JOUFFROY. SS
eomplètif de R9i4 (1828-1836) ; un Cour$ 4$ droU naturel (1834-184S), un Cours d Esthétique y deg MiUmgés phUo^ sophiques (1833)^ et un vplume de Nouveaux milan^ef publiée ^près s» paort par ©a^iroft,
iCÉLANOES PBŒLOSOPHiaaES.
pq p^ppLÈlC^ Ji^ l^ D^ST^H^tS HUMAIN^,
Tous les êtres ont leur destination spéciale qui leur est imposée, par leur nature^ et, parée qu'elle leur est imposée par leur nature, tous y tendent avec énergie. Voilà ee que tous les êtres oat de commun. Mais^ cette destination , la plupart l'ignorent ea Tao^ complissant, et il n'a été donné qu'à un bien petit nombre de savoir qu'ils en ont une. Ce privilège éminent a été réservé aux natures raisonnables, et le seul être doué de raison que nous connaissionsi c'est l'homme.
Si vous considérez le minéral , vous voyez qu'il y a en lui deui éléments : les molécules agrégées , et la force qui les tient agrégées. La force est l'élément constitutif, car e'est elle qui fait l'agrégation, et le minéral est cette agrégation même. Voilà donc un principe qui, en vertu de sa nature, accomplit une certaine mission, qui est sa fin. Mais, ce principe étant dépourvu de sensibilité et d'intelligenee, cette fin s'accomplit en lui sans qu'il le sente et sans qu'il le sache. Quand son action s'exerce sans obstacle, il ne jouit pas; quand elle est contrariée ou vaincue par une force extérieure, il ne souffre pas; et nonseulement il ne jouit ni ne soufiTre dans ces deux cas parce qu'il est insensible, mais, parce qu'il est inintelligent, il n'est point informé que dans l'un il accomplit sa destination , et que dans l'autre il en est empêché ; il ne sait pas même qu'il en a une, encore moins quelle elle est. C'est un acteur aveugle, qui joue son rôle sans le connaître^ sans le vouloir, sans savoir qu'il en a un et qu'il le remp^t.
Dans la plante, la force a un développement plus varié, plus riche, plus puissant. Son rôle ne se borne point à maintenir dans une agrégation immobile un certain nombre de piolécules matérielles. EUe s'empare du ^erme^ et, appelant à elle tous les éléments propices que la nature a mis à sa portée, comme une ouvrière habile, elle compose, elle organise un être, qui se couvre de feuilles et c|e fruits, qui vit de sa vie, et qui abandonne aux vents et à la terre, aux ondes et à la nature, des semences qui contiennent le germe de nouveau:^ êtres semblables à lui. Telle est la destination plus noble de la plante. ou du principe qui la constitue. Mais elle ^ussi fait tout cela sans i^ savoir; elle aussi ne s'inquiète pas de sa destinée, parce qu'elle est inintelligente. Sent-elle du moins la hache qui la frappe, lé vent oui froisse ses rameaux^ le brûlant soleil qui dessècl)e ses racines f Nouf l'ignorons. Quelques faits sembleraient annoncer dans la plante je
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ne sais quelle sourde sensibilité, qui tressaillirait obscurément quand elle est blessée dans ses organes les plus délicats; mais ces indications ne sont point des preuves, et nous devons d'autant plus nous en défier, que nous sommes plus portés à prêter notre vie à toutes choses, et à soumettre à l'unité des lois de notre nature l'immense yariété des êtres créés.
Dans Panimal, le doute n'est plus permis : le principe qui le constitue n'est plus une force étrangère à elle-même et à ses actes, qui, par le jeu combiné de certaines opérations qu'elle exécute sans le sentir, sans le savoir et sans le vouloir, accomplit mécaniquement la fin qui lui a été assignée dans la création. Par cela seul qu'il ^existe et qu'il existe d'une certaine manière , le principe animal , comme tout principe possible, se développe et aspire à sa fin; mais, parce qu'il est sensible, il a la conscience de ces tendances instinctives, il les sent, elles sont pour lui des besoins; et, parce qu'il les sent, quand elles sont satisfaites, il jouit ; quand elles sont contrariées, U souffre. Ce n'est pas tout : il a reçu de Dieu une intelligence suffisante pour reconnaître l'objet de ces besoins, et assez d empire sur lui-même pour mettre volontairement ce qu'il a de puissance au service de ces besoins. L'animal ne reste donc point, comme la plante, étranger à ce qui se fait en lui : en vertu de cette triple faculté qu'il a, et dont elle est privée, il lui est donné de participer à l'accomplissement de sa propre destination. Mais il ne lui est point donné de comprendre qu'il en a une, ni quelle elle est : il lui man« que pour cela ce degré supérieur d'intelligence qu'on appelle ration, et sans lequel l'entendement est réduit à connaître sans comprendre, et à servir en esclave au lieu de gouverner en maître. En cédant à ses besoins, en démêlant ce qui leur est propre , en agissant pour les apaiser, l'animal ne sait pas ce qu'il fait; il ne sait pas qu'il accomplit sa destination, encore moins comprend-il qu'en accomplissant cette destination il joue un rôle dans l'univers. Jamais l'idée d'une destination ne se présente à lui, jamais il ne se pose le problème do savoir quelle est la sienne, quelle est celle du monde. Le noble mais triste privilège de ces hautes pensées lui a été refusé : la nature en est incapable.
