‹ Textes classiques de la littérature française: extraits des grands écrivains français avec (volume 2)Chapitre 59 sur 126 · PROCLAIIATION A LA GRANDE ARMÉE · texte numérisé non relu

PROCLAIIATION A LA GRANDE ARMÉE

Au quartier impérial de Posen, le 2 décembre iSOtf, Soldats l

11 y a aujourd'hui un an, à cette heure même, que vous étiez sur le champ mémorable d'Âusterlitz. Les bataillons russes, épouvantés, fuyaient en déroute, ou, enveloppés, rendaient leurs armes à leurs vainqueurs. Le lendemain ils firent entendre^^s paroles de paix; mais elles étaient trompeuses. A peine échappés . par l'effet d'une générosité peut-être condamnable, aux désastres de la troisième coalition, ils en ont ourdi une quatri?;me. Mais l'allié sur la tactique duquel ils fondaient leur principale espérance n'est déjà plus. Ses places fortes, ses capitales, ses magasins, ses arsenaux, deux cent quatre-vingts drapeaux, sept cents pièces de bataille cinq grandes places de guerre, sont en notre pouvoir. L'Oder, la Wartha, les déserts de la Pologne, les mauvais temps de la saison n'ont pu vous arrêter un moneut. Vous avez tout bravé, tout surmonté; tout a fui à votre approche. C'est en vain que les Russes ont vouiudéfendre la capitale de cette ancienne et illustre Pologne, l'aigle française plane sur la Vistule. Le brave et infortuné Polonais, en vous voyant, croit revoir les légions de Sobiesk i, de retour de leur mémorable expédition.

Soldats, nous ne déposerons point les armes que la paix générale n'ait affermi et assuré la puissance de nos alliés, n'ait restitué à notre commerce sa liberté et ses colonies. Nous avons conquis sur l'Elbe et l'Oder, Pondichéry, nos établissements des Indes, le cap de Bonn*-

NAPOLÉON. ISl

Espérance et les colonies espagnoles. Qui donnerait le droit de faire espérer aux Russes de balancer les destins? Qui leur donnerait le droit de renverser de si justes desseins? Eux et nous ne sommes-nous pas les soldats d'Austerlitz? Napoléon.

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