LA VERTU DE LISETTE
Air : Je h (je au quatrième étage.
Quoi ! de la vertu de Lisette Vous plaisantez, dames de cour !
Eh bien, d'accord : elle est grisette ; C'est de la noblesse en amour, {Bis.) Le barreau, FÉgiise et les armes De ses yeux noirs font très grand cas. Lise ne dit rien de vos charmes :
De sa vertu ne parlons pas.
Bis.
D'avoir fait de riches conquêtes L'osez-vous bien raiUer encor, Quand le peuple hébreu dans ses fêtes Vous voit adorer son veau d'or !
122 BÉRANGEK. — GllAP. Y =
L'Empire a, pour plus d'un service, Longtemps soudoyé vos appas.
Lise est mal avec la police :
De sa vertu ne parlons pas.
Point de cendre si bien éteinte Qu'elle n'y retrouve du feu ; Un marquis dont la vie est sainte Veut à la cour la mettre en jeu.
Par elle illustrant son mérite, Sur les ducs il aura le pas.
Lisette sera favorite :
De sa vertu ne parlons pas.
Çà, mesdames les dénigrantes.
Si cet honneur vient la trouver.
Vous vous direz de ses parentes, Vous ferez cercle à son lever.
Mais, dût son triomphe et ses suites De joie enfler tous les rabats.
Se confessât-elle aux jésuites, De sa vertu ne parlons pas.
Croyez-moi, beautés monarchiques.
Le mot vertu, dans vos caquets, Ressemble aux grands noms historiques Que devant vous crie un laquais. {Bis.) Les échasses de l'étiquette Guindent bien haut des cœurs bien bas : De la cour Dieu garde Lisette ! ( p-. De sa vertu ne parlons pas. )
Œuvres, m, 70.
LE CENSKUK
Air de la Rohe et des lottes.
On me disait : Il est temps d'être sage ; Au Pinde aussi l'on change de drapeaux. Tentez la gloire, et, dans un grand ouvrage, Pour le théâtre abdiquez les pipeaux.
De mes refrains j'ai repoussé le Uvre ; Mais, quand j'invoque et Thahe et sa sœur. Leur voix me crie : Ah ! que Dieu nous déHvre, Nous délivre au moins du censeur !
La Liberté, nourrice du génie, Voit les beaux-arts pleurant sur son cercueil : Qui va d'un joug subir l'ignominie A de son vers d'avance éteint l'orgueil. Réponds. Corneille, oserais-tu revivre?
Et toi, Molière, admirable penseur?
Non, dites-vous ; ou que Dieu vous déhvre, Vous déhvre au moins du censeur !
Avec Thahe, en satires féconde, Peignons nos grands, leurs valets, leurs rimeurs, Les vils ressorts qui font mouvoir le monde. Et la cour même envenimant nos mœurs.
Délateur, tremble ! en scène il faut me suivre. Jeffrys (1) en vain t'a pris pour assesseur. Quoi ! tu souris !... Ah ! que Dieu nous déhvre, Nous déhvre au moins du censeur !
De Louis Onze évoquons les victimes ; Que, dévoré d'un sanguinaire ennui,
(1) Juge anglais devenu fameux pendant la restauration des Stuarts, et dont le nom est un peu estropié ici par nécessité pour la mesure.
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Ce roi bigot, pour se soûler de crimes, Mette sa Vierge entre le diable et lui. Mais, tout sanglants, nos Tristans vont poursuivre Ce vœu formé contre un lâche oppresseur. Morts, taisez-vous ! ou que Dieu nous délivre, Nous délivi'e au moins du censeur !...
Œuvres, IL