ACTE DEUXIEME
POPOLANr.
Pas poison... narcotique... vous, pas morte... vous dormir.
BOULOTTE
Dormir ?...
POPOLANI.
Oui, tout à l’heure dormir... réveillée maintenant par petite machine.
C’est sérieux, au moins ?
POPOLANI.
Me croyez-vous homme à vous faire une pareille fa rce ?
BOULOTTE, avec joie.
Je ne suis pas morte, alors ?... je ne suis pas morte?...
POPOLANI.
Pas plus morte que les cinq autres femmes de Barbe-Bleue !
BOULOTTE
Les autres femmes?...
POPOLANI .
Vous avez cru qu’elles étaient...
BOULOTTE
Oui... on le croit.
POPOLANI.
On se trompe... Au fond, je suis le meilleur homme du monde... plein de cœur, Popolani, plein de cœur... et d’électricité !... 11 y a trois ans, le sire de Barbe-Bleue m’ordonna de tuer sa première femme... C’était Héloïse... Je fus humain... je me contentai de lui administrer une drogue qui ne la tua que pour une demiheure. Quand elle revint à elle, je lui tins à peu près ce
langage : « Ma petite chatte, entendons-nous bien... voulez-vous remourir, pour tout de bon, cette fois, ou bien consentir à être gentille avec Popol... et à faire son petit besigue, comme Odettê avec Charles Yl?... »
BOULOTTE
Vous lui avez dit ça ?