CASIMIR DELAVIGNE
Écrasé sous ta faute au pied du tribunal, Baisse donc maintenant, courbe ton front royal. Rentre dans le néant, majesté périssable 1 Je ne vois plus le roi, j*écoute le coupable. Fratricide, à genoux I
LOUIS, tombant à genowc
Je frémis 1
FRANÇOIS DE PAULE
Repens-toi.
LOUIS, se traînant jusqu'à lui et s'attachant à ses habits. C'est ma faute, ma faute, ayez pitié de moit En frappant ma poitrine, à genoux je déplore. Sans y chercher d'excuse, un autre crime encore. FRANÇOIS DE PAULE, qu% vetombe assts .
Ce n'est pas tout ?
LOUIS
Nemours I... il avait conspiré :
Mais sa mort.... son forfait du moins est avéré. Mais sous son échafaud ses enfants dont les larmes.... Trois fois contre son maître il avait pris les armes. Sa vie, en s'échappant, a rejailli sur eux.
{En se relevant.) C'était juste.
FRANÇOIS DE PAULE, le rejetant à genou».
Ah! cruel!
LOUIS
Juste, mais rigoureux :
J'en conviens : j'ai puni.... non, j'ai commis des crimes. , Dans l'air le nœud fatal étouffa mes victimes; L'acier les déchira dans un puits meurtrier; L'onde fut mon bourreau, la terre mon geôlier : Des captifs que ces tours couvrent de leurs murailles Gémissent oubliés au fond de ses entrailles.
FRANÇOIS DE PAULE
Aht puisqu'il est des maux que tu peux répareVf Viens!
LOUIS, debout.
Où donc ?
FRANÇOIS DE PAULB.
Ces captifs , allons les déliyrer.
LOUIS
L'intérêt le défend.
FRANÇOIS DE PAULE, aux pieds du roi. La charité l'ordonne.
Viens, viens sauver ton &me.
170 DIX-NEUVIÈME SIÈGLB.
LOUIS
En risquant ma ooaroniwt Roi, je ne le peux pas.
FRANÇOIS DB PAULE
Mais tu le dois , chrétien.
LOUIS
Je me suis repenti, c'est assez.
FRANÇOIS DB PAULB, u relevant
Ce n'est rien.
LOUIS
N'ai-je pas de mes torts fait un aveu sincère t
FRANÇOIS DE PAULE
Ils ne s*effacent pas, tant qu'on y persÔFèrç.
LOUIS
L'Église a des pardons qu'un roi peut acheter.
FRANÇOIS DE PAULE
Dieu ne vend pas les siens : il faut les mériter.
LOUIS, avec désespoir.
Ils me sont dévolus, et par droit de misère 1 Ah t si dans mes tourments vous descendiez^ mon père Je vous arracherais des larmes de pitié I Les auKoisses du corps n'en sont qu'une moitié. Poignante, intolérable, et la moindre peut-être. Je ne me plais qu'aux lieux où je ne puis pas être. En vain je sors de moi : fils rebelle jadis, Je me vois dans mon père et me crains dans mon fils. Je n'ai pas un ami : je hais ou je méprise ; L'effroi me tord le cœur sans jamais lâcher prise. Il n'est point de retraite où j'échappe aux remords; Je veux fuir les vivants, je suis avec les morts. Ce sont des jours affreux; j'ai des nuits plus terribles! L'ombre pour m'abuser prend des formes visibles ; Le silence me parle, et mon Sauveur me dit, Quand je viens le prier : Que me veux-tu, maudit? Un démon, si je dors, s'assied sur ma poitrine. Je l'écarté ; un fer nu s'y plonge et m'assassine. Je me lève éperdu ; des flots de sang humain Viennent battre ma couche; elle y nage, et ma main Que penche sur leur gouff're une main qui la glace Sent des lambeaux hideux monter A leur surface....
FRANÇOIS DE PAIJLB.
Malheureux 1 que dis-tu?
LOUIS
Vous frémisses : «h bien 1 Mes veilles, les voilà! ce somjneil, c'est le mien; C'est ma vie, et mourant, J'en ai soif, ie veux viT^;
CASIMIR DELAVIGKE. |71
Et ce calice amer, dont le poison m'enivre,
De toutes mes douleurs cet horrible aliment ,
La peur de l'épuiser est mon plus grand tourment!
FRANÇOIS DE PAOLE
Viens donc, en essayant du pardon des injures, Viens de ton agonie apaiser les tortures.
Un acte de bonté te rendra le sommeil, Et quelques voix du moins béniront ton réveil. N'hésite pas.
Loms.
Plus tard I
FRANÇOIS DE PAULE
Dieu voudra-t-il attendre^
LOUISr
Demain i
FRANÇOIS DB PAULE
Hais dès demain la mort peut te surprendre, Ce soir, dans un instant.
LOUIS
Je suis bien enfenné, Bien défe&du.
