‹ Textes classiques de la littérature françaiseChapitre 173 sur 232 · XX. L'OURS ET LES DEUX COMPAGNONS · texte numérisé non relu

XX. L'OURS ET LES DEUX COMPAGNONS

Deux compagnons, pressés d'argent,

A leur voisin fourreur vendirent '^ La peau d'un ours encor vivant,

Mais qu'ils tueraient bientôt, du moins à ce qu'ils dirent C'était le roi des ours au compte de ces gens. Le marchand à sa peau devait faire fortune ; Elle garantirait des froids les plus cuisants ; On en pourrait fourrer plutôt deux robes qu'une. Dindenaut * prisait moins ses moutons qu'eux leur ours ; Leur^ à leur compte, et non à celui de la bête. S'oiTrant de la livrer au plus tard dans deux jours*

1. Les Titans, fils du Gel et de la Terre, tentèrent de détrôner Salurnef

Jupiter , âgé d'un an , les vainquit et les précipita dans le Tartare. -^

2. Au livre IV de Rabelais, Dindeiiaat vante en ces termes ses moutons

à Panurge, qui le prie de lui en vendre un : « Ce sont'moutonâ à la grande

laine. Jason y prit la toison d'or. L'ordre de la maison de Bourgogne en fa*

extrait : moutons de levant, moutons de haute futaie, moutons de baute

graisse; de la toison de ces moutons seront faits les fins draps de Rouen;

. de la peau seront faits les beaux maroquins, » etc. Panurge ne laisse pi

d'en acheter un; puis il le jette à la mer, et tous les autres y sauteal

après à îâ fi/e. « La foule èlail k (v^\ ç\mwt ^ ^vîv.Vfcmt «.^rès leur com-

pagaoB, » Cest de là que les iiniUle\iJ« ^otiN. «^^^Xiît^ -o^sw^'o^m ^^^-ï^^^

\ conviennent de prix, et se mettent en quête, 'ouTent Tours qui s'çLvance et vient vers eux au trot. )ilà mes gens frappés comme d'un coup de foudre. \ marché ne tint pas ; il fallut le résoudre ^ : intérêts contre l'ours 2, on n'en dit pas tm mot. un des deux compagnons grimpe au faite d'un arbre 1

L'autre, plus froid que n'est un marbre, ! couche sur le nez, fait le mort, tient son vent,

Ayant quelque part ou! dire

Que Tours s'acharne peu souvent ir un corps qui ne vit^ ne meut, ni ne respire, ligueur ours, comme un sot, donna dans ce panneau : voit ce corps gisant, le croit privé de vie ;

Et, de peur de supercherie, \ tourne, le retourne, approche son museau^

Flaire aux passages de Thaleine.

C'est, dit-il, un cadavre ; ôtons-nous, car il sent. » ces mots, l'ours s'en va dans la forêt prochaine, an de nos deux marchands de son arbre descend, lurt à son compagnon, lui dit que c'est merveille l'il n'ait eu seulement que la peur pour tout mal : Eh bien ! ajouta-t-il, la peau de Tanimal ?

Mais que t'a-t-il dit à l'oreille ?

Car il t'approchait de bien près,

Te retournant avec sa serre.

— Il m'a dit qu'il ne faut jamais indre la peau de Tours qu'on ne Tait mis par terre. »

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