ACTE QUATRIÈME
Lit: DtIG.
Ce que tu viens de dire est le cri de l'arnour qui se dévoue, ne t'en défends plusl Moi, je t'ai exaspéré sans le vouloir, sans m'en douter... Je t'en demande pardon; j'aurais dû comprendre plus tôt,
URBAIN
Gaétan, j'ai été odieux I J'étais fou, j'avais le délire... Je suis
bien malheureux, val (II fond en larmes et tombe sur la chaise à gauche.) LE DUC, près de ]ui.
Allons, pas de faiblesse , voyons I Toi, si courageux I
URBAIN
Laisse-moi être faible I il y a si longtemps que j'ai l'air d'être fort !
LE DUC
Au fait, oui; pleure, ça te soulage; mais tâchons de parler raison. Sache d'abord que, hier au soir, c'est Pierre qui a accompagné mademoiselle de Saint-Geneix à la promenade, (urbain se lève.) Tu as cru que j'arrangeais un tête-à-téte pour moi... C'est absurde! Oublions ça à tout jamais. Moi, comme je n'ai pas envie que ça recommence, je te déclare et je te jure que je n'aurai plus la moindre velléité d'amour et de mariage pour mademoiselle de Saint-Geneix.
URBAIN
A quoi bon ce sacrifice, puisque...?
LE DUC
11 servira à ne pas te faire souffrir et à ne pas troubler notre amitié. J'en ai assez, moi, vois-tu, du chagrin de cette nuit! C'est trop lourd pour moi , j'en deviendrais fou ! Le sacrifice, d'ailleurs, n'est pas immense, puisque mademoiselle de Saint- Geneix n'a seulement pas compris qu'elle me plaisait. Et puis, tu l'as dit et tu as raison, je ne suis pas. inconsolable , je ne suis pas tenace. Avec un peu de bonne volonté , et le ciel aidant, je serai amoureux d'une autre peut-être avant huit jours.
un BAIN.
Non, non, épouse Caroline. Je la surmonterai, cette jalousie honteuse, égoïste! Jamais elle ne se doutera que je l'ai aimée, et je détruirai cela en moi; j'en ferai de la cendre, je te le jure! C'est elle, mon ami, c'est Caroline qu'il faut aimer sérieusement et pour toujours.. Elle est digne de porter ion nom ; elle entourera notre mère de soins et de bonheur; elle te fixera, toi; elleest forte et elle est tendre; elle a une intelligence d'élite, uneinstruction rare, d'immenses ressources dans l'esprit; et tout cela avec une adorable simplicité. Elle est active,, énergique, dévouée, généreuse... Enfin...
LE duc:
Enfin ttt l'adores, et c'est pour cela qu'il faut que je l'épouse f C'est insensé! Veux-tu que je tele dise? depuis hier, je croi^qu'elle t'aime.
URBAIN
Ah ! comme tu te trompes !
LE DUC
A Paris,, pourtant...
URBAIN
A Paris, elle m'estimait^ rien déplus; et, depuis, elle m*a témoigné une froideur.... presque blessante.
LE DUC
Parce qu'elle s'est aperçue de- ton amour,, et, comme elle est fière et loyale, elle a voulu te contraindre à porter tes vues versmademoiselle de- Saintrailles.
URBAIN, Twernent.
Ohfsi cela était I...
PIERRE, entrant par le fond.
M. le comte de Dunières est au salon et demande à parler à M. le duc.
LE DUC
Diable! il est matinal Jui! (a pierre.) J'y vas. (Pimc ferme le paravent et sort par le fond.) Tu vois qu'ou est pressé là-bas d'avoir uœ