LA MORT KT LA POLICE
De par le préfet de police
Qui vous sait à l'extrémité,
Moi, monsieur, délégué d'office,
Je viens vous remettre en santé.
A table, et vive la gaieté !
Que vos docteurs d'ici fassent retraite ; Par eux toujours la mort prend ses ébats ; Or, de mourir défense vous est faite. / „ • Obéissez, monsieur, ne mourez pas ! \
Vous mort, il faut qu'on vous enterre.
Que de gens viendront au convoi !
Pleureurs de mauvais caractère,
Prêts à tout mettre en désarroi.
Nous savons comment tombe un roi :
Voudriez- vous que le char de l'Empire Sur votre fosse allât faire un faux pas? Bien que ce mot vous arrache un sourire, Obéissez, monsieur, ne mourez pas.
Tout vous défend la résistance ;
Le prince et ses législateurs
Comptent pour rien ce que la France
Vous dut de chants consolateurs :
Vous n'êtes point de nos flatteurs.
Pour les mouchards une loi fort bénigne, Vous met au ban, vous, avec les forçats ; Flétri du nom de citoyen indigne (1), Obéissez, monsieur, ne mourez pas !
Mais votre nom, avant l'année, Doit de plus en plus s'amoindrir
(1) Allusion à la loi qui le privait de ses droits électoraux comme
[indigne.