LE TROÈNE ET LE MERLE
542. — Un troène sentant sur ses subtils rameaux, remplis de fruits nouveaux, les coups de
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griffes et de bec d’un merle importun, se désolait, avec piteux reproches, contre ce merle et lui demanda pourquoi il lui prenait ses fruits délicats, et au moins qu’il ne le privât pas de ses feuilles qui le défendaient des rayons trop chauds du soleil et que son ongle aigu n’excoriât pas son écorce. A cela le merle vilainement répondit: « Tais-toi, sauvage rejeton ! Ne saistu pas que la nature te fait produire ces fruits pour me nourrir ? Ne vois-tu pas que seul au monde, je me sers de cet aliment? Tu ne sais, vilain, que tu seras, au prochain hiver, l’aliment du feu. » L’arbre écouta ces paroles patiemment, mais non sans larmes ; peu après le merle fut pris en des rets et on coupa des rameaux pour faire une cage et enfermer le merle; un bout des branches forma les barreaux de cage, qui firent perdre la liberté à l’oiseau et le troène lui dit : « O merle, je ne suis pas encore consumé par le feu, selon ton dire, je te vois d’abord prisonnier, toi qui m’as rongé. » ( C . A. 67, p.)
543. — Le filet qui servait à prendre les poissons fut enlevé et déchiré par leur fureur. (R. 1314.)
544. — Gomme la branche du noyer — qui seule est frappée et battue, quand elle a conduit ses fruits à maturité — si on examine que moyennant la fin de leur fameuse opération elles sont frappées de l’envie par divers modes. (H.98,r.)
545. — L’épine entée sur les bons fruits signifie que l’âme par elle-même n’est pas disposée pour la vertu, mais moyennant l’adjuvance du précepteur, elle se rend très utile. (H. 99, r.)
546. — Le lin est dédié à la mort et à la corruption des mortels ; à la mort par les lacèrements des oiseaux, animaux et poissons ; à la corruption par la toile où s’enveloppent les défunts qu’on ensevelit qui corrompent leur linceul. Et encore ce lin ne se détache que par fétu ; s’il ne commence à macérer et à se corrompre, car il doit couronner et orner les offices funéraires. (G. 68, v.)
547. — Par le mouchoir qui se tient avec la main au cours de l’eau courante où la toile laisse toutes ses saletés, cela signifie.... (G. 68, r.)
547 bis. — L’aigle en son vol méprisa le hibou, mais il englua ses ailes dans la poix et fut pris et tué par l’homme. (C. A. 67, r.)
548. — Le lys se pose sur la rive du Ticino, et le courant traîne ensemble la rive et le lys. (C. A. 76, r.)
549. — Le noyer montrant au-dessus du chemin la richesse de ses fruits aux passants, tout le monde le lapide. (C. A. 76, r.)
550. — Le figuier sans fruits, personne ne le regarde ; il voulut être loué des hommes, avec ces mêmes fruits, il fut plié et rompu. (C. A. 76, r.)
551. — La plante se désole du pieu sec et vieux qui est placé à son côté et des autres vieux
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pieux qui l'environnent, l’un la fait tenir droite et les autres la gardent des mauvaises compagnies. ( C . A. 76, r.)
532. — La couleuvrée mécontente de sa haie commença à passer ses rameaux sur le chemin commun et à s’attacher à la haie opposée : elle fut rompue par les passants. (C. A. 76, r.)
553. — Le cèdre infatué de sa beauté méprisait toutes les plantes d’alentour : et la fatalité l’exauçant, ces plantes disparurent et le cèdre s’éleva solitaire comme il voulait. Mais survint un grand vent, qui n’étant arrêté par aucune végétation déracina le cèdre et le jeta bas. (C. A. 76, r.)
554. — Ce cèdre désira former un bel et grand fruit à son sommet ; il le fit avec toute la force de sa sève ; ce fruit crût beaucoup, et fut cause que la cime si droite et élevée déclina. (C. A. 76, r.)
555. — Le pêcher, enviant la grande quantité de fruits qu’il voit à son voisin le noyer, délibère de faire comme lui et il charge ses branches de telle façon que le poids des fruits le tire, l’arrache et le courbe jusqu’à terre. (C. A. 76, r.)