FRANÇOIS DE PAULE
L'est-on quand on n'est pas aimé f {En Ventratnant,) L\ii viens.
LOUIS, qui le repousse.
Non, laissez-moi du temps po\Lr m^y résoudre.
FRANÇOIS DE PAULE
Adieu done, meurtrier, je ne saurais t'absoudre.
LOUIS, a4S€c terreur^ Quoi! me condamnez-vous?
FRANÇOIS DE PAULE
Dieu peut tout pardonner :
Lorsqu'il hésite encor, dois-je te condamner t Mais profite, ô mon fils, du répit qu'il t'accorde : Pleure, conjure, obtiens de sa miséricorde Qu'enfin ton cœur brisé s'ouvre à ces malheureux. Pardonne, et que le jour recommence pour eux. Quand tu voulais fléchir la céleste vengeance, DuL eein de leurs cacbots, du fond de leur souffrance^ A ta voix qu'ils couvraient leurs cris ont répondu^ Fais-les taire, et de Dieu tu seras entendu.
M. Alphonse de Lamartine, né en 1790 à Mâcon, publia, en 1820, ses premières Méditations, Ce livre n'était pas un de ces exercices littéraires par lesquels un jeune homme continue, en entrant dans le monde, les travaux et les succès du collège. L'auteur avait trente ans ; il connaissait par expérience les orages de Tâme, et c'est avec son cœur qu'il avait composé ses vers. Cela même en constituait Toriginalité. Notre langue allait avoir enfin un poëte lyrique dont la vie et les œuvres ne fussent pas deux choses distmctes, et chez qui toute création de l'esprit eût été d'abord un sentiment réel. La poésie n'était plus ici un vain jeu d'esprit; elle semblait revenue à la dignité de ses anciens jours, et se faisait l'organe des plus saintes doctrines, l'apôtre de la religion universelle. M. de Lamartine continuait Jean- Jacques et Bernardin avec quelque chose de plus tendrei de plus féminin, de plus gracieux et en même temps de plus chrétien : il complétait leur poésie par la suave mélodie de ses vors. Trois ans après (1823), M. de Lamartine publia ses Nouvelles méditations poétiques ^ et, en 1830, les Harmonies poétiques et religieuses. Ce dernier recueil présente un caractère nouveau. L'inspiration y est plus large, plus hardiment religieuse. L'auteur a moins de souci encore des beautés de détail ; la poésie est dans l'ensemble : elle coule à pleins bords avec de magnifiques développements. On sent que le poêta est sûr de lui-même; il a conquis son public: il peut s'imposer à lui avec toute sa pensée. Ici plus de passion mondaine : l'élan religieux et philosophique suffit pour nous entraîner. Les Harmonies sont de véritables hymnes, pleins d'enthousiasme et de grandeur. Le monde extérieur y apparaît sans doute et même avec un admirable éclat, mais il s'y montre tout rempli, tout pénétré de Dieu.
C'est dans les Harmonies que M. de Lamartine semble avoir atteint à l'apogée de son talent, entre les charmes encore timides des Méditations et les rêves nonchalants et souvent monstrueux de la Chute d'un ange (1838). Non que dans ce dernier ouvrage même, et surtout dans Jocelyn (1836) qui Ta précédé, Fauteur n'ait acquis des qualités nouvelles, telles que le pathétique du récit, la richesse de la description^ l'expression des sentiments simples et des détails poétiques de la vie vulgaire ; mais il semble que ces qualités soient moins originales, moins spontanées, moins puissantes chez M. de Lamartine que les dons qu'il possé^ dait dans ses premiers poèmes^ et qu'en voulant enrichir son génie, il en ait souvent altéré la candeur.
Dans son ensemble, l'œuvre de M. de Lamartine présente tous les caractères d'une heureuse improvisation, une facilité, une abondance inépuisable, une inspiration lyrique du premier ordre. Avec cela, elle manque de concentration et par conséquent de force. C'est un large fleuve qui se répand à l'aise dans une plaine fleurie, non un torrent impétueux qui bondit et s*élance. M. de Lamartine n*a rien de sobre, rien d'attique : il ne possède pas ce goût parfait, qui n'est autre chose qu'une exquise raison transportée dans l'art d'écrire. Son style brille des plus chatoyantes couleurs; il laisse désirer souvent plus de netteté dans le dessin. Il a quelque chose d'indécis et de fuyant dans les contours, je ne sais quoi de féminin dans la pose, une langueur qui est un charme sans doute, mais qui peut facilement devenir une négligence : c'est la morbidezza italienne, nuance délicate entre la maladie et la grâce. ,
On doit encore à M. de Lamartine des Souvenirs et impressions pendant un voyage en Orient (1835), des Confia denceSy une Histoire des Girondins (1847), une Histoire de la Révolution (1849), un Cours familier de littérature.
PREMIÈRES MÉDITATIONS POËTiaUEa
l'homme.
A lord Byron..
