ACTE II, SCÈNE VIII
Ont pu charger de fers l'appui de l'Italie ;
Mais, quelque prix enfin qu'on ait pu leur donner,
Ils ont déjà pâli , prêts à l'assassiner.
On cherche pour frapper des monstres plus féroces.
Si l'honneur parle encore à ces âmes atroces,
Que ne pourra-t-il pas sur de généreux cœurs ,
En secret révoltés de toutes ces horreurs ,
Et qui tous , embrasés d'une sainte colère ,
N'attendent que le fils pour délivrer le père ?
Volons au-devant d'eux. Sous cet habit abject,
A l'œil des délateurs je serai moins suspect.
J'irai des vrais Romains ranimer le courage,
Et contre les tyrans ressusciter leur rage.
J'irai mettre en leurs mains le fer de Scévola ;
Au fléau des Tarquins je montrerai Sylla,
Mais s'il n'est plus d'honneur , si mes efforts stériles
Ne rencontrent partout que des âmes serviles,
Auprès de Marius je viens te retrouver ,
Et périr avec ceux que je n'ai pu sauver.
( Ils sortent. )