‹ Th Tre de Meilhac Et Hal VyChapitre 203 sur 375 · SCÈNE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE CINQUIÈME

Eh bien, je vais vous le dire.

LABORDERIE.

Je n’y tiens pas...

CHAMPVALLON

Mais moi, j’y tiens... ça me fait du bien de m’épancher, ça me calme, ça me soulage...

LABORDERIE .

Si c’est pour des raisons de santé...

C1IA.MPVALL0N.

On racontait dans cette lettre que j’avais une maîtresse et l’on donnait des détails...

LABORDERIE.

Je parie qu’il va me demander si je sais quels détails...

CHAMPVALLON

Oui, monsieur, l’on donnait des détails. Et savezvous...

LABORDERIE .

Là! encore... Non, je ne sais pas...

CIIA.MPVALLON.

On disait que cette maîtresse s’appelait Mimi Cassecou... qu’elle était lleuriste dans une petite boutique, et que j’avais promis de lui en louer une... plus grande... beaucoup plus grande...

LABORDERIE.

Tiens! c’est comme moi.

CHAMPVALLON

Vous dites?

LABORDERIE.

Seulement, moi, ce n’est pas dans les fleurs, c’est dans la parfumerie... Continuez... continuez.

LE PASSAGE DE VENUS

CIIAMPVALLON.

On allait jusqu’à tracer son portrait, à la fleuriste... elle avait le teint mat, les yeux noirs et très vifs, l'oreille petite, les dents superbes, le plus joli nez retroussé et les cheveux surtout... les plus adorables cheveux rouges.

LABORDERIE.

Oh!

Oui.

CIIA MPVALLOX.

LABORDERIE.

C’est vrai, pourtant, qu’il finit par m’intéresser!

CIIAMPVALLON.

On ajoutait qu’elle savait que j’allais me marier... qu’elle était décidée à empêcher ce mariage, et que, si l’on ne se dépêchait pas d’y renoncer, il y aurait du chambardement dans la cambuse... Voilà ce que disait la lettre anonyme... Eh bien, savez-vous ce qu’elle a fait, ma belle-mère, après avoir reçu cette lettre?

LABORDERIE, avec éclat.

Pour cela, oui, je le sais!... je le sais, parce que vous me l’avez dit... Elle vous a flanqué à la porte!

CIIAMPVALLON.

Sans vouloir m’écouter, monsieur, sans me laisser le temps de protester, de me défendre... C’est alors que je suis A'enu ici.

LABORDERIE.

Et que vous m'avez emprunté mon encrier?...

CIIA MPVALLON.

Il fallait bien écrire, puisqu’on ne voulait pas m'entendre... il fallait bien prouver que j'étais innocent...

Page 1