‹ ThéâtreChapitre 43 sur 210 · LE JEUNE MARIUS, MARIUS, CÉTHÉGUS · texte numérisé non relu

LE JEUNE MARIUS, MARIUS, CÉTHÉGUS

AMIGLAS, LE GIMBRE, à la tète d'une foule de peuple armé, entrent par une brèche faite aux murs de la prison.

Peuple qu'il défendit, défendez Marius.

LE C I M B R E , à Géminius.

Traître , sur ce héros que Minturnes protège , Garde-toi de porter une main sacrilège.

GÉMINIUS.

Quel esclave en ces lieux ose élever la voix? Connais quel prix j'attache à de pareilles lois : Frappez, c'est trop souffrir leur insolence extrême.

MARI US

Frappez , si vous l'osez !

(Les soldats mettent le genou en terre, et abaissent les aigles devant

Marius. )

GÉMINIUS.

Meurs, cruel!

MARIUS, armé de i'épée d'un soldat.

Meurs toi-même.

(Le bras levé sur Géminius, qu'il a terrassé.)

Tu n'as pas mérité l'honneur d'un tel trépas ;

Ton sang est trop impur pour en souiller mon bras :

Vis.

( Ou l'entraîne. ) CÉTHÉGUS.

Un vaisseau t'attend : le vent qui nous seconde Succède à la tempête , et rend le calme à l'onde. L'impatient pilote , heureux , par son secours , D'arracher aux bourreaux de si précieux jours , Aura bientôt soustrait à leur lâche furie L'unique appui qui reste à ma triste patrie. Profitons du moment : suivez-moi, hâtez-vous.

Jusqu'au bord de la mer nous t'escorterons tous ; Nous guiderons tes pas dans la forêt sacrée : Bien qu'aux mortels les dieux en défendent l'entrée , Les dieux applaudiront : cette sévère loi , Faite pour les humains, ne le fut pas pour toi. Enfin , soit que le sort cruel ou favorable

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