‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 298 sur 347 · mai · texte numérisé non relu

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2. Le comte de Fuentès, tourmenté par la goutte , s'était fidt portet en litière sur le champ de bataille.

de quelque nouvelle attaque ; leur effroyable décharge met les nôtres en furie; on ne voit plus que carnage; le sang enivre le soldat; jusqu'à ce que le grand prince, qui ne put voir égorger ces lions comme' de timides brebis, calma les courages émus, et joignit au plaisir de vaincre celui de pardonner. Quel fut alors l'étonnement de ces vieilles troupes et de leurs braves officiers, lorsqu'ils virent qu'il n'y avoit plus de salut pour eux qu'entre les bras de leur vainqueur? De quels yeux regardèrent-ils le jeune prince, dont la victoire avoit relevé la haute contenance, à qui la clémence ajoutoit de nouvelles grâces? Qu'il eût encore volontiers sauvé la vie au brave comte de Fontaines! Mai» il se trouva par terre, parmi ces milliers de morts dont l'Espagne sent (ncore la perte. Elle ne savoit pas que le jeune prince, qui lui fit perdre tant de ses vieux régiments à la journée de Rocroi, en devoit achever les restes dans les plaines de Lens. Ainsi la première victoire fut le gage fle beaucoup d'autres. Le prince fléchit le genou, et dans le champ de bataille il rend au Dieu des armées la gloire qu'il lui envoyoit. Là on célébra Rocroi délivré, les menaces d'un redoutable ennemi tournées à sa honte, la régence affermie, la France en repos, et un règne qui devoit être si beau , commencé par un si heureux présage. L'armée commença l'action de grâces; toute la France suivit: on y élevoit jusqu'au ciel le coup d'essai du duc d'Enghien : c'en seroit assez pour illustrer une autre vie que la sienne; mais pour lui, c'est le premier pas de sa course.

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