‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 146 sur 347 · LAPINE · texte numérisé non relu

LAPINE

Je m'en suis aperçu, madame, étant par terre.

PHILAMINTB , à LépVMy qu% SOTt,

Le lour(}&il41

TRISSOTIN

Plen lui prend de n'être pas de verrQi

ABMANDE.

Ah! de l'esprit partout t

BfiiJsfi.

Cela ne tarit pas.

PHItàMllITE.

Servez-nous promptement votre aimable repiâ.

TRISSOTIN

Pour cette graiide faiM qu'à mes yeui on ët|K>9e,

Un plat seul de huit vers me semble peu de chose ;

Et je pense qu'ici je ne ferai pas mal

De joirldrè à Téi^igi-aihine, ou bien au madrigal,

Le ragoût d*utl sonnet qui, chez une princesse

 passé pour avoir quelque délicatesse.

Il est de sel attique asàaisonhé partout,

Et vous le trouverez, je crois, d'assez bon goût.

ARMANDB.

Ah I je n^en doute point;

pniLAHINTE.

Donnons vite audience.

BÉLisE, intenompû'M TrUsotiii chaque fois quHl te dispose à lire. Je sens d'aise mon cœur tresiailUr par avance. J'aime la poésie avec entêtement.

Et surtout quand les vers sont tournés galamment.

PHILAMINTB.

Si nous parlons toujours, il ne pourra rien dira.

TRISSOTIN

So.»,,

BÉLisË , à Henriette»

Silehcë, tiià nièce.

aBuande.

Ah I laissez-le donc lift.

TRISSDTin.

Sonnet à la pHncesse Vmnîe, sur sa fièvre*.

Votre prudence est enûormie, De traiter magnihquementj Et de loger superbement Votre plus cruelle ennemie,

1. Le sonnet que Trissotin va lire se trouve dans les Œuvres galantes en prose et en vers de Jf . Cotin , où il porte ce titre : Sonnet à mademoiselle de LonguevilUf à présent duchesse de Nemours, sur sa fièvre quarte.

Ahl le joli début !

iRHAlIfilB.

Qu'il a le tour galant 1

t»HILA!lfINtB.

Lui seul des yers aisés possède le talent.

ARMANDE

A prudence endormie j il faut rë&dre les armes.

BÉiûISB.

Loger son. ennemie, est pour liioi plein de charmes.

J'aime superbement et mugnifiqUemeiit ; Ces deux adverbes joints font admirablement I

BËLlSBs

Prêtons Toreille au i^este.

TRISSOTIKTi

Votre prudence est endormie^ De traiter magnifiquementf Et de loger superbement Votre plus cruelle ennemie,

ARMANOB.

Prudence endormie!

BÉUSB.

Loger son ennemie!

PHHJkMUfTB.

Superbement et magnifiquement!

trissoun.

Faites-la sortir, quoi qu'on di$^ De votre riche appartement, Où cette ingrate insolemment Attaque votre belle vie,

BÉUSB.

Ah ! tout doux I laissez-moi, de gtkcBf respireft

ÀRMANDB.

Donnez- nous, s'il vous pladt, le lobir d'admirer.

PHILAMINTB.

On se sent, à ces vers, jusques au fond de TÀme, Couler je ne sais quoi qui fait que î'pD se pâma,

AaMAHIIBi

Faites-la sortir, quoi qu^on die,

De votre riche appartement.

Que riche appartement est là joliment dit I Et que la métaphore qèX mise avec esprit I

PHILABQNTB.

Failes'lg, sortir, quoi qa'on die.

Ah 1 que ce quoi qu'on ài$ est d'an goût admirable!

C'est, à mon sentiment, un endroit impayable.

ARMANDE

De quoi qu*on die aussi mon cœur est amoureux.

BÉLISE

Je suis de votre ayis, quoi qu'on die est heureux.

ARMANDE

Je Youdrois l'avoir fait.

BÉLISE

Il vaut toute une pièce.

PHILAMINTE

Mais en comprencP-on bien^ comme moi, la finesse?

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