Toi, dont le monde encore ignore le vrai nom y Esprit mystérieux, mortel, ange ou démon, Qui que tu eois, Byron, bon ou fatal génie, J'aime de tes concerts la sauvage harmonie, Gomme j'aime le bruit dô la foudire et des ventsr Se mêlant dans Torage à la voix des torrents.- La nuit est ton séjour, l'horreur est ton domaine. L'aigle, roi des déserts, dédaigne ainsi la plaine; Il ne veut, comme toi , que des rocs escarpés. Que rhiver a blanchis, que la foudre a frappés. Des rivages couverts des débris du naufrage.
Ou des champs tout noircis des restes du carnage : Et, tandis que l'oiseau qui chante ses douleurs Bâtit au bord des eaux son nid parmi les fleurs, Lui, des sommets d'Athos franchit l'horrible cime, Suspend au flanc des monts son aire sur l'abîme. Et là, seul, entouré de membres palpitants, De rochers d'un sang noir sans cesse dégouttants, Trouvant sa volupté dans les cris de sa proie, Bercé par la tempête, il s'endort dans sa Joie.
Et toi, Byron, semblable à ce brigand des airs,
Les cris du désespoir sont tes plus doux concerts.
Le mal est ton spectacle^ et l'homme est ta victime.
Ton œil, comme Satan, a mesuré l'abtme,
Et ton ime , y plongeant loin du jour et de Dieu,
A dit à l'espérance un étemel adieu t
Gomme lui maintenant, régnant dans les ténèbres,
Ton génie invincible éclate en chants funèbres ;
n triomphe, et ta voix, sur un mode infernal,
Ghante l'hymne de gloire au sombre dieu du mal.
Mais que sert de lutter contre sa destinée?
Que peut contre le sort la raison mutinée?
Elle n'a, comme l'œil, qu'un étroit horizon,
Ne porte pas plus loin tes yeux ni ta raison :
Hors de là, tout nous fuit, tout s'éteint, tout s^ettBce ;
Dans ce cercle borné. Dieu fa marqué ta place :
Gomment? pourquoi? qui sait? De ses puissantes mains
Il a laissé tomber le monde et les humains,
Comme il a dans nos champs répandu la poussière,
Ou semé dans les airs la vie et la lumière;
n le sait, il suffit : l'univers est à lui ,
LAMARUNB. 195
Rt noiu> n'avons pour nous que le jour cTsujourdlinii;
Notre crime est d'être homme et de vouloir connaître :
Ignorer et servir, c'est la loi de notre être.
Byron^ce mot est dur : longtemps j'en ai douté;
Hais pourquoi reculer devant la vérité ?
Ton titre devant Dieu, c'est d'être son ouvrage.
De sentir, d'adorer ton divin esclavage,
Dans l'ordre universel faible atome emporté «
D'unir à ses desseins ta libre volonté.
D'avoir été conçu par son intelligence.
De le glorifier par ta seule existence :
Voilà, voilà ton sort. Ah ! loin de l'accuser.
Baise plutôt le joug que tu voudrais briser.
Descends du rang des dieux qu'usurpait ton audace ;
Tout est bien, tout est bon, tout est grand à sa place;
Aux regards de Celui qui fit l'immensité
L'insecte vaut un monde : ils ont autant coûté!
Hais cette loi, dis-tu, révolte ta justice;
Elle n'est à tes yeux qu'un bizarre caprice.
Un piège où ia raison trébuche à chaque pas.
Confessons-la, Byron, et ne la jugeons pas.
Gomme toi, ma raison en ténèbres abonde.
Et ce n'est pas à moi de t'expliquer le monde.
Que Celui qui t'a fait t'explique l'univers :
Plus je sonde l'abîme, hélas I plus je m'y perdsw
Jci-bas la douleur à la douleur s'enchaîne,
Le jour succède au jour et la peine à la peine.
Borné dans sa nature, infini dans ses vœux,
L'homme est un dieu tombé qui se souvient des deux :
Soit que, déshérité de son antique gloire.
De ses destins perdus il garde la mémoire;
Soit que de ses désirs l'immense profondeur
Lui présage de loin sa future grandeur.
Imparfait ou déchu, l'homme est le grand mystère*
Dans la prison des sens enchaîné sur la terre,
Esclave, il sent un cœur né pour la liberté;
Halheureux, il aspire à la félicité ;
n veut sonder le monde, et son œil est déHle;
n veut aimer toujours : ce qu'il aime est fragilel
Tout mortel est semblable à l'exilé d'Ëden.
Lorsque Dieu l'eut banni du céleste jaidin,
Hesurant d'un regard les fatales limites,
n s'assit en pleurant aux portes interdites.
n entendit de loin dans le divin séjour
L'harmonieux soupir de l'étemel amour,
Les accents clu bonh««r, les saints ooncerts des anges
Qui^ dans le sein de Dieu, célébraient ses louanges ; Et s'arrachaDt du ciel dans un pénible effort. Son œil avec effroi retomba sur son sort.
