ACTE TROISIÈME
maintenant, nous sommes intentionnistes, nous avons des intentions...
EDGARD
Ça vous suffît...
MARIGNAN, appuyant le tableau sur le baquet.
Regardez, messieurs, regardez... c’est un tableau à deux fins...
EDGARD
Comment, à deux fins?...
MARIGNAN
Oui... regardez de ce côté... (Montrant la bande bleue.) C’est la mer, la mer immense... (Montrant la bande rouge.) illuminée par un magnifique coucher de soleil... Tour nez maintenant le tableau de l’autre côté... (Aidé par Miohu, il retourne le tableau; montrant la bande rouge.) C’est le
désert... les sables brûlants du désert... et au-dessus, (Montrant la bande bleue.) Un ciel d’aZUr.
LE MARQUIS
C’est admirable!
MARIGNAN
C’est original... Il n’y a pas de mal à mettre un peu d’originalité dans la peinture...
LE MARQUIS
C’est admirable, positivement... (changeant de ton.) Voulez-vous me permettre, monsieur l’artiste, de vous adresser une question?
MARIGNAN
Quelle question?
Pendant ce temps, Edgard s’en va tourner autour de Catherine.
Cet atelier n’est pas tout votre logement?
M ARIGNAN.
Il y a aussi ma chambre...
LA CIGALE
LE .MARQriS.
Votre chambre!... une chambre d’artiste!... Est-ce qu’il serait indiscret de vous demander à la voir?...
.M ARIGNAN.
Mais pas du tout, monsieur le marquis, pas du tout, et, si vous voulez...
LE MARQUIS
Si je veux?... je crois bien, que je veux!... (.Allant chercher Eiigard.) Viens aussi, toi, et regarde bien partout... EDGARD.
Oui, mon oncle.
M ARIGNAN.
Monsieur le marquis?...
LE MARQUIS
Nous venons !
M ARIGNAN.
C’est là...
LE M-\RQL’IS, en sortant par la droite.
Une chambre d’artiste!...
M ARIGNAN.
Que diable sont-ils venus faire chez moi, tous les deux?... Eh bien, eh bien... qu’est-ce qui leur prend... les voilà qui regardent sous le lit...
Il entre dans la chambre.