Il en est tout autrement de l'homme. L'homme est aussi, par sa constitution , prédestiné à une certaine fin. Cette destination s'explique primitivement en lui, comme dans les animaux, par des besoins, des désirs, des mouvements instinctifs. Comme eux, il a une sorte d'intelligence, qui sert à reconnaître et l'existence de ces désirs et de ces besoins et les objets qui peuvent les satisfaire. Il a aussi, comme eux, cette sensibilité qui fait souffrir tout être créé quand les inclinations de sa nature sont contrariées, qui le font jouir quand elles ne le sont pas. Comme eux, enfin, il possède cette faculté de disposer de luimême, qui permet à une cause d'employer volontairement sa puissance à la poursuite des objets que ses bçsoii^» set inclinationsi son Intel-
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ligence^ lui ont indiqués. Mais là ne s'arrêtent point les facultés que le ciel a départies à Thomme. Il a reçu de plus cette intelligence supérieure qu'on appelle raùoTij par laquelle il se comprend lui-même^ et avec lui les choses qui Tentourent et les rapports qui existent entre leur nature et la sienne. Non-seulement Tbomme a le pouvoir et de sentir et de connaître les choses qui lui sont bonnes ou mauvaises, mais il a celui de comprendre à quel titre et comment les choses portent pour lui ces caractères opposés, à quel titre et comment toutes ne lui sont pas également indifférentes, à quel titre et comment il y a, il peut y avoir, et pour lui et pour tous les êtres, du bien et du mal. L'homme, en un mot, en accomplissant la destinée que lui impose sa nature, a la faculté de comprendre qu'il en a une, que toute chose, et la création elle-même, a la sienne, et que celle de chaque être créé n'est qu'un fragment de celle de la création tout entière.
Si nous résumons ce que nous venons de dire , vous voyez , messieurs, qu'il suffit qu'une chose soit, et soit d'une certaine manière, pour être par là même déterm^inée à un certain développement. Ce développement , c'est la destination même de l'être , destination qui dérive de sa nature. Chez les êtres insensibles et inintelligents la nature se développe et va à sa fin sans qu'ils le sentent et sans qu'ils le sachent. Chez les êtres purement sensibles, s'il en existe, la destination s'accomplit comme chez les autres; mais, quand elle s'accomplit facU()ment, ils jouissent; quand elle s'accomplit difficilement, ils souffrent. Elle s'accomplit également chez les êtres doués d'intelligence et privés de raison , mais avec cette circonstance, que l'intelligence et la volonté interviennent comme instruments. Enfin, chez les êtres raisonnables, un nouveau phénomène se produit : non-seulement ils jouissent ou ils souffrent, selon que leur destination s'accomplit facilement ou difficilement; non-seulement ils interviennent par leur intelligence et leur volonté dans l'accomplissement de cette destination , mais encore ils comprennent qu'ils en ont une, et qu'elle est le mot de cette énigme qu'on appelle la vie. Telle est la gradation que présentent, à ce point de vue, les différentes espèces d'êtres qui composent la création.
Maintenant, messieurs, il ne faut pas croire que l'homme s'élève de bonne heure, ni à la conception de cette grande pensée, ni à celle des nombreux problèmes qu'elle engendre nécessairement , et qui en sont comme les émanations inévitables. Non, messieurs; l'homme n'est pendant longtemps qu'un animal, à la vérité plus parfait que tous les autres, mais dont l'intelligence ne s'éfôve pourtant à aucun des problèmes qui sont véritablement humains, et qu'il a été à jamais interdit à tout animal de concevoir et de poser. Pendant toute la première partie de sa courte durée , la vie de l'homme «st un sommeil dont il n'a pas conscience, une nuit où la lumière n'a pas pénétré. Des besoins se développent en lui, des facultés s'y montrent et s'y déve-
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loppent aussi. Il est porté, par ces besoins et par ces facultés, vetû certains objets; son intelligence lui apprend, à l'aide de Texpérienoei à reconnaître ces objets, à satisfaire ces besoins, à exercer et à déve* lopper ces facultés. Il parvient même, ce qui n'arrive qu'à un bien moindre degré chez l'animal, à combiner tous les moyens possibles qui sont à sa disposition pour parvenir à la plus complète satis&ction de ses besoins et au plus grand développement de ses facultés. Mais pendant très-longtemps il fait cela sans savoir, sans se demander pour* quoi il le fait. Le phénomène de la raison concevant Tidée de destination , concevant que toute chose en a une, concevant que l'homme a la sienne , et que cette destination a un rapport nécessaire avec celle de runi?ers, ce phénomène-là tarde très-longtemps à se produire dans l'homme. Le jour où il s'y produit enfin est un grand jour, un jour que l'on n'oublie jamais; mais ce jour tarde longtemps à luire, et, tant qu'il n'est pas venu, on peut dire que la vie de l'homme n'est que la vie animale à son plus haut degré.