Malheur à qui du fond de l'exil de la vie
Entendit ces concerts d'un monde qu'il envie I
Du nectar idéal sitôt qu*elle a goûté,
La nature répugne à la réalité ;
Dans le sein du possible en songe elle s'élance;
Le réel est étroit, le possible est immense ;
L*âme avec ses désirs s*y bâtit un séjour
Où l'on puise à jamais la science et l'amour;
Où dans des océans de beauté, de lumière^
L'homme, altéré toujours, toujours se désaltère,
Et de songes si beaux enivrant son sommeil.
Ne se reconnaît plus au moment du réveil.
Hélas 1 tel fut ton sort, telle est ma destinée;
J'ai vidé comme toi la coupe empoisonnée ;
Mes yeux, comme les tiens, sans voir se sont ouverts ;
J'ai cherché vainement le mot de l'univers^
J'ai demandé sa cause à toute la nature,
J'ai demandé sa fin à toute créature;
Dans l'abtme sans fond mon regard a plongé ;
De l'atome au soleil j'ai tout interrogé,
J'ai devancé les temps, j'ai remonté les âges :
Tantôt, passant les mers pour écouter les sages :
Mais le monde à Torgueil est un livre fermé !
Tantôt, pour deviner le monde inanimé,
Fuyant avec mon âme au sein de la nature,
J'ai cru trouver un sens à cette langue obscure.
J'étudiai la loi par qui roulent les cieux ;
Dans leurs brillants déserts Newton guida mes yeux ;
Des empires détruits je méditai la cendre;
Dans ses sacrés tombeaux Rome m'a vu descendra;
Des mânes les plus saints troublant le froid repos,
J'ai pesé dans mes mains la cendre des héros :
J'allais redemander à leur vaine poussière
Cette immortalité que tout mortel espère.
Que dis-je? suspendu sur le lit des mourants.
Mes regards la cherchaient dans des yeux expirants^
Sur ces sommets noircis par d'étemels nuages,
Sur ces flots sillonnés par d'éternels orages,
J'appelais, je bravais le choc des éléments.
Semblable à la sibylle en ses emportements.
J'ai cru que la naturej en ces rares spectacles,
Laissait tomber pour nous quelqu'un de ses oraclat :
J'aimais à m'enfoncer dans ces sombres horreurs.
Mais en vain dans son calme, en vain dans ses fureurs, Cherchant ce grand secret sans pouvoir le surprendre. J'ai vu partout un Dieu sans pouvoir le comprendre l J'ai vu le hien, le mal, sans choix et sans dessein, Tomber conmie au hasard, échappés de son sein ; J'ai vu partout le mal où le mieux pouvait être, Et je l'ai blasphémé, ne pouvant le connaître : Et ma voix, se brisant contre ce ciel d'airain. N'a pas môme eu Thonneur d'irriter le destin.
Mais un jour que, plongé dans ma propre infortune.
J'avais lassé le ciel d'une plainte importune.
Une clarté d'en haut dans mon sein descendit,
Me tenta de bénir ce que j'avais maudit;
Et, cédant sans combattre au souffle qui m'inspire,
L'hymne de la raison s'élança de ma lyre :
« Gloire à toi dans les temps et dans l'éternité.
Etemelle raison , suprême volonté 1
Toi dont l'immensité reconnaît la présence.
Toi dont chaque matin annonce l'existence I
Ton souffle créateur s'est abaissé sur moi ;
Celui qui n'était pas a pa|[U devant toi!
J'ai reconnu ta voix avant de me connaître.
Je me suis élancé jusqu'aux portes de l'Étrd :
Me voici I le néant te salue en naissant ;
Me voici! mais que suis-je? un atome pensant.
Qui peut entre nous deux mesurer la distance?
Moi, qui respire en toi ma rapide existence,
A l'insu de moi-même , à ton gré façonné ,
Que me dois-tu. Seigneur, quand je ne suis pas né?
Rien avant, rien après : gloire à la fin suprême*.
Qui tira tout de soi se doit tout à soi-même.
Jouis, grand artisan , de l'œuvre de tes mains :
Je suis pour accomplir tes ordres souverains;
Dispose, ordonne, agis; dans les temps, dans l'espace;
Marque-moi pour ta gloire et mon jour et ma place :
Mon être sans se plaindre et sans t'interroger,
De soi-même, en silence, accourra s'y ranger,
Comme ces globes d'or qui dans les champs du vide
Suivent avec amour ton ombre qui les guide;
Noyé dans la lumière ou perdu dans la nuit,
Je marcherai comme eux où ton doigt me conduit :
Soit que, choisi par toi pour éclairer les mondes,
Réfléchissant sur eux les flots dont tu m'inondes,
Je m'élance entouré d'esclaves radieux,
St franchisse d'un pas tout l'abîme des deux;
