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CHAPITRE 11. — ALLEMAGNE CENTRALE

dernière rivière un profond sillon appelé Eichsfelder-Thor ; c'est une autre

porte de la région Ihunngienne oîi passe la voie ferrée de Cassel à Nord-

hausen ; b° la Helme, dont la riche vallée d'alluvions est désignée sous le nom de Goldene-Aue. Les sillons qui séparent ces vallées sont : le Hainich au nord de la trouée d'Eisenach, Dcr Duen au sud de rEichsfelder-Thor, le Hainleite et Die Finne des deux côtés de la cluse de l'Unstrut, le Kyfhauser (455™) au sud de la Goldene-Aue.'

La Thuringe est en somme un pays très découpé et se prêtant à la division ; il est encore aujourd'hui partagé à Tinfini en une multitude d'enclaves et d'exclaves et forme un monde à part du reste de l'Allemagne; pourtant l'unité se fait peu à peu sous l'hégémonie prussienne.

Le sous-sol du plateau est triasique; on y trouve du minerai de fer; Suhl au sud de Thuringer-Wald et Sommerda sur l'Unstrut, toutes deux appartenant à la Prusse, renferment d'importantes fabriques de fusils.

Les routes de la Thuringe, du reste nombreuses et aujourd'hui bien entretenues, laissaient fort à désirer au moment de la campagne de 1806 et causèrent de grands embarras à Napoléon; tracées en plusieurs points sur des terres grasses et détrempées par les pluies de l'automne, elles ne tardèrent pas à être défoncées sous le poids des lourds charrois et durent être réparées au moyen de fascines. Gotha^ Erfurt, Weimar, villes célèbres à divers titres, jalonnent la principale route de la Thuringe, celle qui pénètre par la trouée d'Eisenach et traverse le pays de l'ouest à Test pour conduire sur la Saale et sur l'Elbe.

La Thuringe a une grande importance militaire, et les Allemands considèrent les défilés des montagnes qui la bordent à l'ouest comme des Thermopyles couvrant le centre de leur empire. En effet, après de grands revers sur leur frontière occidentale et une campagne malheureuse sur le Rhin, ce plateau pourrait servir de réduit à leurs armées battues.

Dans la campagne de 1806, l'armée prussienne du duc de Brunswick surveillait le débouché d'Eisenach et les routes du Thuringer-Wald ; elle s'apprêtait même à prendre l'offensive par ces dernières, quand elle fut prévenue par l'empereur qui franchit le Franken-Wald, culbuta un corps ennemi à Saalfeld et, descendant la Saale, se porta au délilé de Kôsen sur la ligne de retraite des Prussiens. Les victoires d'Iéna et d'Auerstasdt complétèrent la désorganisation et la ruine des armées ennemies. Ce grand mouvement tournant entrepris par Napoléon n'était pas sans danger, car le Main ne constitue pas une bonne ligne de défense, et notre ligne de retraite n'était couverte que par Mortier à Mayence et Jérôme à Bamberg, ce qui eut été insuffisant en présence d'une offensive décidée de l'ennemi, mais nous possédions une supériorité morale incontestable et le prestige de nos victoires antérieures.

Après une défaite en Thuringe ou sur la Saale, une armée prussienne peut choisir entre trois lignes de retraite : 1<» vers le nord par Magiiebourg,

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