Il semble d'abord que cette première vie , qui est bien évidemmeol celle de l'enfant, se prolonge extraordihaivement chez le commun des hommes, et que môme, chez un grand nombre, elle remplisse à elle seule toute la durée de l'existence. En effet, en jetant les yeux sur la société qui nous entoure, qu'y voyons-nous? où sont les hommes préoccupés du grand problème de la destinée humaine, les hommes que ce problème tourmente, les hommes que ce problème agite et élève, les hommes à qui ce problème prenne une de leurs pensées et dérobe une des minutes de leur temps? Assurément , si chacun de nous connaît quelques-uns de ces hommes, chacun de nous sait aussi qu'ils sont en petit nombre, et que ce n'est point de pareils éléments qu'est composée cette foule qui nous environne. A voir le spectacle qu'elle nous présente, et ces milliers d'êtres qui vivent au jour le jour, poursuivant les objets divers de leurs passions, très-contents quand ils les ont atteints, très^ésappointés quand ils leur ont, échappé, mais, heureux ou trompés, se prenant le lendemain d'ambnlons toujours nouvelles, de désirs tom'ours renaissants, et poursuivant intrépidement leur rôle sans songer jamais à se demander le sens de cette pièce qui leur donne tant de mal, et dans laquelle ils figurent sans savoir pourquoi; à voir, dis-je, cette réalité de la vie humaine, on croirait que le privilège de comprendre que nous avons ime destinée appartient bien moins à l'humanité qu'à la philosophie, et que, si c'est là le fait qui distingue l'homme de Vanimal, ce n'est guère que par exception qu'il prend le rang supérieur ^ lui a été assigné.
Sans doute, messieurs, il est vrai de le dire, Thomme n'arrive que tard à ces grandes questions, et, alors m6me qu'il se les est posées, les intérêts et les passions de tous les jours reprennent bientôt le dessus, et tendent incessamment à les lui Cure oublier. Ce n*est que dans quelques cas extraordinaires, que dans quelques circonstances rares,
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Qud son esprit s*élève à ces hautes pensées. Gela est mi pour le commun des hommes, cela est vrai aussi pour les esprits distingués qui sont emportés comme les autres par le flux et le reflux des circonstances, et qui passent ainsi une grande partie de leur vie à obéir à leur nature, sans considérer ou elle les pousse. Oui, le fait est exact, et je ne le conteste point; et cependant, j'ose le dire, il n'est pas un homme, si pauvre que sa naissance l'ait fait, si peu éclairé que la société l'ait laissé, si maltraité, en un mot, qu*il puisse être par la nature, la fortune et ses semblables, à qui, un jour au moins dans le courant de sa vie, sous l'influence d'une circonstance grave, il ne soit arrivé de se poser cette terrible question qui pèse sur nos têtes à tous comme un sombre nuage, cette question décisive : Pourquoi l'homme st-il ici-bas, et quel est le sens du rôle qu'il y joue? Vous êtes là, messieurs, pour témoigner de la vérité de cette assertion : car pour aucun de vous la question que je pose n'est une question inconnue; elle ne l'est à aucun homme qui ait un peu vécu, qui ait un peu souffert. Il reste donc à savoir quelles sont ces circonstances qui viennent nous tirer du rang de l'animal, pour nous élever à une pensée, qui est la pensée morale, la pensée humaine par excellence.
