‹ Thalysie; ou, La nouvelle existenceChapitre 3 sur 39 · II 1 PREFACE · texte numérisé non relu

II 1 PREFACE

suite à rhomme libre ^ et pousse même la démence jusqu à refuser la liberté y si elle lui est offerte j et lui préférer la servitude.

Ce n est point que tous les hommes se soient laissé emporter volontairement par cette pente funeste : un grand nombre a lutté contre ellej mais ces divers efforts ont ressemblé au remous du fleuve j qui finit par ressaisir toutes les eaux divergentes et les entraîner avec lui dans les gouffres de TOcéan.

Ou si quelques-uns se sont élevés et maintenus au-dessus du courant rapide, il nen est résulté aucun avantage pour le genre humain, qui n'en a pas été moins abandonné à lui-même.

On distingue trois sages dans toute retendue des siècles :

Pythagoran, Anyliqtie reufnj doctumque Plaiona,

Or / le plus renommé des trois a posé en principe qu il fallait garder avec Terreur des tnénagemens. Quand même Pythagore

FRÉFÂCE. m

ne serait point convaincu d avoir émis cette opinion avant Socrate ^ il est certain y ce qui reviendrait an même ^ qu il avait une doctrine secrète. Enfin Platon, écrivant au jeune Denis , lui marque qu il sait la vérité, mais qu il se gardera bien de la dire. Ces trois grands hommes , d^accord sur nn même point, ont-Us pu se tromper, se sont-ils trompés réellement? Uétatdu genre humain dépose évidemment de leur erreur. Qet état est en effet si alarmant, malgré quelques améliorations apparentes, qu^il pourrait paraître désespéré , s'il était sûr que les hommes eussent acquis toute leur science j mais heureusement qu'il en est une, la plus essentielle de toutes, et sans laquelle les autres ue sont rien , qu ils ignorent entièrement. Cette science est précisément celle que ces grands hommes avaient entrevue, et dont ils s'étaient réservé la jouissance^ et c'est cette science, on plutôt cette sagesse qiie je publie,, car on sait que chez les anciens ces deux

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