ACTE DEUXIEME
LA CIGALE, tirant de sa poche son vieux jeu de cartes du premier acte.
Oui, j’en suis sûre... mes cartes me l’ont dit...
LA BARONNE
Tes cartes?...
LA CIGALE
Oui... (Commençant à les étaler sur la table.) Tenez, VOUS
allez voir...
LA BARONNE
Tes abominables cartes!... je croyais t’avoir ordonné de les jeter au feu...
Elle veut les prendre, mais la Cigale, plus vive, les prend avant elle. L.t CIGALE, très animée.
Jamais... par exemple! Je vous aime bien, petite tante, oh! oui, je vous aime bien! mais jamais vous ne me ferez renoncer à mes cartes... jamais, quant à ça, jamais, jamais !
DULCüRE; se jetant entre les deux femmes.
Mademoiselle!... madame la baronne!... je vous en prie...
LA BARONNE
Eh bien... c'est bien... garde-les, mais, en attendant que ce qu'elles ont annoncé se réalise, lu me promets, toi, de ne rien faire qui puisse empêcher ce mariage?... Tu seras gentille?...
LA CIGALE
Je vous le promets.
C’est très bien. Je ne t’en demande pas davantage pour le moment.
Entrent le marquis et Edgard, par la droite. Ils descendent lentement, le marquis ayant passé sous sou bras gaucho le bras droit d'Edgard et le
LA CIGALE
tenant très serré. — Pendant les réjiliqucs suivantes, la baronne donne H la Cigale une petite leeon do maintien, lui montrant comment il faut se servir de son éventail, etc. Dulcoré, lui, s'est assis à la table du milieu et examine des papiers qu'il a tirés de son iiortefeuille.