IPHIGÉNIE
Le sujet d*Jphigénie est emprunté à Euripide; Racine explique dans sa préface pour quelles raisons il a cru devoir s'éloigner en quelques points de Téconomie de son modèle.
La flotte grecque rassemblée à Aulis sous le commandement d*Agamemnon est retenue dans le port depuis trois mois par un calme plat. Diane consultée a ordonné, par la bouche du devin Calchas, que Ton immolât sur son autel une fille du sang d'Hélène, que Von sacrifiât Iphigénie, Nul doute que cet oracle ne menace la fille d'Agamemnon.Le chef des Grecs, cédant aux instances d'Ulysse, a mandé à Clytemnestre de lui envoyer sa fille; il veut, a-t-il dit, Tunir à Achille avant de partir pour Troie. Mais la tendresse paternelle, un moment vaincue par l'ambition, a bientôt repris son empire : Agamemnon charge un serviteur fidèle, Arcas, de se porter à la rencontre de la reine et de rengager à retourner à Argos. Achille a changé de pensée, écrit-il à Clytemnestre, et le mariage projeté ne se fera pas. A peine vient-il de donner ses ordres à Arcas, qu'on lui apprend l'arrivée au camp de Clytemnestre etd'Iphigénie. Elles y amènent avec elles une jeune princesse, Ériphile, tombée au pouvoir d'Achille à Lesbos, et gardée dans Argos près de la fille d'Agamemnon. Ériphile vient consulter Calchas sur sa naissance mystérieuse, sur ses parents, qu'elle n^ajamais connus. Elle vient surtout revoir Achille qu'elle aime.
Arcas remet à Clytemnestre les lettres d'Agamemnon.
La reine, indignée du prétendu refroidissement d'Achille et
de la rupture d'un mariage glorieux, va quitter le camp-
Achille, qui ne sait rien du danger <\ue court Ipbigénie^l'y
retient par ses serments. Agamemnoxi TftuotkSi^^^ ^^^^^si^^
iane sa victime, ef ne s'inquiète plus que d'écarter au loins Clytemnestre de Tautel. Mais Arcas révèle à la reine
terrible secret dont il a reçu la confidence. Iphigénie est 'ête à mourir, puisque les dieux l'exigent, puisque la gloire *omise à son père est à ce prix Sa douleur résignée et împortement maternel de Clytemnestre ébranlent le cœur Agamemnon. Il se décide à faire une nouvelle tentative )ur sauver sa fille. Qu'elle fuie! le camp ignore encore la iponse de l'oracle, et ne sait pas par quel cruel sacrifice la mquête de Troie doit être achetée. Ériphile, dans un trans- )rt de jalousie, découvre à Calchas ce qui se trame à son sa. Les Grecs avertis se soulèvent, et s'opposent au déirtd'Iphigénie. En vain Achille et Clytemnestre jurent de
défendre contre toute l'armée, il semble que rien ne lisse plus la sauver. C'est au pied de l'autel^ au moment î frapper le coup mortel, que Calchas, éclairé tout à coup ir la déesse, explique et corrige son premier oracle. Le iDg que demandent les dieux, c'est celui d'une autre Iphi* mie, d'une fille de Thésée et d'Hélène, née d'un mariage îcret, le sang de cette même Ériphile qui est venue assisf à la mort de sa rivale. Ériphile furieuse saisit le coulau sacré et se frappe. Aussitôt le vent s'élève, les flots agitent, la flamme du bûcher s'allume d'elle-même, et autres signes merveilleux annoncent que la déesse est Uisfaite.