LE JEUNE MARIUS, MARIUS, CÉTHÉGUS
AMIGLAS, LE GIMBRE, à la tète d'une foule de peuple armé, entrent par une brèche faite aux murs de la prison.
Peuple qu'il défendit, défendez Marius.
LE C I M B R E , à Géminius.
Traître , sur ce héros que Minturnes protège , Garde-toi de porter une main sacrilège.
GÉMINIUS.
Quel esclave en ces lieux ose élever la voix? Connais quel prix j'attache à de pareilles lois : Frappez, c'est trop souffrir leur insolence extrême.
MARI US
Frappez , si vous l'osez !
(Les soldats mettent le genou en terre, et abaissent les aigles devant
Marius. )
GÉMINIUS.
Meurs, cruel!
MARIUS, armé de i'épée d'un soldat.
Meurs toi-même.
(Le bras levé sur Géminius, qu'il a terrassé.)
Tu n'as pas mérité l'honneur d'un tel trépas ;
Ton sang est trop impur pour en souiller mon bras :
Vis.
( Ou l'entraîne. ) CÉTHÉGUS.
Un vaisseau t'attend : le vent qui nous seconde Succède à la tempête , et rend le calme à l'onde. L'impatient pilote , heureux , par son secours , D'arracher aux bourreaux de si précieux jours , Aura bientôt soustrait à leur lâche furie L'unique appui qui reste à ma triste patrie. Profitons du moment : suivez-moi, hâtez-vous.
Jusqu'au bord de la mer nous t'escorterons tous ; Nous guiderons tes pas dans la forêt sacrée : Bien qu'aux mortels les dieux en défendent l'entrée , Les dieux applaudiront : cette sévère loi , Faite pour les humains, ne le fut pas pour toi. Enfin , soit que le sort cruel ou favorable