HÉGÉSIPPE MOREAU
Amour à la fermière ! elle est
Si gentille et si douce !
C'est l'oiseau des bois qui se oUît
Loin du bruit dans la mousse ; Vieux vagabond qui tend la main ^^^
Enfant pauvre et sans mère, Puissiez-vous trouver en chemijri.
La ferme et la fermière 1
De l'escabeau vide au loyer
Là le pauvre s'empare, 15
Et le grand bahut de noyer
Pour mi n est point avare ; C'est là qu'un jour je vins m'asseoir
Les pieds blancs de poussière ; Un jour. . . puis en marche et bonsoir 20
La ferme et la fermière !
Mon seul beau jour a dû finir,
;^inir dès son aurore ; Mais pour moi ce doux souvenir
Est du bonheur encore ; 25
94 FRENCH READER— FARl IV
En fermant les yeux, je revois L'enclos plein de lumière,
La haie en fleurs, le petit bois, La ferme et la fermière i
Si Dieu, comme notre curé
Au prône le répète, Paye un bienfait (même égaré)
Ah ! qu'il songe à ma dette !
Qu'il prodigue au vallon les fleurs, I La joie et la lumière,
Et garde des vents et des pleurs
La ferme et la fermière !
Ma chansonnette, prends ton vo) î
Tu n'es qu un faible hommai^e ; Mais qu'en avril le rossignol
Chante et la dédommage ; Qu'efl'rayé par ses chants d'amour.
L'oiseau du cimetière.
Longtemps, longtemps se taise pour
La ferme et la fermière !