178 DIX-Ij^jSDVIÈl<£: I^IÈGLE.
Soit que, me reléguant loin^ ibien loin de la vue, Tu ne fasses de moi, créature inconnue, Qu'un atome oublié sur les bords du néant, Ou qu'un grain de poussière emporté par le vent; Glorieux de mon sort, puisqu'il est ton ouvrage. J'irai, j'irai partout te rendre un même hommi^. Et, d'un égal amoiff aoooBQ|iiliasant ta loi, Jusqu'aux bords du néant mucmurer; Gloire ii toil
« Ni si haut, ni si bas, simple enfant de la terre, Mon s(»t est un problème, Bt ma fin un mystèire{ Je ressemble, Seign^ir, au globe de la nuit, Qui dans la route obscure où ton doigt le conduil Réfléchit d'un côté les clartés éternelles, Bt de l'autre est plongé dans les ombres morteUeti L'homme est le point fatal où les deux infinis Par la toute-f>uii>&ance ont été réunie.
A tout autre degrf' moins malheureux peut-être, J'eusse été.... Mais je suis ce que je devais être; J'adore sans la voir ta suprême raison :
Gloire à toi qui m'as £siit 1 Ce que tu fais est bon ; Cependant, accablé sous le poids de ma chaîne , Du néant au tombeau l'adversité m'entraîne ; Je marche dans la nuit par un chemin mauvvs^ Ignorant d'où je viens, incertain où je vais, Et je rappelle en vain ma jeunesse écoulée, Comme l'eau du torrent dans sa source tnoublée. Gloire à toil Le malheur en naissant m'a choisi; Gomme un jouet vivant ta droite m'a saisi; J'ai mangé dans les pleurs le pain de ma misère, Et tu m'as abreuvé des eaux d^ ta colère.
Gloire à toil J'ai crié, tu n'a pas répondu ; J'ai jeté sur la terre un regard confondu; J'ai cherché dans le eiel le jour de ta justice ; 11 s'est levé. Seigneur, et c'est pour mon supplice. Gloire à toi l L^innocence est coupable à tes yeux ; Un seul être, du moins, me restait sous les cieuz \ Toi-même de nos jours avais mêlé la trame, Sa vie était ma vie, et son âme mon âme ; Comme un firuit encor vert du rameau détaché , Je Fai vu de mon sein avant l'âge arraché!
Ce coup que tu voulais me rendre plus terrible, La frappa lentement pour m'être plus sensible; Dans ses traits expirants où je lisais mon sort, J'ai vu lutter ensemble et l'amour et la mort; J'ai vu dans sas regards la flamme de la vit.
Sous la main du trépas par degrés assoupie,
Se ranimer encore au souffle de Tamour.
Je disais chaque jour : < Soleil, encore un jour I >
Semblable au criminel qui, plongé dans les ombres^
Et descendu vivant dans les demeures sombres ,
Près du dernier flambeau qui doive l'éclairer.
Se penche sur sa lampe et la voit expirer,
Je voulais retenir TAme qui s'évapore ;
Dans son dernier regard je la cherchais encore!
Ce soupir , ô mon Dieu , dans ton sein s'exhala :
Hors du monde avec lui mon esprit s'envola I
Pardonne au désespoir on moment de blasphème,
J'osais.... Je me repens : Gloire au maître suprême/
Il fit l'eau pour couler, l'aquilon pour courir,
Les soleils pour brûler, et l'homme nour soufirir.
a Que j'ai bien accompli cette loi de mon être- La nature insensible obéit sans connaître; Moi seul, te découvrant sous la nécessité.
J'immole avec amour ma propre volonté; Moi seul je Vobéis avec intelligence; Moi seul je me complais dans cette obéissance- Je jouis de remplir en tout temps, en tout lieu, La loi de ma nature et l'ordre de mon Dieu; J'adore en mes destins ta sagesse suprême, J'aime ta volonté dans mes supplices même :
Gloire à toi l Gloire à toi I Frappe, anéantis-moi I Tu n'entendras qu'un cri : Gloire à jamais à toi I »
Ainsi ma voix monta vers la voûte céleste :
Je rendis gloire au ciel, et le ciel fit le reste.
Mais silence, 6 ma lyref Et toi, qui dans tes mains
Tiens le cœur palpitant des sensibles humains,
Byron^ viens en tirer des torrents d'harmonie ;
C'est pour la vérité que Dieu fit le génie.
Jette im cri vers le ciel, ô chantre des enfers I
Le ciel môme aux damnés enviera tes concerts»
Peut-être qu'à ta voix, de la vivante flamme
Un rayon descendra dans l'ombre de ton Ame ;
Peut-être que ton cœur, ému de saints transports,
S'apaisera soi-même à tes propres accords.
Et qu'un éclair d'en haut perçant ta nuit profonde,
Tu verseras sur nous la clarté qui t'inonde.
