‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 113 sur 347 · UNS AUTRE · texte numérisé non relu

UNS AUTRE

Hélas! 81 pour venger l'opprobre d'Israël,

Nos mains ne peuvent pas, comme autrefois Jabel,

Des ennemis de Dieu percer la tète impie,

Nous lui pouvons du moins immoler notre vie.

Quand vos bras combattront pour son temple attaqué,

Par nos larmes du moins il peut être invoqué.

YOAO.

Voilà donc quels vengeurs s'arment pour ta querelle, Des prêtres, des enfants, ô sagesse éternelle 1 Mais, si tu les soutiens, qui les peut ébranler? Du tombeau, quand tu veux, tu sais nous rappeler; Tu frappes et guéris, tu perds et ressuscites. Ils ne s'assurent point en leurs propres mérites | Mais en ton nom sur eux invoqué tant de fois. En tes serments jurés au plus saint de leurs rois, En ce temple où tu fais ta demeure sacrée , Et qui doit du soleil égaler la durée.

Mais d'où vient que mon cœur frémit d'un saint effroi? Est-ce l'esprit divin qui s'empare de moi? C'est lui-même ; il m'échauffe, il parle : mes yeux s'ouvrent. Et les siècles obscurs devant moi se découvrent. Lévites, de vos sons prétez-moi les accords. Et de ses mouvements secondez les transports.

LB CHŒUR chante au son do toute la symphonie des inttruiiients.

Que du Seigneur la voix se fasse entendre. Et qu'à nos cœurs son oracle divin

Soit ce qu'à l'herbe tendre Est, au printemps, la fraîcheur du matin.

JOAD

Gieux, écoutez ma voix; terre, prête l'oreille.

Ne dis plus, ô Jacob, que ton Seigneur sommeille!

Pécheurs, disparoissez : le Seigneur se réveille.

(Ici recommence la symphonie, et Joad aussitôt reprend la parole,)

Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé? Quel est dans le lieu saint ce pontife égorgé *? Pleure, Jérusalem, pleure, cité perfide.

Des prophètes divins malheureuse homicide :

1 . Zacharie , fils de Joad, et grand prôtre après iul| lUt assassiné par ordre de Joas.

218 DIX-SEPTIÈME SJÈCLE,

De son amour pour toi ton Dieu s'est dépouillé i Ton encens à ses yeux est un encens souillé.

Où menez-yous ces enfants et ces femmes < Y Le Seigneur a détruit la reine des cités : Ses prêtres sont captifs, ses rois sont rejetés; Dieu ne veut plus qu'on yienne à ses solennités : Temple, renverse-toi; cèdres, jetez des flammes.

Jérusalem, objet de ma douleur, Quelle main en un jour t'a ravi tous tes charmes? Qui changera mes yeux en deux sources de larmes Pour pleurer ton malheur?

AZÀRIAS.

0 saint temple !

JOSABETH

0 David 1

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