On parie peu quand la vanité ne fait pas parler
138. On aime mieux dire du mal de soi-même que de n'en point parler.
139. Une des choses qui font que l'on trouve si peu de gens qui paraissent raisonnables et agréables dans la conversation, c'est qu'il n'y a presque personne qui ne pense plutôt à ce qu'il veut dire qu'à répondre précisément à ce qu'on lui dit. Les plus habiles et les plus complaisants se contentent de montrer seulement une mine attentive, en même temps que l'on voit dans leurs yeux el dans leur esprit un égarement pour ce qu'on leur dit, et une précipitation pour retourner à ce qu'ils veulent dire; au lieu de considérer que c'est un mauvais moyen de plaire aux autres ou de les persuader, que de chercher si fort à se plaire à soi-même, et que bien écouter et bien répondre est une des plus grandes perfections qu'on puisse avoir dans la conversation.
147. Peu de gens sont assez sages pour préférer le blâme qui leur est utile à la louange qui les trahit.
200. Ce qui nous empêche souvent de nous abandonner à un seul vice est que nous en avons plusieurs.
201. Nous oublions aisément nos fautes^ lorsqu'elles ti^ %<^wl%>&&'«i gue àe nous.
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204. Le désir de paraître habile empêche souvent de le devenir. 223. L'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu.
265. La gravité est un mystère du corps inventé pour cacher les défauts de Pesprit.
266. La flatterie est une fausse monnaie qui n'a de cours que par notre vanité. .
271. Ce qu'on nomme libéralité n'est le plus souvent que la vanité de donner, que nous aimons mieux que ce que nou3 donnons.
272. La pitié est souvent un sentiment de nos propres maux dans les maux d'autrui. C'est une habile prévoyance des malheurs où nous pouvons tomber. Nous donnons du secours aux autres pour les engager à nous en donner en de semblables occasions, et ces services que nous leur rendons sont, à proprement parler, un bien que nous nous faisons à nous-mêmes par avance»
273. La petitesse de l'esprit fait l'opiniâtreté : nous ne croyons pas aisément à ce qui est au delà de ce que. nous voyonç.
279. La jeunesse est une ivresse continuelle; c'est la fièvre de la raison.
302. Nous aimons toujours ceux qui nous admirent, et nous n'aimons pas toujours ceux que nous admirons.
303. Il est difficile d'aimer ceux que nous n'estimons point; mais il ne Test pas moins d'aimer ceux que nous estimons beaucoup plus que nous.
305. La reconnaissance dans la plupart des hommes n'est .qu'une forte et secrète envie de recevoir de plus grands bienfaits.
306. Presque tout le monde prend plaisir à s'acquitter des petites obligations : beaucoup^de gens ont de la reconnaissance pour les médiocres; mais il n'y a presque personne qui n'ait de l'ingratitude pour les grandes.
310. Quelque bien qu'on nous dise de nous, on ne nous apprend rien de nouveau.
311. Nous pardonnons souvent à ceux qui nous ennuient; mais nous ne pouvons pardonner à ceux que nous ennuyons.
312. L'intérêt, que l'on accuse de tous nos crimes, mérite souvent d'être loué de nos bonnes actions.
313. On ne trouve guère d'ingrats, tant qu'on est en état de faire du bien.
479. On est quelquefois un sot avec de l'esprit; mais on ne l'est jamais avec du jugement.
480. Nous gagnerions plus de nous laisser voir tels que nous sommes, que d'essayer de paraître. ce que nous ne sommes pas.
502. Il n'y a que les personnes qui ont de la fermeté qui puissent avoir une véritable douceur; celles qui paraissent douces n'ont,d'ordinaire que de la faiblesse, qui se convertit aisément en aigreur.
503. La timidité est un défaut dont il est dangereux de reprendre les personnes qu'on en veut corriger.
504. Rien n'est plus rare que la véritable bonté : ceux mêmes qui croient en avoir, n'ont d'ordm^vx^ c^mq de la complaisance ou de la
faiblesse.