Ah 1 si jamais ton luth amolli par tes pleurs, Soupirait sous tes doigts l'hymne de tes douleurs, Ou si, du sein'profond des ombres éternelles,
Gomme un ange tombé tu secouais tes ailes, Et prenant vers le jour un lumineux essor, Parmi les chœurs sacrés tu t'essayais encor, Jamais, jamais Técho de la céleste voûte, Jamais ces harpes d'or que Dieu lui-même écoute. Jamais des séraphins les chœurs mélodieux De plus divins accords n'auraient ravi les cieuxt Ck>urage, enfant déchu d'une race divine !
Tu portes sur ton front ta superbe origine ; Tout homme en te voyant , reconnaît dans tes yeux Un rayon éclipsé de la splendeur des cieujt !
Roi des chants immortels, reconnai&-toi toi-même!
Laisse aux fils de la nuit le doute et le blasphème;
Dédaigne un faux encens qu'on t'offre de si bas :
La gloire ne peut être où la vertu n'est pas.
Viens reprendre ton rang dans ta splendeur première,
Parmi ces purs enfants de gloire et de lumière
Que d'un souffle choisi Dieu voulut animer,
Et qu'il fit pour chanter, pour croire et pour aimer I
l'espoir en dieu.
Salut, principe et fin de toi-même et du monde 1
Toi qui rends d'un regard l'immensité féconde,
Ame de l'univers, Dieu, père, créateur.
Sous tous ces noms divers je crois en toi, Seigneur;
£1 sans avoir besoin d'entendre ta parole,
Je lis au front des cieux mon glorieux symbole.
L'étendue à mes yeux révèle ta grandeur;
Le terre, ta bonté; les astres, ta splendeur.
Tu t'es produit toi-même en ton brillant ouvrage l
L'univers tout entier réfléchit ton image.
Et mon &me à son tour réfléchit l'univers.
Ma pensée embrassant tes attributs divers,
Partout autour de soi te découvre et t'adore.
Se contemple soi-même et t'y découvre encore :
Ainsi l'astre du jour éclate dans les cieux,
Se réfléchit dans Tonde et se peint à mes yeux.
C'est peu de croire en toi, bonté, beauté suprême I Je te cherche partout, j'aspire à toi, je t'aimeJ Mon âme est un rayon de lumière et d'amour.
Qui, du foyer divin détaché pour un jour, De désirs dévorants loin de toi consumée.
Brûle de remonter à sa source enflammée.
Je respire, je sens, je peofe, j'dme en toil
LAMâKTINE. 181
Ce monde qui te cache est transparent pour moi; C'est toi que je découvre au fond de la nature. C'est toi que je bénis dans toute créature.
Pour m'approcher de toi, j'ai fui dans ces déserts» là, quand Taube, agitant son voile dans les airs, Entr'ouvre l'horizon qu'un jour naissant colore, Et sème sur les monts les perles de l'aurore , Pour moi c'est ton regard qui , du divin séjour, S'entr'ouvre sur le monde et lui répand le jour. Quand Tastre à son midi suspendant sa carrière. M'inonde de chaleur, de vie et de lumière, Dans ses puissants rayons qui raniment mes sens. Seigneur, c'est ta vertu, tpn souffle que je sens. Et quand la nuit, guidant son cortège d'étoiles. Sur le monde endormi jette ses sombres voiles. Seul , au sein du désert et de l'obscurité.
Méditant de la nuit la douce majesté, Enveloppé de calme, et d'ombre, et de silènes Mon âme de plus près adore ta présence ; D'un jour intérieur je me sens éclairer , Et j'entends une voix qui me dit d'espérer.
Oui, j'espère, Seigneur, en ta magnificence : Partout à pleines mains prodiguant l'existence, Tu n'auras pas borné le nombre de mes jours A ces jours d'ici-bas, si troublés et si courts. Je te vois en tous lieux conserver et produire : Celui qui peut créer dédaigne de détruire.
Témoin de ta puissance et sûr de ta bonté, J'attends le jour sans fin de l'immortalité.
La mort m'entoure en vain de ses ombres funèbres, Ma raison voit le jour à travers les ténèbres ; C'est le dernier degré qui m'approche de toi, C'est le voile qui tombe entre ta face et moi. Hâte pour moi, Seigneur, ce moment que j'implore, Ou, si dans tes secrets tu le retiens encore. Entends du haut du ciel le cri de mes besoins! L'atome et l'univers sont l'objet de tes soins : Des dons de ta bonté soutiens mon indigence, Nourris mon corps de pain, mon âme d'espérance ; Réchauffe d'un regard de tes yeux tout-puissants Mon esprit éclipsé par l'ombre de mes sens.
Et, comme le soleil aspire la rosée, Dans ton sein à jamais absorbe ma pensée I
[La Prière.)
Ift2 DIX-NEUVIlBBffS SIÈCLE.
NotnTELLEs uÉDiTATiona pofinotnsflte
LE CRUCiriX.
