JULIE
Mais plutôt du qpmbat les funestes effets.
Rome est sujette d'Alhe, et vos fils sont défaits ;
Des trois les deux sont morts, son époux seul vous reste.
LE VIEIL HORACE
0 d'un triste combat effet vraiment funeste I Rome est sujette d'Albe I et, pour l'en garantir, Il n'a pas employé jusqu'au dernier soupir f Non, non, cela n'est point, 09 vous trompe, Julie; Rome n'est pas sujette, ou mon fils est sans vie : Je connoig mieux mon sang, il sait mieux son devoir.
JUUE.
Mille de nos remparts comme moi l'ont pu voir. Il s'est fait admirer tant qu'ont duré ses frères;
Mais, sire, pardonnez à ma témérité, Si j'osai remployer sans votre autorité ; Le péril approchoit, leur brigade étoit prête. Me montrant à la cour je hasardois ma tête, Et s'il falloit la perdre, il m'étoit bien plus doux De sortir de la Tie en combattant pour vous.
D. FEBNAND.
J'excuse ta chaleur à venger ton offense, Et l'Etat défendu me parle en ia défense. Crois que dorénavant Ghimène a beau parler. Je ne l'écoute plus que pour la consoler. Mais poursuis,
D. RODRIGUE
Sous moi donc cette troupe s'avance, Et porte sur le front une m&Ie assurance. Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort. Nous nous vîmes trois miûe en arrivant au port,. Tant à nous voir marcher en si bon équipage Les plus épouvantés reprenoient de courage I J'en cache les deux tiers aussitôt qu'arrivés Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés ; Le reste, dont le nombre augmentoit à toute heure. Brûlant d'impatience autour de moi demeure» Se couche contre terre, et sans faire aucun bruit Passe une bonne part d'une si belle nuit. Par mon commandement la garde en fait de mêmes Et se tenant cachée aide à mon stratagème, Et je feins hardiment d'avoir reçu de vous L'ordre qu'on me voit suivre et que je donne à tous*
Cette obscure clarté qui tombe des étoiles Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles; L'onde s'enfle dessous, et d'un commun effort Les Maures et la mer montent jusques au port. On les laisse passer, tout leur paroît tranqpiille ; Point de soldats au port, point aux murs de la ville t Notre profond silence abusant leurs esprits, Ils n'osent plus douter de nous avoir surpris. Ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent. Et courent se livrer aux mains qui les attendent. Nous nous levons alors, et tous en même temps Poussons jusques au ciel mille cris éclatants. Les nôtres à ces cris de nos vaisseaux répondent; Ilsparoissent armés, les Maures se confondent, L'épouvante les prend à demi descendus, Avant que de combattre ils s'estiment perdus. Ils couroient au pillage, et rencontrent la guerre;
OORNEILLE. 103
Nous les pressons sur l'eau^ nous les pressons sur terre,
Et nous faisons courir des ruisseaux de leur sang,
Avaigit qu'aucun résistai ou reprenne son rang.
Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient,
Leur courage renaît, et leurs terreurs s'oublient;
14 lionta de mourir sans avoir combattu
Ai^rête leur désordre, et leur rend la vertu.
Contre nous de pied ferme ils tirent leurs alfanges < «
De notre ^ang au leur font d'horribles mélanges,
Et la terre, et le fleuve, et leur flotte, et le port,
Sont des champs de carnage où triomphe la mort.
0 combien d'actions, combien d'exploits célèbres Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres. Où chacun, seul témoin des grands coups qu'il portoit. Ne pouvoit discerner où le sort inclinoit I J'allois de tous côtés encourager les nôtres, Fairç avancer les uns, et soutenir les autres, Ranger çeuK qui venoient, les pousser à leur tour, Et ne l'ai pu savoir jusques au point du jour. Mais enfin sa clarté montre notre avantage; Le Maure voit sa perte, et perd soudain courage, Et voyant un renfort qui nous vient secourir. L'ardeur de vaincre çèçle è la peur <|6 mourir. Ils gagnent leurs vaisseaux, ils en coupent les c&bles, Nous laissent pour adieii des cris épouvantables. Font retraite en tumulte, et sans considérer Si leurs rois avec eux peuvent se retirer. Ainsi leur devoir cède à la frayeur plus forte^ Le flux les apporta, le reflux les remporte, Cependant que leurs rois engagés parmi nous, Et quelque peu des leurs tous percés de nos coups, Disputent vaillamment et vendent bien leur vie ; A se rendre x^oi-mêpae en vain je \es convie ; Le cimeterre au poing ils ne m'écoutent pas : Mais voyaut à leurs pieds tomber tous leurs soldats. Et que seuls désormais en vain ils se défehdest, Ils demandent le chef, je me nomme, ils sa rendent ç Je vous les envoyai tous deux en même temps. Et le combat cessa, faute de combattants.