Il est bien évident d'abord que, si l'homme ne portait pas en luimême les deux principes que j'ai signalés en commençant, jamais l'homme ne concevrait la question morale et ne se la poserait. C'est uniquement parce que l'homme est capable de comprendre que toute chose a été créée pour une fin, et que, dans l'ensemble de cet univers, la fin de chaque chobe doi t importer à la tin du tout, que l'homme s'inquiète de sa propre destinée et de ses rapports avec celle du monde. Supprimez dans l'homme la raison, ne lui laissez que l'intelligence, et placez-le sous l'influence d'une circonstance quelconque, jamais un pareil souci ne l'occupera. Or, la raison de l'homme est née avec lui ; mais elle sommeille pendant longtemps, et il faut des excitations puissantes pour la réveiller, et lui faire mettre dehors, si je puis m'exprimer ainsi, les principes qu'elle contient. Jusque-là, ils sont en elle comme s'ils n'étaient pas. Tout homme porte en soi, dès son enfance, les principes générateurs de la question morale, et pourtant la question morale ne se pose que tard, et semble même ne se poser qu'à peine dans un grand nombre d'esprits. Nous devons donc chercher quelles circonstances parviennent à éveiller la raison humaine sur ce point, et nous forcent à ouvrir les yeux sur l'énigme de la vie.
Jamais peut-être, messieurs, l'homme ne se demanderait pourquoi il a été mis dans ce monde, si les tendances de sa nature y étaient oon* tinuellement et complètement satisfaites. Une parfaite, une invariable harmonie entre la pente de ses désirs et le cours des choses laisserait peut-être sa i%ison éternellement endormie. Ce qui éveille la raison, messieurs, ce qui l'oblige à s'inquiéter de la destinée de l'homme, c'e^^ le mal : le mal, qui est partout dans la condition humaine, jusqit dans ces jouissances passagères qu'on appelle le bonheur.
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Au début de la vie , notre nature, s'éveillant avec tous les besoini et toutes les facultés dont elle est pourvue, rencontre un monde qui semble offrir un cbamp illimité à la satisfaction des uns et au déve^ loppement des autres. A la vue de ce monde qui paraît renfermer pour elle le bonbeur, notre nature s'élance, pleine d'espérances et d'illusions. Mais il est dans la condition humaine qu'aucune de ces espé* rances ne soit remplie, qu'aucune de ces illusions ne soit justifiée. De tant de passions que Dieu a mises en nous, de tant de facultés dont il nous a doués, examinez, et voyez laquelle ici-bas a son but, et parvient à sa fin. Il semble que le monde qui nous entoure ait été consti* tué de manière à rendre impossible un pareil résultat. Et cependant, ces désirs et ces facultés résultent de notre nature; ce qu'ils veulent, c*est ce qu'elle veut; ce qu'elle veut, c'est la fin pour laquelle elle a été faite, c'est son bonheur, c'est son bien. Elle souffre donc, mes. sieurs, et non-seulement elle soufi're , mais elle s'étonne et s'indigne : car, comme elle ne s'est point faite, il n'a point dépendu d'elle d'avoir ou de n'avoir pas ces tendances; la satisfaction de ces tendances lui semble donc non-seulement naturelle, mais encore légitime; elle trouve donc que les lois de la nature et celles de la justice sont blessées dans ce qui lui arrive; et de là, cette longue incrédulité d'abord, puis ensuite cette sourde protestation que nous opposons aux 'misères de la vie. Tant qu*^ dure notre jeunesse, le malheur nous étonne plus qu'il ne nous effraye ; il nous semble que ce qui nous arrive est une anomalie, et notre confiance n'en est point ébranlée. Cette anomalie a beau se répéter, nous ne sommes point désabusés ; nous aimons mieux nous accuser que de mettre en doute la justice de la Providence; nous croyons que, si nous éprouvons des mécomptes, la faute en 'est à nous, et nous nous encourageons à être plus habiles; et, alors même que notre habileté a échoué mille fois, nous nous obstinons encore à le croire. Mais, à la fin, soit que quelque grand coup, venant à nous frapper, nous ouvre subitement les yeux, soit que, la vie s'écoulant, une expérience si longtemps prolongée l'emporte, la^ triste vérité nous apparaît : alors s'évanouissent les espérances qui nous avaient adouci le malheur; alors leur succède cette araère indignation qui le : rend plus pénible; alors du fond de notre cœur oppressé de douleur, i du fond de notre raison blessée dans ses croyances les plus intimes, s'élève inévitablement cette mélancolique question : Pourquoi donc l'homme a-t-il été mis en ce monde?
Et ne croyez pas, messieurs, que les misères de la vie aient seules le privilège de tourner notre esprit vers ce problème : il sort de nos félicités comme de nos infortunes, parce que notre nature n'est pas moins trompée dans les unes que dans les autres. Dans le premier moment de la satisfaction de nos désirs, nous avons la présomption, ou, pour mieux dire, l'innocence de nous croire heureux; mais, si ce bonheur dure, bientôt ce qu'il avait d'abord de charmant se flétrit; et là où vous aviez cim sentir une satisfaction complète, vous n'éprouves