SCÈNE X MONSIEUR GRIMARD, CÉCILE
CÉCILE. — Mais, si je reste avec vous, petit oncle, qui me fera lire, écrire, étudier?
MONSIEUR GRIMARD. — Moi.
CÉCILE. — ^ Comme je suis contente! Je m'ap-
[•liquerai bien, vous verrez. — Esl-ce que vous m apprendrez aussi la musique?
MONSIEUR GRiM-VRD. — Je ne la sais pas. Tu auras un maître.
CÉCILE. — Vous avez un piano?
MONSIEUR GRiMARD. — J'en achèterai un.
CÉCILE. — Que vous êtes boni que vous êtes
11, mon oncle! Puisque je reste, finissez l'his-
ire.
MONSIEUR GRIMARD. — L'histoipe? ah! oui. Eh
a, ce vieillard était très malheureux d'être
il; mais, un jour, une petite fille... blonde... mche... aimable comme toi, vint le trouver! \'A\e resta avec lui, et il fut heureux. Voilà.
CÉCILE. — Il est très joli, ce conte, mais il L:>t trop court. Que devint la petite fille?
MONSIEUR GRIMARD. — Elle grandit, elle embeUit.
CÉCILE. — Et puis?
MONSIEUR GRIMARD. — Et puis, rien.
CÉCILE. — Est-ce qu'il ne vint pas un beau prince qui voulut l'épouser?
MONSIEUR GRIMARD, douloureusement. Ah!
CÉCILE. — Qu'avez-vous?
MONSIEUR GRIMARD. — Rien. Tu a» raison,
est comme ça que finissent les contes. H vint
11 beau prince qui prit la jeune fille, et le pauvre
vieux resta de nouveau seul et plus malheu-
''IIX qu'avant. (W se couvre les yeux de la main.)
CÉCILE. — Je n'aurais pas fait comme la jeune fille, moi. Je n'aurais pas laissé le bon vieillard, j'aurais plutôt renvoyé le prince.
MONSIEUR GRiMARD. — Chère enfant! {ii l'embrasse.) {A part.) Elle me quittera sans doute un jour; mais, n'importe, elle me donnera auparavant bien des joies. i^Haut.) Eh! Jean!