‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 234 sur 347 · Dervis ou dervichey religieux mahométan · texte numérisé non relu

Dervis ou dervichey religieux mahométan

392 DIX-SËPTlÈME SIÈCLE.

Il côtoyoit une rivière.

L*onde étoit transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ; Ma commère la carpe y faisoit mille tours

Avec le brochet son compère.

Le héron en eût fait aisément son profit : Tous approchoient du bord; l'oiseau n'avoit qu'à prendre.

Mais il crut mieux faire d'attendre

Qu'il eût un peu plus d'appétit :

11 vivoit de régime, et mangeoit à ses heures. Après quelques moments l'appétit vint : roiseau,

S'approchant du bord, vit sur l'eau Des tanches qui sortoient du fond de ces demeures. Le mets ne lui plut pas ; il s'attendoit à mieux,

£t montroit im goût dédaigneux

Comme le rat ^ du bon Horace.

« Moi, des tanches l dit-il; moi, héron, que je fasse Une si pauvre chère ! et pour qui me prend-on ? » La tanche rebutée, il trouva du goujon. « Du goujon I c'est bien là le diner d'un héron t J'ouvrirois pour si peu le bec! aux dieux ne plaise t » Il l'ouvrit pour bien moins : tout alla de façon

Qu'il ne vit plus aucun poisson.

La faim le prit : il fut tout heureui et tout aise

De rencontrer un limaçon.

Ne soyons pas si difficiles :

Les plus accommodants, ce sont les plus habiles ; On hasarde de perdre en voulant trop gagner

Gardez-vous de rien dédaigner, Surtout quand vous avez à peu près votre compte.

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