Hue de Sèvres
5. Sorte de chapeaux de laine qui se font à Caudebec en Normandie. {Boiîeau).
6. Un pasquin signifiait alors un écrit satirique. Pasquin est une statue de Rome, sur le piédestal de laquelle le peuple affiche des placards moqueurs.
£t, leurs cœurs s'allumant d'un reste de chaleurj La honte fait en eux Teffet de la valeur. Ils marchent droit au fleuve, où Louis en personnBf Déjà prêt à passer , instruit, dispose, ordonne. Par son ordre Orammont le premier dans les flots* S'avance, soutenu des regards du héros : Son coursier, écumant sous son maître intrépide. Nage tout orgueilleux de la main qui le guide. ReveP le suit de près : sous ce chef redouté Marche des cuirassiers l'escadron indompté. Mais déjà devant eux une chaleur guerrière Emporte loin du bord le bouillant Lesdigulère*, Vivonne, NantouUlet, et Coislin, et Salart*; Chacun d'eux au péril veut la première part; Vendôme ^, que soutient l'orgueil de sa naissance, Au même instant dans l'onde impatient s'élance : La Salle, Beringhen, Nogent, d'Ambre, Cavois^, Fendent les flots tremblants sous un si noble poids. Louis, les animant du feu de son courage, Se plaint de sa grandeur qui l'attache au rivage. Par ses soins cependant trente légers vaisseaux D'un tranchant aviron coupent déjà les eaux : Cent guerriers s'y jetant signalent leur audace. Le Rhin les voit d'un œil qui porte la menace ; Il s'avance en courroux. Le plomb vole à l'instant, Et pleut de toutes parts sur l'escadron flottant ; Du salpêtre en fureur l'air s'échaufle et s'allume. Et des coups redoublés tout le rivage fume. Déjà du plomb mortel plus d'un brave est atteint : Sous les fougueux coursiers Tonde écume et se plaint* De tant de coups aflreux la tempête orageuse Tient un temps sur les eaux la fortune douteuse ; Mais Louis d'un regard sait bientôt la fixer;
1. Le comte de Guiche, fils aîné du maréchal de Grammoût, et lieutenant général de l'armée du prince de Condé.