Toi que j'ai recueilli sur sa bouche eipirante Avec son dernier souffle et &on dernier adiea^ Symbole deux fois saint, don d'une main mour^nto , Image de mon Dieu,
Que de pleurs ont coulé sur tes pieds que J*adore, Depuis l'heure sacrée où du sein d'un martyr, Dans mes tremblantes mains tu passas tiède encorci De son dernier soupir I
Les saints flambeaux jetaient une dernière flamme ; Le prêtre murmurait ces doux chants de la mort, Pareils aux chants plaintifs que murmure une feiumo A l'enfant qui s'endort.
De son pieux espoir son front gardait la trace^ Et sur ses traits, frappés d'une auguste beauté, La douleur fugitive avait empreiatsa grâce, La mort sa majesté.
Le vent qui caressait sa tête échevelée Me montrait tour à tour ou me voilait ses traits, Gomme Ton voit flotter sur un blanc mausolée L*ombre des noirs cyprès.
Un de ses bras pendait de la funèbre eouche ; L'autre, languissamment replié sur son coeur> Semblait chercher encore et presser sur sa boucha L'image du Sauveur.
Ses lèvre» s'entr'ouvraient pour l'embrasser eneora^ Mais son âme avait fui dans ce divin baiser.
Comme un léger parfum que la flamme dévore Avant de l'embraser.
Maintenant tout dormait sur sa booehe glaeée. Le souffle se taisait dans son sein endormi, Et sur l'oeil sans regard la paupière afifaissée Retombait à demi.
Et moi, debout, saisi d'une terreur secrète i^ Je n'osais m'approcher de ce reste adoré , Comme si du trépas la majesté muette L'eût déjà consacré.
Je n'osais.... Mais le prêtre entendit mon siIeilC8| £t de ses doigts glacés prenant le crucifix : c Voilà le souvenir, et voilà respérance Emportez-les, mon filai »
Oui, tu me restera^ è fimèbre hérkag»!
Sept fois, depuis ce jour, TarliHre qu» j'ai planté Sur sa tombe sans nom a changé de feuillage : Tu ne m^as pas quitté.
Placé près de ce cœur, hélas I où tout s'effMe, Tu Tas contre le temps défendu de ToubU, Et mes yeux goutte à goutte ont imprimé leur traOQ Sur riyoire amolli.
dernier confident de Tàme qui s^enfole^ Viens, reste sur mon coeur t parle encore, el éSs-moi Ce qu'elle te disait quand sa faible parole N'arrivait plus qu'à toi;
k cette heure douteuse où Tâme recuelUie»
Se cachant sous le voile épaissi sur nos yeux^ Hors de nos sens glacés pas à pas se replie, Sourde aux derniers adieux;
Alors qu'entre la vie et la mort incertaine , Gomme un fruit par son poids déiaché du rameau, Notre &me est suspendue et tremble à chaque haleine Sur la nuit du tombeau^
Quand des chants, des sanglots, la confuse harmonie N'éveille déjà plus notre esprit endormi; Aux lèvres des iBourants collé dans l'agonie^ Gomme un dernier ami,
Pottf éclaircir l'horreur de cet étroit passage. Pour relever vers Dieu leur regard abattu.
Divin consolateur dont nous baisons Timage, Réponds, que leur dis-tu ?
Tu lais, tu sais mourir! et tes larmes divines. Dans cette nuit horrible où tu prias et vam, De Folivier lacré baignèrent les racines Pu soir jusqu'au matiiu
De la croix où tcm eoil sonda ce grand mystère^ Tu vis ta Mère en pleurs et la nature en deuil j^ Tu laissas comme nous tes amis sur la terre, Et ton corps au cercueil I
Au nom de cette mort, que ma faiblesse obtienne De rendre sur ton sein ce douloureux soupir i Ooand mon heure viendra, souviens- toi de la tienne , toi, qui sais mourir l
Je chercherai la p)ac€ où sa bouche expiranter Exhala sur tes pieds l'irrévocable adieu.
Id4 DIX-NËUVIËMË SIÈCLE»
£t son &me viendra guider mon âme errante Au sein du même Dieu.
Ah! puisse^ puisse alors sur ma funèbre couche^ Triste et calme à la fois, comme un ange éploré, Une figure en deuil recuisillir sur ma boucke L'héritage sacré !
Soutiens ses derniers pas, charme sa dernière heure; Et , gage consacré d'espérance et d'amour, De celui qui s'éloigne à celui qui demeure Passe ainsi tour à tour^
Jusqu'au jour où, des morts perçant la voûte sombre, Une voix dans le ciel, les appelant sept fois. Ensemble éveillera ceux qui dorment à l'omlure De l'éternelle croix I
M. Victor Hugo, né à Besançon en 1802, avait vingt ans quand il publia son premier volume d'Odes (1822) et vingtdeux quand parurent les Odes et Ballades (1824), où s*anonçait un talent hors ligne. La préface de son drame de Cromwell (\ 827) fut le manifeste de TËcole romautique. Elle joua le même rôle qu'avait rempli, en 1549, la Défense et illustration de la langue française, par du Bellay. La situation n'était pas sans analogie, et le Cénacle avait plus d'tin rapport avec la Pléiade : comme elle, il renfermait des hommes du plus grand talent ; il voulait, comime elle, renouveler la forme d'une littérature vieillie.
