‹ Textes choisis et commentésChapitre 72 sur 157 · CHŒUR · texte numérisé non relu

CHŒUR

Fût-il privé de tous les biens, Eût-il à trembler sous un maître, Hem*eux qui meurt parmi les siens Aux bords sacrés (bis) qui l'ont vu naître 1 (Bis,)

Non, non, vous ne passerez pas, Dit le soldat avec furie.

— Soldat, ses yeux jusqu'au trépas Se sont tournés vers la patrie.

Il en soutenait la splendeur Du fond d'un exil qui l'honore ; C'est par lui que notre grandeur Sur la toile respire encore.

Non, non, vous ne passerez pas, Redit plus bas la sentinelle.

— Le peintre de Léonidas Dans la hberté n'a vu qu'elle.

(1) Les enfants du peintre David, ayant sollicité en vain l'autorisation de rapporter sa dépouille en France, ont été obligés de le faire inhumer dans une église de Bruxelles, après en avoir obtenu la permission du roi des Pays-Bas.

148 == BÉKANGER. — Cil A P. Y --

On lui dut le noble appareil Des jours de joie et d'espérance, Où les beaux-arts à leur réveil Fêtaient le réveil de la France.

Non, non, vous ne passerez pas.

Dit le soldat ; c'est ma consigne.

— Du plus grand de tous les soldats, H fut le peintre le plus digne.

A l'aspect de l'aigle si fier.

Plein d'Homère et l'âme exaltée, David crut peindre Jupiter; Hélas ! il peignait Prométhée.

Non, non, vous ne passerez pas, Dit le soldat, devenu triste.

— Le héros, après cent combats.

Succombe, et l'on proscrit l'artiste.

Chez l'étranger la mort l'atteint.

Qu'il dut trouver sa coupe amère !

Aux cendres d'un génie éteint, France, tends les bras d'une mère.

Non, non, vous ne passerez pas, Dit la sentinelle attendrie.

— Eh bien, retournons sur nos pas ; Adieu, terre qu'il a chérie !

Les arts ont perdu le flambeau Qui fit pâHr l'éclat de Kome.

Allons mendier un tombeau Pour les restes de ce grand homme.

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