‹ Textes choisis et commentésChapitre 23 sur 157 · DEO GRATIAS D'UN EPICURIEN · texte numérisé non relu

DEO GRATIAS D'UN EPICURIEN

Air : l^out le long de la. rivière.

Dans ce siècle d'impiété

L'on rit du Bénédicité!

Faut-il qu'à peine il m'en souvienne!

Mais pour que l'appétit revienne,

Je dis mes Grâces lorsque enfin

Je n'ai plus soif, je n'ai plus faim : Toujours l'espoir suit le plaisir qui passe. Que vous êtes bon, mon Dieu ! je vous rends grâce, 0 mon Dieu ! mon Dieu ! je vous rends grâce.

40 r= ■ ■ BÉRANGEK. — CHAP. lll ==

Mon voisin, faible du cerveau, Ne boit jamais son vin sans eau ; Rien qu'à voir mousser le Champagne, Déjà la migi'aine le gagne, Tandis que pur et coup sur coup Pour ma santé je bois beaucoup.

Vous savez seul comment tout cela passe. Que vous êtes bon, etc.

De soupçons jaloux assiégé, Dorval n'a ni bu ni mangé.

Cet époux sans philosophie Par bonheur de nous se défie, Et tient sa femme aux yeux si doux Sous triple porte à deux verrous ; Par la fenêtre il fait tout pour qu'on passe. Que vous êtes bon, etc..

Mais quel convive, assis là-bas.

N'ose rire et ne chante pas?

Chut ! me dit-on, c'est un vrai sage, Qui dans les cours a fait naufrage.

Quoi ! chez nous cet homme rêveur Des rois regrette la faveur !

Plus sage, moi, je sais comme on s'en passe. Que vous êtes bon, etc.

A table trouvant tout au mieux,

Je crois qu'un ordre exprès des cieux

Tient en haleine la sagesse.

Des fous ménage la faiblesse,

Et fait de leur vie un repas

Dont le dessert ne finit pas.

Oui, c'est ainsi que jeunesse se passe. Que vous êtes bon, mon Dieu ! je vous rends grâce, 0 mon Dieu ! mon Dieu ! je vous rends grâce.

Œuvres, 1, 51.

CHANSONS MOllALES ET AUTIIES = 41

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