septentrionale du Schleswig serait rétrocédée au Danemark, si la population manifestait, par un libre vote, le désir de lui être réunie. Cette clause est restée lettre morte et, par une convention récente (1879), la Prusse vient d'obtenir de l'Autriche l'autorisation de n'y pas revenir, violant ainsi un traité solennel.

Le Danemark reste donc ainsi amoindri et démembré, et les populations danoises du sud de la Kongeaa souffrent toujours le joug de la Prusse.

Ëteiidue et population. — Le Danemark, dans ses limites actuelles, a une superficie de 58^257 kilomètres carrés et une population de 3 millions d'habitants; il a perdu, en 1864, 17,523 kilomètres carrés et 1,026,000 habitants. Le nombre des habitants a doublé depuis le commencement du siècle; la densité de la population est bien plus grande dans les Iles que dans le Jutland.

Les Danois sont de race Scandinave; ils forment un peuple fort et laborieux, ils sont patriotes d'autant plus qu'ils se sentent menacés dans leur existence ; les hommes sont endurcis à toutes les fatigues par suite de la rigueur du climat. Le soldat et le marin danois ont toujours fait preuve d'un grand courage.

La langue danoise dérive de la langue Scandinave, mais elle forme un idiome distinct depuis le douzième siècle.

110 LIVRE Ic^ — PETITS ÉTATS Dt CENTRE DE L'EUROPE.

Instpuction publique 9 cultes. — L'instruction publique est très développée en Danemark, et il est fort rare de rencontrer quelqu'un ne sachant ni lire ni écrire. Depuis 1814, la fréquentation des écoles primaires est obligatoire de 7 à 14 ans; chaque village a son école. De plus il existe des écoles secondaires urbaines et des écoles secondaires de paysans; enfin le Danemark possède un grand nombre d'écoles spéciales publiques ou privées. Il n'y a qu'une université, celle de Copenhague.

Presque tous les Danois sont luthériens; l'Église luthérienne est l'Église nationale et la seule subventionnée par l'Etat; mais toutes les autres religions sont libres» 1

Org^anisation politique et administrative. — Le Danemark forme une monarchie constitutionnelle. La Diète ou Rigsdag est formée de deux assemblées ou tinq : \^ le Folketing ou assemblée populaire, qui se compose de 102 membres élus pour trois ans au suffrage universel ; tout homme honorable est électeur à 30 ans et éligible à 25 ; 2^ le Landsting ou Chambre haute, qui se compose de 66 membres, dont 12 sont nommés à vie par le roi, 7 sont élus par la ville de Copenhague, 45 par une élection à deux degrés dans des cercles électoraux, 1 par l'île de Bornholm, 1 par la représentation élective des îles Fseroë ; la durée du mandat est de huit ans.

Au point de vue administratif, le pays est divisé en 18 baillages outre celui des îles Fseroë; les villes et les arrondissements sont administrés par des sous-intendants, les communes rurales ont des maires. Les affaires communales des villes et des bourgs sont gérées par un bourgmestre et un conseil élu.

Org^anisation militaire. — En Danemark, les deux lois qui régissent l'organisation militaire et la conscription sont celles du 6 juillet 1867 et du 6 mars 1869.

Le service militaire est obligatoire et personnel ; la loi n'admet ni exemptions, ni dispenses, ni volontaires d'un an, ni autres tempéraments, mais le temps de présence sous les drapeaux est très court.

La durée du service est fixée à 16 ans, dont 8 ans dans la ligne et 8 ans dans le renfort.

Le service dans la ligne se partage en 4 ans de service actif , de 22 à 26 ans, et 4 ans de réserve, de 26 à 30 ans. La première période d'instruction est de 6 mois pour les fantassins, 5 mois pour l'artillerie et le génie, 9 mois 1/2 pour la cavalerie; au delà de ce temps, on ne retient guère dans l'infanterie que les hommes nécessaires pour assurer le service de garnison; ils restent en tout 15 mois sous les drapeaux. La plupart des cavaliers sont retenus pendant 20 mois et les artilleurs pendant 17 mois* Les jeunes gens renvoyés après la première période d'instruction sont rappelés les

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