‹ Théâtre à la maison et à la pensionChapitre 25 sur 109 · SCÈNE X MONSIEUR GRIMARD, CÉCILE · texte numérisé non relu

SCÈNE X MONSIEUR GRIMARD, CÉCILE

CÉCILE. — Mais, si je reste avec vous, petit oncle, qui me fera lire, écrire, étudier?

MONSIEUR GRIMARD. — Moi.

CÉCILE. — ^ Comme je suis contente! Je m'ap-

[•liquerai bien, vous verrez. — Esl-ce que vous m apprendrez aussi la musique?

MONSIEUR GRiM-VRD. — Je ne la sais pas. Tu auras un maître.

CÉCILE. — Vous avez un piano?

MONSIEUR GRiMARD. — J'en achèterai un.

CÉCILE. — Que vous êtes boni que vous êtes

11, mon oncle! Puisque je reste, finissez l'his-

ire.

MONSIEUR GRIMARD. — L'histoipe? ah! oui. Eh

a, ce vieillard était très malheureux d'être

il; mais, un jour, une petite fille... blonde... mche... aimable comme toi, vint le trouver! \'A\e resta avec lui, et il fut heureux. Voilà.

CÉCILE. — Il est très joli, ce conte, mais il L:>t trop court. Que devint la petite fille?

MONSIEUR GRIMARD. — Elle grandit, elle embeUit.

CÉCILE. — Et puis?

MONSIEUR GRIMARD. — Et puis, rien.

CÉCILE. — Est-ce qu'il ne vint pas un beau prince qui voulut l'épouser?

MONSIEUR GRIMARD, douloureusement. Ah!

CÉCILE. — Qu'avez-vous?

MONSIEUR GRIMARD. — Rien. Tu a» raison,

est comme ça que finissent les contes. H vint

11 beau prince qui prit la jeune fille, et le pauvre

vieux resta de nouveau seul et plus malheu-

''IIX qu'avant. (W se couvre les yeux de la main.)

CÉCILE. — Je n'aurais pas fait comme la jeune fille, moi. Je n'aurais pas laissé le bon vieillard, j'aurais plutôt renvoyé le prince.

MONSIEUR GRiMARD. — Chère enfant! {ii l'embrasse.) {A part.) Elle me quittera sans doute un jour; mais, n'importe, elle me donnera auparavant bien des joies. i^Haut.) Eh! Jean!

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