PIERRE, CAROLINE, URBAIN
Au lever du rideau, Caroline écrit à la clarté de la lampe. — Urbain dort sur le canapé. — Les rideaux sont baissés aux deux fenêtres. — Il fait sombre. — On voit le jour à l'extérieur quand on ouvre la porte du fond.
PIERRE, n entre du fond, parle et marche avec précaution.
11 dort toujours?
CAROLINE
Oui, il est très-calme.
PIERRE
Ça fait bientôt huit heures que vous êtes là sans dormir, vous!
CAROLINE
Déjà? J'ai écrit des lettres, à ma sœur, à ta femnae; tu les
feras partir. (Elle les lul donne et se lère.) PIERRE.
Oui, mademoiselle. Merci pour ma femme, (n remonte.) Il faudrait vous reposer!
CAROLINE
Non, je veux voir le médecin.
PIERRE
M. le marquis n'a rien que de la fatigue. Voilà peut-être trois
nuits qu'il n'avait fait que marcher dans sa chambre. Avec ça écrire toute la journée... On se trouverait mal à moins.
CAROLINE, «'approchant du canapé.
Pierre... est-ce que tu crois... qu'il a du chagrin?
PIERRE, avec intenUon.
Ça, mademoiselle, ça ne regarde que les personnes de la famille.
CAROLINE
Tu as raison, ça ne nous regarde pas! Tu sais qu'il ne faut rien dire à sa mère ?
PIERRE
Je sais; elle n'est pas raisonnable.
CAROLINE
Écoute!... je crois qu'on marche dans la galerie.
PIERRE, aUant à la porte de la gralerie.
J'ai déjà entendu ça.
CAROLINE
Est-ce le duc?
PIERRE
Non.
CAROLINE
N'importe, tu devrais aller un peu au-devant de lui; il ne
faut pas qu'on l'entende rentrer. ( pierre sort par le fond et rencontre le duc à la porte ; U lui parle bas. — Caroline retourne s'asseoir près du bureau. )