VICTOR HUGO
Donnez, riches ! L'aumône est sœur de la prière. Hélas ! quand un vieillard, sur vo're seuil de pierre, Tout raidi par l'hiver, en vain tombe à genoux ; Quand les petits enfants, les mains de froid rougies, Ramassent sous vos pieds les miettes des orgies, La face du Seigneur se détourne de vous.
Donnez ! afln a us Dieu, qui dote les familles. Donne à vos fils la force et la grâce à vos filles ; Afin que votre vigne ait toujours un doux fruit ; Afin qu'un blé plus mûr fasse plier vos granges ; Afin d'être meilleurs ; afin de voir les anges Passer dans vos rêves la nuit !
Donnez ! il vient un jour où la terre nous laisse. Vos aumônes là-haut vous font une richesse. Donnez ! afin qu'on dise : "lia pitié de nous ! " Afin que l'indigent que glacent les tempêtes, Que le pauvre qui souffre à côté de vos fêtes. Au seuil de vos palais fixe un œil moins ja!oux !