LES HYPERBORÉENS
Voici un peuple d'autant plus intéressant pour nous qu'il habitait vers le nord^ bien
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qu'on n'ait pas pu déterminer exactement les lieux qu'il oc(:upait. Ce peuple , au rapport des principaux historiens de Tantiquîté , envoyait , Ions les ans , au temple d'Apollon ^ à Délos^ les prémices de ses fruits. Or y on sait que ce tam[4e , que Pjthagore embrassa arec trans* port, était le seul où le sang des animaux ne fât point versé. Je vais citer un fragment d'un hymne de Callimaque ^ où ce fait est rapporté; c^esl lecinquième^en l'honneur de Délos. a ...Tu dis , et l'en&nt suça tes mamelles. Dès- » lors tu fus nommée la plus sainte des Ues « la nourrice d'Apollon^ Jamais Bellone^ jamais )) la Mort ni les cottrsiâ:^ de Mars, n'ont ap- » proche de tes bords ; mais chaque année )) les nations t'envoient 1^ prémices et la » dlme de leQrs fruits. Du couchant à l'aurore , » do nord a^ midi , tous les peuples, jusqu^à » ceux qui ^ les plus antiques de tous , habi . » tent des climats hyperboréens, célèbrent dés » fêtes en toa honneur. Ceux-ci même sont » les plus empressés à t'apporter leurs épis et
^ Callimaque était de CTrèHe. B est mis au premier rang des poètes âégiaques par Qaintilieii , et Horace De rdt audessus de lai que Mimnerme. D est plus que prôblable, dit Dathcâ, dont j'emplo&e la traiductioo, que ses pnocipes au doaà étaient la mêmes que cet^x des pjthagoriciens.
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» leurs gerbes^ pr^ds nés dans un dioiaf » lointain , et que les gardien^ austères de )) Furne fatidique ( les Pélasges) reçoivent » d'abofd à Dodone poui* les porter ensuite )) au séjour montuenx et sacré des Mâiens , » qui y fi^nchissant la mer , les transmettent )) aut Abantes, dans les plaines charmantes » de Lelas , d'où le trajet est court jusqu'à toi, «. puisque les ports de llËubée sont voisins de » les côtés. »
En' supposant que le poète n'ait point exagéré, et tous les faits connus prouvent qu'il a dit vrai, voilà une grande partie de la terre qui était soumise au régime des herbes. On ne peut en douter , quant aux Hyperboréens ,, avtx Pélasges y dont nous parlerons bientôt , et à tous les peuples chez lesquels passaient de main en main les offrandes qu'on envoyait au temple de Délos. La vue s'arrête avec plaisir sur un si doux spectacle.
On voit que ce tableau d'une vie exempte de meurtre avait frappé vivement les anciens. Non-seulement ils croyaient que par oe moyen les hommes avaient été tirés d'un état abject et misérable , mais encore que celte influence s'était étendue jusqu'aux animaux. Ils attribuaient aux fondateurs de ces divins
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préceptes la puissance d'adoucir les tigres et les lions qu'ils attelaient à des chars avec W* qoeb ils visitaient leis peuples y étonnés def ces métamorphoses. Relativement aux Hjperboréens, chez lesquels ces animaux féroces n'existaient point, ib imaginèrent des rapports moins extraordinaires ^ mais qui avaient le même fondement; ils dépeignaient les cygûes , à certaines époques^ qcdttant en troupes les lacs des monts Riphées y pour venir auprès des hommes et se mêler à leurs jeux ; on les représentait même les suivant dans lés temples , mêlant leur voix (qae plusieurs leur ont refusée) à celle des prêtres ^ et vodant à ^t*avers les nuages des parfums. Ce sont des images touchantes de rheurense confraternité qui aurait uni tous les êtres ^ si Thomme l'eût voulu. Du reste, nous pourrions hien n'être point nous-mêmes étrangers à ces peintures , puisque nous savons par Platarque que des colonies gauloises , à une époque très-reculée , traversèrent les monts Riphées , s'avançant vers le nord, où elles formèrent des établissemens. Ces Gaulois, instruits par les druides à vénérer la nature v^étale y durent trouver des frères dans les Hyperbo-
Pai dit qu'on ne pouvait avoir aucune espèce
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de doute sur la manière de vivre des Hyperboréens ; ep voici la preuve la plus évidente , elle nous est fournie par Clément d'Alexandrie dans ses Stromates 'j liv. 1 , page 59 et 60, Ce savant homn^e cite a ce suj^t Hellenicus , lequel dit^ en parlant des Hyperboréens y qu'ils pratiquent la justice , s'abstiennent de viapde^ et ne vivent que de fruits. Voici ses propres paroles , dans 1^ traduction la|ine : Hellenicus autem scribU Hjperboreos habitasse ultfà Biphœos momes , doceri autem ipsos justitiam , non vescentes carnibus , sed arboreumfructibus. Théodoret içn parle absolument de la même manière 4ans ^ Philotée, ou Tbistoire des apacborètes de son temps.
Toutefois 9 malgré ces témoignages^ on n'a pu savoir exactement où étaient ces monts Riphées. L'opinion la plus vraisemblable est que ce sont les montagnes jtjui s'étendent de la. Mer Caspienne à la Mer Glaciale (19). Alprs, pour arriver à leur destination , les envoyés des Hyperboréens passaient le Tanaïs^ longeaient les Palus Méotides, -entraient dans la Mysie ^ traversaient la Ms^cédoine et la Thessalie , et arrivaient dans l'EpIre , où tes Pélasges recevaient leurs offrandes^ qu'ils faisaient passer de main en m^in jusqu'à Délos. Antérieurement
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ces offrandes étaient portées à Délos même par qaatre vierges parties du pays des Hyperbdréens ; elles y mom^urent de Texcès de leurs fetigaes^ et leurs noms y furent religieusement conservés ; mais dès-lors il fut résolu qu*on ne dépasserait point la forêt de Dodone. Ce trajet âait encore bien long ; mais les longs voyages n^étonnaient point les anciens ^ surtout lorsqu'ils avaient un si noble motif. De nos jours mhne , pour les simples relations de commerce , on voit y dans ces mêmes montagnes, les marchés d'Orembourg attirer des hommes de toutes les parties dq la terre; on y vient du pied de la grande muraille de la Qiine , et quelquefois des extrémité de rindc.