En même temps
qu'il parut dans les années, donne une haute idée de sa valeur, et feit attendre quelque chose d'extraordinaire, mais toutefois s'avance par ordre, et vient comme par degrés aux prodiges qui ont fini le cours de sa vie : l'autre, comme un homme inspiré, dès sa première batailh s'égale aux maîtres les plus consommés. L'un, par de vifs et continuel efforts, emporte l'admiration du genre humain, et fait taire l'envie : l'autre jette d'abord une si vive lumière, qu'elle n'osoit l'attaquer. L'un enfin, par la profondeur de son génie et les incroyables ressources de son courage, s'élève au-dessus des plus grands périls^ et sait même profiter de toutes les infidélités de la fortune : l'autre, et par l'avantage d'une si haute naissance, et par ces grandes pensées que le ciel envoie, et par une espèce d'instinct admirable dont les hommes ne coqnoissent pas le secret, semble né pour entraîner la fortune dans ses desseins, et forcer les destinées. Et afin que l'on vit toujours dans ces deux hommes de grands caractères, mais divers, l'un, emporté d'un coup soudain , meurt pour son pays , comme un Judas Machabée ; l'armée le pleure comme son père, et la cour et tout le peuple gémit ; sa piété est louée comme son courage, et sa mémoire ne se flétrit point par le temps : l'autre, élevé par les armes au comble de la gloire oomme un David, comme lui meurt dans son lit en publiant les louanges de Dieu el instruisant sa famille, et laisse tous les cœurs remplis t&Qt aie l'éclat de sa vie que de la douceur de sa mort.