ACTE DEUXIÈME. bî
DUMÈRES.
C'est encore plus beau.
LE DUC
Oui, c'est beau, mais c'est insensé. Il manque un mariage superbe... et charmairt peut-être 1 II manquera tous les mariages à présent !
DUNIÈRES.
Voyons, voyons, n'allons pas si vite I Est-il tout à fait ruiné ?
LE DUO
Au train dont j'ai été, il doit l'être.
DUNIERES.
Alors, embrassez-moi, c'est vous qui le mariez !
Je vous embrasserai après, quand j'aurai compris.
DUNIÈRES.
Figurez-vous que mademoiselle de Saintrailles est... comment dirai-je? une âme chevaleresque, une héroïne... légendaire I voilà le mot! Elle ne voulait épouser qu'un homme ruiné I... mais ruiné par quelque noble sacrifice. Voilà son affaire !
LE DUC
Mais, alors, ce n'est pas vous qu'il faut e mbrasser, c'est mademoiselle de Saintrailles !
DUNIÈRES.
Ohl...
LE DUC, passant & droite.
Laissez-moi dire des folies ! Vous me faites un bien I... Ainsi, en ruinant mon frère, je l'ai enrichi ?
DUNIÈRES.
Probablement I mais ne recommencez pas.
LE DUC
Oh! à présent, à moins d'être un malhonnête homme...
DUNIÈRES.
C'est juste; on peut être tranquille. Dépêchez-vous d'amener Urbain ici sous un prétexte.
LE DUC
Il n'y a pas besoin de prétexte! du moment que je lui dirai le caractère de la jeune personne, il voudra certainement voir sa figure.
Allez donc !
LE DUC, passant & gauche.
Jte vole! Mais suis-je heureux, moi! { s'arrétant.) Dites donc, Dunières; et on prétend que la vertu porte bonheur!
DUNIÈRES.
Vous en êtes bien la preuve! Mais courez donc, ces dames
viennent ici. (Le duc sort par le fond. — La marquise et Diane entrent par la gauche.)