L'école classique de l'Empire avait porté trop loin jes dédains de son goût. Elle s'était fait un idéal traditionnel et trop étroit, qui excluait sans raison de vraies beautés. Le romantisme élargit les portes de l'art, et y fit entrer ce que l'école pseudo-classique avait eu le tort d'en exclure, l'histoire, c'est-à-dire l'homme plus vrai et souvent plus beau que les pâles abstractions qu'elle lui substituait. Il en finit par le ridicule avec toute règle arbitraire, et revendiqua
pour récrivain la liberté de s'isoler, de vivre h sa fiintaisiey le tout k ses risques et périls. M. Victor Hugo l'a très-bien défini le libéralisme en littérature. La première ivresse de la liberté littéraire dégénéra trop souvent en licence ; on soDgea à frapper fort plutôt que juste. Mais au milieu des exagérations, qu'une réaction quelconque entraîne toujours à sa suite, on vit s'élever des œuvres qui ne doivent point périr.
L'année qui suivit le manifeste romantique^ M. Victor Hugo composait les OrientaleSy la plus magnifique efflorescence de son imagination. Ici la poésie lyrique prenait un caractère nouveau et analogue aux doctrines de la jeune école. Ce n'était plus ni Télan des passions politiques, ni les poétiques douleurs d'une âme repliée sur elle-même; c'était du rhythme, de la lumière, d'éiincelantes couleurs, que le poêle semblait avoir dérobées aux heureuses contrées qu'il chantait : le monde extérieur y versait à pleines strophes ses plus riches images, et à peine sentait- on battre le cœur du poète, sous cette profusion d'or, de rubis et de parfums étrangers. Dans les Feuilles d' automne (1831) l'horizon s'est assombri, et n'en est que plus attacuant : l'artiste demeure, mais l'homme reparait. La pensée du poète se repose, avec une douce émotion, tur des souvenirs, sur des regrets. Surtout il épanche une tendresse inefi'able sur l'enfance, sur ces blondes et frêles têtes, ce doux présent si riant d'avenir.
Car Yos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies ; Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ; Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange; Tête sacrée I enfant aux cheyeux blonds! bel ange
A Tauréole d'or!...
n est si beau Tenfant, avec son doux sourire. Sa douce bonne foi , sa voix qui veut tout dire ,
Ses pleurs vite apaisés ; Laissant errer sa vue étonnée et ravie , Offrant de toute part sa jeune âme à la vie ,
Et sa bouche aux baisers!
116 DIX-J7BimËMB SIÈCLE.
Cette sensibilité simple et abordable h toiur, cette tiote si suave manquait encore à la lyre française^ V. Hugo comblait ici un intervalle qu'avaient laissé entre eux Lamartine et Béranger.
M. Victor Hugo n'est pas exempt des défatrts que devaient produire soit le caractère même de son esprit, soit sa position de chef d'école . Il y a dans la vigueur de ses conceptions, dans le dessin hardi de ses plans, dans la franchise ua peu crue de son style, quelque chose qui sent le défi et là provocation. Dans son théâtre, Cromwell^ 1827, ffernam, 182^, le Roi s' amuse, \S32y Lucrèce Borgia, ISSZyMarionDelortnéj ISZS^RuyBlas, 1838, etc., l'espritde système, plus fortement accusé que dans ses œuvres lyriques, produit un effet plus fâcheux encore. Chaque drame est une antithèse en action ; chaque personnage, un tour de force. Dans tous les rôles, domine la personne du poète ; c'est lui seul qui parle, lui seul qui remplit la scène de ses déclamations lyriques, vice intolérable au théâtre, où Tintérét cesse avec l'illusion, dès que nous apercevons derrière les poupées que nous allions prendre pour des hommes, la main qui les bit mouvoir, et la bouche qui leur souffle leur leçon.
M. Victor Hugo a publié des Homans : Han dClslandej 1823, Bug Jargalj 1826, œuvres de sa première jeunesse; Notre-Dame de Paris ^ 1831, les Misérables 1862, les Tfa* vai^leurs de la msr^ 1866 , et de nouveaux recueils lyriques, les Contemplations y l^h^^ldi Légende des siècles, 1859, les Chansons des Rues et des Bois, 1865.
Toujours lui l lui partout f •* Ou brâlaiite Ott glacée,
Son image sans oesse ébranle ma pensée.
Il verse à mon esprit le souffle créateur.
Je tremble, et dans ma bouche abondent les paroles.