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2. Saint Ambroise. JHieowrt mr la Ihofi de ton Mr» SahÊfue^ I 19. '
'a. Ptaumei, CD, Ift. -> 4. Campagne de 1667.
princesse étoit incroyable. C'est ainsi que ses généreuses mclinations la menoient à la gloire par les voies que le monde trouve les plus belles; et si quelque chose manquoit encore à son bonheur, elle eût tout gagné par sa douceur et par sa conduite. Telle étoit l'agréable histoire que nous faisions pour Madame; et, pour achever ces nobles projets, il n'y &voit que la durée de sa vie dont nous ne croyions pas devoir être en peine. Car qui eût pu seulement penser que les années eussent dû manquer à une jeunesse qui sembloit si vive ? Toutefois c'est par cet endroit que tout se dissipe en un moment. Au lieu de rhistoire d'une belle vie, nous sommes réduits à faire l'histoire d'une admirable mais triste mort. A la vérité, Messieurs, rien n'a jamais égalé la fermeté de son âme, ni ce courage paisible qui, sans faire effort pour s'élever, s'est trouvé par sa naturelle situation au-dessus des accidents les plus redoutables. Oui, Madame fut douce envers la mort, comme elle l'étoit envers tout le monde. Son grand cœur ni ne s'aigrit, ni ne s'emporta contre elle. Elle ne la brave non plus avec fierté, contente de l'envisager sans émotion et de la recevoir sans trouble. Triste consolation, puisque, malgré ce grand courage, nous l'avons perdue ! C'est la grande vanité des choses humaines. Après que, par le dernier effet de notre courage, nous avons, pour ainsi dire, surmonté la mort, elle éteint en nous jusqu'à ce courage par lequel nous gemblions la défier. La voilà, malgré ce grand cœur, cette princesse si admirée et si chérie; la voilà telle que la mort nous l'a faite; encore ce reste tel quel va-t-il disparoltre, cette ombre de gloire va s'évanouir; et nous Talions voir dépouillée même de cette triste décoration. Elle va descendre à ces sombres lieux, à ces demeures souterraines , pour y dormir dans la poussière avec les grands de la terre, comme parle Job; avec ces rois et ces princes anéantis, parmi lesquels à peine peut-on la placer, tant les rangs y sont pressés, tant la mort est prompte à remplir ces places. Mais ici notre imagination nous abuse encore. La mort ne nous laisse pas assez de corps pour occuper quelque place, et on ne voit là que les tombeaux qui fassent quelque figure. Notre chair change bientôt de nature ; notre corps prend un autre nom; môme celui de cadavre, dit Tertuliien , parce qu'il nous montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas longtemps : il devient un je ne sais quoi, qui n'a plus de nom dans aucune langue, tant il esterai que tout meurt en lui, jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprimoit ses malheureux restes.
ORAISON FUNÉiSRE DU PRINCE DE GONDÉ.
Louis II de Bourbon^ prince de Gondë, dit le Grand Condéy premier prince du sang, naquit à Paris en 1621. Nommé général eh chef à Tâge de 22 ans (1643), il battit les Espagnols à Rocroy. Les victoires de Fribourg (1644),
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de Nordliiigdii (IMb), d« L»xit (ie4S), odriBl h «nnblé à jsa gloire. Pendant le» guerre» de la Frotidei Cktadé^ qui
avait d'abord défendu la cour et Mazarin, prit ensuite parti contre le cardinal* arrêté en 1650^ al détenu treize moia à Yincecnes, il garda de cô traitement un vif ressentiment^ et se jeta dans la révolte ouverte. Battu par Tiirenné souale^ murs de Paris (I65S)| dédaré par le. parlement erimindl de lèse-majësté, il quitte la France^ et pendant ait ans^^e 16S8 à 1 659, commande l'armée espagnole. La paix de» Pyi^éë» (1659), le rendit à sa patrie. E^ 1668, il reparidt à là tite des armées royales, et fidt en trois semaine» la oeaquîta 4e la Franche-Gomtéi En 1674^ il bat h Senef les Autriohiiils et les Espagnols réunis. A la mon de Turenne (l67(r}^ il court à la frontière, arrête MoniecuouUi, et délivre Ha^uenau assiégée. Ce fût son dernier fait d'armes* tl aeheva »à vie dans la retraite, à Chantilly, cultivant le» lettres^ «on* versant avec Racine, Boiléau, Molière. H mourut lé 6 novembre 1686. Bossuety qu'une étroite et toucliante intimité unissait depuis 'de longues années ati fprand Ck>ndé^ ait chargé de prononcer son oraison fi^nèbfe» là derrière et li plus étonnante de toutes ëellés qu^il a composée».
Pour rendre ce suprême devoir au grand capitaine, sein ami, Torateur, prêt à descendre de la tribune qu'il a iÛnstrécj déploie lotit son gmnd c€Bur él ion jff'ani gHrie. H B^anime d'un enthôùisiasme guerrier pour suivra »on héros aux plaines de Friboui^g et de ftocroy : il raconte la guerre avec la précision d'un vieux capitaine^ et semble s'enivrer un instant de Todeui* de la poudre et de là Sméé de' la gloire ; mais c'est pour iHmmoler à soii Ôieu qu'il tB3te h victime. C'est ici surtout qu'éclate dans toute sa sublimité le contraste des grandeurs éphémères de ce monde avee la grandeur éternelle. C'est M que s^ëpanche, avée ttn èhanne pénétrant, la tendresse d'àitte de B^ssuôt, qu&hd^ à la suite des peuples en deuil, des princes etprincesses^ noUes r^ïeUms de tant de roiSf lumières de la France^ mais avj(mrd*hui obscurcies et couvertes de leur douleur comme (f uH fMlé^ il s'avance lui-même avec ces ehioeum Uams quii^aœrHseeHt
(le sa fin prochaine, et vierUy avec les restes d'vm vcrix qui tombe^ dire un dernier adieu aux cendres de son illustre ami .