‹ Textes choisis et commentésChapitre 75 sur 157 · SUR LA JOURNÉE DE WATERLOO · texte numérisé non relu

SUR LA JOURNÉE DE WATERLOO

Air : Mwse des dois et des accords champêtres.

De vieux soldats m'ont dit : « Grâce à ta Muse, Le peuple enfin a des chants pour sa voix. Kis du laurier qu'un parti te refuse, Consacre encore des vers à nos exploits. Chante ce jour qu'invoquaient des perfides, Ce dernier jour de gloire et de revers. « J'ai répondu, baissant des yeux humides : — Son nom jamais n'attristera mes vers.

Qui, dans Athènes, au nom de Chéronée Mêla jamais des sons harmonieux?

Par la fortune Athènes détrônée Maudit Phihppe et douta de ses dieux.

Un jour pareil voit tomber notre empire, Voit l'étranger nous rapporter des fers, Voit des Français lâchement lem' sourire. Son nom jamais n'attristera mes vers.

Périsse enfin le géant des batailles !

Disaient les rois : peuples, accourez tous.

La Liberté sonne ses funérailles ;

Par vous sauvés, nous régnerons par vous.

Le géant tombe, et ces nains sans mémoire

A l'esclavage ont voué l'univers.

Des deux côtés ce jour trompa la gloire.

Son nom jamais n'attristera mes vers. >|

Mais quoi ! déjà les hommes d'un autre âge *

De ma douleur se demandent l'objet. V

Que leur importe, en effet, ce naufrage? f

Sur le torrent leur berceau surnageait. > Qu'ils soient heureux ! leur astre, qui se lève, Du jour funeste efface les revers.

Mais, dût ce jour n'être plus qu'un vain rêve, Son nom jamais n'attristera mes. vers.

Œuvres, III, 167.

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