Acte I. Scènb m. * Lb comtb db GORHàS, D. DI£GUS
LE COIITB.
Enfin vous l'emportez, et la faveur du roi Vous élève en un rang qui n'étoit dû qu*à m(A , n vouB fait gouverneur du prince de Castille.
scène: Corneille sut dégager de oe drame chevaleresque et féodal la donnée éternellement humaine. Le combat moral de Phonneur et de Tamour dans Rodrigue, de l'amour et du devoir dans Ghimène^ qui n'est qu'un épisode de l'œuvre de GuiUen de Castro, devint le ncirod et l'uniaue intérêt de la tragédie française. L'apparition du Cid fût saluée d un cri d'enthousiasme. Les fureurs comiques de Soudéry, la jalousie de Richelieu, les taauineries de l'Académie française V^*jWf' rent rien. Beau comfM le Cid devint une formule proverbiale d'< ~' et d'admiration. Voir, sur la querelle du Cid^ Y Histoire 'd$k^vi$^ ouvrages de Corneille de M. Taschereau.
GORNËILLB. 87
D. DlftOUE«
Cette marque d'honneur qu'il met dans ma famille Montre à tous qu'il est juste, et fait connoltre assez Qu'il sait récompenser les services passés.
LE COMTE
Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes^ Ils peuvent se tromper comme les autres hommes, Et ce choix sert de preuve à tous les courtisans Qu'ils savent mai payer les services présens.
D. Diàaui.
Ne parlons plus d'un choix dont votre esprit s'irrite. La faveur l'a pu faire autant que le mérite, Mais on doit ce respect au pouvoir absolu De n'examiner rien quand un roi l'a voulu. A l'honneur qu'il m'a fait ajoutez-en un autre, Joignons d'un sacré nœud ma maison à la vôtre : Vous n'avez qu'une fill^ et moi je n'ai qu'un fils, Leur hymen nous peut rendre à jamais plus qu'amis , Faites-nous cette grâce, etTacceptez pour gendre,
LE COMTE
A des partis plus hauts ce beau fils doit prétendre,
Et le nouvel éclat de votre dignité
Lui doit enfler le cœur d'une autre vanité.
Exercez-la, monsieur, et gouvernez le prince, Montrez-lui comme il faut régir une province. Faire trembler partout les peuples sous sa loi. Remplir les bons d'amour, et les méchants d'effroi. Joignez à ces vertus celle d'un capitaine. Montrez-lui comme il faut s'endurcir à la peine, Dans le métier de Mars se rendre sans égal, Passer les jours entiers et les nuits à cheval, Reposer tout armé, forcer une muraille.
Et ne devoir qu'à soi le gain d'une bataille. Instruisez-le d'exemple, et rendez-le parfait, Expliquant à ses yeux vos leçons par l'effet.