‹ ThéâtreChapitre 131 sur 210 · ACTE III, SCÈNE V. sit · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V. sit

Je te connais toujours; Je veux te le prouver.

SERVILIUS

Tranchons ces vains discours.

Prouve-moi seulement que tu n'es pas coupable.

Tu me soupçonnerais !

SERVILIUS

D'un crime abominable.

Achève.

SERVILIUS

De vouloir régner sur ton pays.

MÉLIUS

S'il était vrai ?

SERVILIUS

Suis-moi.

MÉLIUS

Je l'avoue à mon fils.

Je ne le fus jamais , traître !

MÉLIUS

Tu les encore.

SERVILIUS

Moi , le fils d'un tyran î

MÉLIUS

Je t'aime.

212 CINCINNATUS

SERVILIUS

Je t'abhorre.

MÉLIUS

Je t'aime , dis-je ; un mot suffit pour le prouver : Tu ne saurais me nuire , et je veux te sauver.

SERVILIUS, avec emportement.

Suis-moi.

MÉLIUS

Jeune insensé , cet ordre téméraire , Plus souvent répété , pourrait bien me déplaire. Penses-tu qu'assuré du souverain pouvoir, Prêt à donner des lois , je veuille en recevoir ? Oui, dans une heure, ici je ceins le diadème; Et l'armée, et le peuple, et le sénat lui-même, Sont remplis des soutiens de mes vastes projets. Enfin, ton dictateur est un de mes sujets.

SERVILIUS, plus fortement.

Suis-moi !

MÉLIUS

Ma fille t'aime , ingrat ; je te la donne. Je veux, en t'assurant sa main et ma couronne, T'arracher à la mort qu'en ce moment d'effroi Tous tes républicains vont recevoir.

SERVILIUS, lirant son épée.

Suis -moi î

MELIUS, se jetant au milieu du peuple.

Que vois-je ! tu veux donc que je te parle en maître ? A moi , concitoyens ! à moi , Romains !

Page 1