‹ Théâtre à la maison et à la pensionChapitre 57 sur 109 · LÉON, HECTOR, AUGUSTE · texte numérisé non relu

LÉON, HECTOR, AUGUSTE

AUGUSTE, à Léon. — As-tu VU le nouveau?

LÉON. — Oui, comme il entrait chez le directeur. Il est tout petit : on lui donnerait dix ans.

HECTOR. — Il en a treize; mais, en général, les Grecs ne sont pas grands.

AUGUSTE. — Il est Grec?

HECTOR. —Oui, mon oncle connaît sa famille. Il est d'Athènes.

LÉON. — En voilà une de chance! savoir le grec en naissant! Ce n'est pas à nous autres que ça arriverait. Il va nous enfoncer tous.

HECTOR. — Si tu crois qu'on parle encore à Athènes le grec d'Homère? Est-ce qu'on parle le latin à Rome?

LÉON. — C'est vrai, mais ça l'aidera tout de même beaucoup.

HECTOR. — Nous nous rattraperons sur le latin.

LÉON. — Le latin n'est déjà pas si facile !

AUGUSTE. — Comment est-il, ce nouveau?

LÉON, moqueur. — Cette qucstiou! — Commc toi et moi : deux pieds, deux mains, un nez...

AUGUSTE. — Jocrisse, va! — Je te demande quelle mine?

LÉON. — Très brun, des cheveux qui bouclent, des yeux grands comme des portes cochères.

AUGUSTE. — C'est très laid, les grands yeux : ça a l'air bête.

HECTOR, avec malice. — C'cst CC qUC trOUVCUt

ceux qui en ont de petits.

AUGUSTE. — Les cheveux bouclés, les grands yeux, c'est bon pour les filles. Pour un garçon, il n'y a rien d(; plus laid que d'être joli.

HECTOR. — A ce compte, je sais quelqu'un qui est superbe.

AUGUSTE. — Enfin, je le déteste, l'Athénien.

LÉON. — Moi, je ne l'aime que tout juste.

HECTOR. — Moi, je m'appelle Hector; naturel-

LE NOUVEAU

lement, je suis contre les Grecs. Au reste, je ne pense pas qu'il trouve un patron chez nous.

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