UNE PAYSANNE
En voici une.
Elle va prendre la corbeille qui est sur la fenêtre de Fleurette, en retire les fleurs et la donne à Popolani.
POPOLANI.
Qui la tiendra?
LE COMTE
Moi! si vous le voulez...
POPOLANI, allant ti lui et lui donnant la corbeille.
Vous daigneriez, seigneur... (Bas, au comte.) Eh bien, vous ne reconnaissez pas?...
LE COMTE, bas.
Pas jusqu’à présent... mais je brûle... il y a quelque chose qui me dit que je brûle...
POPOLANI, bas.
Allons, tant mieux! (Lc comte passe près du greffier, qui met tous les noms dans la corbeille. — Haut.) Le tirage annoncé va avoir lieu, mesdemoiselles. Le premier nom sortant gagnera la rose... le premier nom, vous entendez !... Les ordres de mon maître sont qu’immédiatement après le tirage, la rosière soit conduite chez elle en grande pompe, et revêtue d'habits somptueux. Ensuite, elle sera amenée en présence de haut et puissant seigneur de Barbe-Bleue, qui la couronnera de ses propres mains... Attention, mesdemoiselles, ça va commencer... Pour décerner le prix de l’innocence, il nous faudrait une main innocente.
BARBE-BLEUE
BOULOTTE, s'avançant.
Voilà !
TOUTES
Voilà!... voilà!... voilà!...
POPOL.\Nl.
.Je veux dire la main d’un enfant... (En voyant un à droite.) En voici un, justement. Approche, mon enfant... approche! n’aie pas peur!