SCÈNE VIII
GAVINEAU, puis BOUDAREL.
GAVINEAU.
Jamais... c'est ce que nous verrons, sacrebleu ! Quand Gavineau entreprend quelque chose, il réussit toujours... Il serait trop fort que ces pauvres enfants fussent victimes des escapades ridicules de ces gens-là! (a Boudarei.) Tiens, Boudarel, vous voilà revenu... Ça tombe joliment bien.
BOUDAREL.
J'avais oublié mon parapluie, et comme la bonne
LE LÉZARD
m'a dit que vous étiez seul au salon, je me suis risqué... Vous avez été un père pour moi, cher monsieur Gavineau, mais vous avez vu l'accueil; on me repousse. Je suis désespéré, d'autant plus qu'il n'y a rien à faire...
GAVINEAU.
Rien à faire? C'est ce qui vous trompe. D'abord, permettez-moi de vous féliciter sur votre discrétion, votre réserve!... Elles sont professionnelles, je lésais, mais n'en sont pas moins louables...
BOUDAREL.
Je ne comprends pas...
GAVINEAU.
Je comprends, moi, ce'a me suffit, (a Boudarel qui fait un mouvement.) Je sais tout. Mais vous pensez bien que ça ne se passera pas comme ça... Je me suis mis en tête de vous marier, et je vous marierai, que diable! Pourtant, je suis surpris que vous... qui avez vu de près tant de mystères parisiens... tant de ménages disloqués... vous ayez eu l'idée de convoler à votre tour... C'est curieux... Je ne veux pas vous dégoûter, certe?, et puis je sais qu'avec Henriette, une perle, vous n'avez pas à craindre... mais c'est égal, ça m'aurait fait un autre effet... Après ça, vous savez, il y a des locomotives qui déraillent et ça n'empêche pas de prendre le train.
BOUDAREL.
Je vous affirme qu'on exagère... Cependant on[fe-
rait pas mal de monologues avec ce qui se passe à la Poste Restante.
GAVINEÀU.
Il ne pense qu'aux monologues, ce garçon-là !
BOUDAREL.
Ainsi, tenez, dernièrement, une bien bonne...
GAVINEAU.
Il ne s'agit pas de ça... mais d'un plan que j'ai dans la tête.
Il continue tout bas.