ACTE PREMIER
rOPOLANI.
Mais... vous vous trompez... je vous assure...
LE COMTE
Je sais qu’il ne faut pas examiner de trop près la conduite des grands... Ah! s’il s’agissait d’un simple charbonnier, il y a longtemps que... enlin, parlons d’autre chose... Ou’est-ce que tu viens faire ici?
l’UPULANI.
Chercher une rosière... une fantaisie de mon maître... il a envie d’en couronner une.
LE COMTE
Plût au ciel qu’il n’eût jamais songé à employer son temps d’une autre manière!
POPOLANI.
J’ai lancé une petite proclamation. Toutes les jeunes filles du village sont averties. Elles viendront ici dans un quart d’heure...
LE COMTE, en l'iant.
Les jeunes filles du village... et tu es sûr de trouver parmi elles?...
POPOLANI.
Dame! vous savez... sûr...
LE COMTE
Bah !... on est toujours sûr... Moi, quand, par hasard, mon maître, le roi Bobèche, a envie de couronner une rosière, j’ai un moyen pour en trouver une.
POPOLANI.
Quel moyen?
LE COMTE
Je rassemble un certain nombre de jeunes filles et je les fais tirer au sort.
POPOLANI.
C’est une idée.
LE COMTE
Excellente!... car elle répond à tout. S’il n’y a pas de rosière, on on trouve une tout de même... s’il y en a plusieurs, on en choisit une sans faire de jalouses.
POP OLANI.
C’est vrai... J’appliquerai votre idée.
LE COMTE
Tu feras bien... Parlons d’autre chose.
Il passe à droite.
POPOLAXI.
De quoi parlerons-nous ?
LE COMTE
Parlons de ce que je viens faire ici, moi ; j'y viens chercher une jeune princesse.
POPOLANI.
Quelle princesse?...
LE COMTE
La lille du roi, mon maître.
POPOLANI.
Je ne comprends pas.
Tu vas comprendre... 11 y a dix-huit ans, le roi eut une fille... Trois ans après, il eut un fils. A peine eutil eu ce fils c{ue l’idée de laisser la couronne à une femme lui devint insupportable. « Je veux que mon fils règne, disait-il, et non ma fille. » Je lui proposai d'établir ici la loi salique. i Aon, me dit-il, ne touchons pas aux coutumes de nos pères... mieux vaut nous débarrasser de ma fille. » Ce qui fut dit fut fait. On