ACTE TROISIEME
LA PRINCESSE
Jamais !
CLÉMENTINE et LE CHŒUR.
Jamais !
BARBE-BLEUE
COUPLETS
J'ai, pas bien loin dans la montagne,
Un petit gros de cavaliers.
Plus dix obusiers de campagne.
Servis par mes fiers canonniers,
Force artilleurs.
Et tirailleurs!
TOUS
Que c’est comme un bouquet de fleurs.
J’ai des gens portant hallebardes,
J’ai des gens portant mousquetons.
J’ai le régiment de mes gardes,
J’ai mes lanciers et mes dragons,
Mes éclaireurs,
Et mes sapeurs!
TOUS
Que c’est comme un bouquet de fleurs ! BARBE-BLEUE.
Bref, mes chers seigneurs, refusez.
Et vous serez pulvérisés!
Je vous tiens dans ma main!
LE COMTE, bas, à Bobèche et à Saphir.
Ce n’est que trop certain.
BOBÈCHE
Hélas!
Qui nous tirera d’embarras ?
S.APIIIR, à Bobèche.
Moi, si VOUS voulez.
BARBE-BLEUE
Je veux bien.
Jeune homme, quel est ton moyen ?
S.\PniR, allant à Barbe-Bleue.
Pour t’arracher ma douce amie,
A toi, félon, j’adresse ce cartel.
Et sous ses yeu.v je te défie.
Non dans un vain tournoi, mais au combat mortel!
(Le comte remonte et va prendre deux épées de la main d'un page.)
BOBÈCIIE, gaiment.
Un duel ! un duel !
C’est charmant! ça va nous distraire!
SAPHIR, à Barbe-Bleue.
Acceptes-tu ?
BARBE-BLEUE
J’accepte, téméraire.
(Le comte leur remet à chacun une cpée et retourne à la droite de Bobèche.)
BOBÈCHE, toujours gaiment.
Tout est pour le mieu.x, ballez-vous :
Le vainqueur sera son épou.v!
BARBE-BLEUE et SAPHIR.
Le ciel juge entre nous!
LE CHŒUR
Le ciel juge entre vous!
BOBÈCHE, au comte.
Nous, prudemment, éloignons-nous.
Pour ne pas attraper de coups.
(Ils se retirent à gauche.)
C L È M E N T 1 N E , à sa fille.
Nous, mon enfant, prions pour eux!
(.Elles se retirent à droite.)
BOBÈCHE, à Saphir et à Barbe-Bleue .
Et maintenant, allez, messieurs!
(Le combat commence.)